Pro A : Deux ogres et un troupeau

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Pro A : Deux ogres et un troupeau
Pro A : Deux ogres et un troupeau

Après la ferveur populaire de l'Euro, le championnat reprend ses droits sur le territoire national. De plus en plus dense, la Pro A débute ce week-end par un Nanterre-Nancy. Vendredi, à 20h, la chasse à l'ogre sera lancée. Et Limoges comme Strasbourg ont une meute au fessier.

Les favoris : Strasbourg et Limoges

Depuis trois ans, Limoges et Strasbourg trônent sur l’élite, financièrement comme sportivement. Les deux plus gros budgets et masses salariales de Pro A se sont retrouvés ces deux dernières saisons dans un choc de titans. Et la cote, cette année, est une nouvelle fois aux retrouvailles. Champion en titre, le CSP tentera de conquérir un troisième sacre consécutif, ce qui n'a plus été réussi depuis 1988-89-90 par...Limoges. La SIG, elle, est toujours à la recherche d’un titre de champion après trois finales perdues d’affilée et des trophées « alternatifs » (Coupe de France, Leaders Cup). Pour atteindre son ultime objectif, Strasbourg a complété son effectif par petites touches. Seulement quatre recrues ont débarqué pour assurer la continuité du collectif alsacien (Rodrigue Beaubois, Kyle Weems, Mardy Collins et Vladimir Golubovic). Dans le Limousin, par contre, on change tout pour recommencer. Philippe Hervé, arrivé en fin de saison dernière, a tardé pour construire un effectif remanié après les départs de son MVP, Adrien Moerman, de Batista, Gelabale, Jamar Smith ou encore Pooh Jeter. Un cinq complet. Avec l’Europe en ligne de mire et un collectif à rebâtir, le champion en titre n’a jamais paru aussi prenable. Les deux monstres du basket français se sont déjà jaugés lors du Match des Champions et les hommes de Vincent Collet ont pris un premier avantage psychologique. Avant la revanche en juin prochain ?

Les outsiders : l’ASVEL, Nanterre, Paris Levallois, Le Mans

Si la Pro A, avant Limoges, n’avait jamais connu deux mêmes champions en dix ans, elle le doit à sa densité. Derrière les deux gros, la battue a commencé et l'ASVEL apparaît comme le plus sérieux prédateur. L’animal Kahudi, recrue majeur, débarque dans un cinq qui a, comme souvent, fière allure. Les dirigeants de l’ASVEL l’ont en plus entouré de jeunes garçons plein d’avenir (Stéphane Gombaud, Jerrel Newbill, Edouard Choquet). Souvent justes en matière de banc, et collectivement, pour retrouver des Finales qu’ils n’ont plus connu depuis 2009, J.D Jackson et la Green Team possèdent l’effectif pour retrouver le haut du panier.
Cet été, le Mans a lui aussi rapatrié un bronzé. Mike Gelabale a rejoint dans la Sarthe Erman Kunter, l’un de ses premiers coachs à Cholet. Avec le Malin du Bosphore sur le banc, le MSB peut croire au plus beau scénario. Dans la capitale, le PL a également misé sur un nom ronflant pour emmener le club parisien vers un premier titre de champion depuis 1997 : Antoine Rigaudeau. Et deux Américains habitués aux joutes hexagonales (Eric Dawson et Jason Rich). De l’autre côté du périph’, Nanterre, champion en 2013, a encore recruté intelligemment malgré des revenus limités et fait marcher son centre de formation pour recréer la sensation d’il y a trois ans.

Les surprises : Orléans - AS Monaco

Passé tout près de la relégation l’an dernier, l’Orléans Loiret Basket s’est considérablement remanié avant d’attaquer la nouvelle saison. Pierre Vincent et ses dirigeants voulaient gagner en force athlétique, les arrivées de Chevon Troutman (ex-ASVEL) et Marcus Sommerville (ex-Paris) vont renforcer un secteur intérieur déficient l’année passée. Marco Pellin a été finement remplacé par Antoine Eïto, auteur de sa meilleure saison dans l’élite en 2014, et Kris Joseph est arrivé en back-up d’Antoine Mendy. Sans véritable pression eu égard à son statut, mais marqués par une saison galère, les Orléanais semblent armés pour sauver leur tête avant le mois de mai voire accrocher un strapontin en play-offs.

Dotés de moyens colossaux, à l’image de leurs homologues footballeurs, l’ASM Basket ne s’est pas planqué quand il a fallu recruter. Ni même au moment d’afficher clairement ses ambitions. Lors de la conférence de presse d’avant saison, Sergueï Dyadechko, l’heureux donateur du club de la Principauté, a déclaré viser, dès sa première saison dans l’élite, une place parmi les huit qualifiés en phase finale. Il faut dire que l’Ukrainien a mis la main à la poche pour faire venir des joueurs de (très) haut niveau. Sur le Rocher, ont amarré l’Amiral Sy (ex-ASVEL), Sergii Gladyr, international ukrainien et champion avec Nanterre, Jamal Shuler (ex-Nanterre), Aaron Cel, international polonais, Cyril Akpomedah (ex-Cholet), et même DeMarcus Nelson lui aussi ancien des Mauges et qui débarque du Panathinaïkos en joker de luxe. Mais, à l’instar de ses colocs de Louis-II, la Rocca Team veut également s’appuyer sur des jeunes pas encore tout à fait verts à l’image de Junior Mbida, arraché au voisin antibois, ou Yakuba Ouattara. Troisième masse salariale du championnat, l’ASM aurait même pu faire partie des outsiders pour le titre s’il n’était pas promu.

Maxime HABERT

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