Prix des carburants : fin du coup de pouce

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Pierre Moscovici a annoncé que la taxe sur les carburants retrouvera par paliers d'ici à janvier les 3 centimes supprimés en août. La mesure qui a coûté 500 millions d'euros ne sera pas remplacée par un chèque carburant.

Les pouvoirs publics avouent leur impuissance dans le dossier sensible des prix des carburants. Mercredi, à quarante-huit heures de la fin du dispositif mis en place fin août destiné à limiter la hausse des prix de l'essence et du gazole, le gouvernement a pris la parole sur ce dossier mais n'a annoncé aucune mesure susceptible de le pérenniser. Pourtant, ces derniers jours, des rumeurs récurrentes évoquaient la volonté de Bercy de trouver une parade efficace au seuil élevé des prix à la pompe (1,37 pour le gazole actuellement, 1,50 pour le super sans plomb 95).

Le scénario le plus étayé consistait dans l'introduction d'un «chèque carburant» pour les ménages démunis. Mercredi, Pierre Moscovici, le ministre de l'Économie et des Finances, a rapidement écarté cette hypothèse. Il a d'abord insisté sur la sortie progressive du dispositif temporaire instauré il y a trois mois. Concrètement, la taxe (TICPE) - qui avait été diminuée de trois centimes - augmentera de nouveau d'un centime le 1er décembre, puis d'un demi-centime le 11 et 21 décembre, et retrouvera son niveau normal le 11 janvier.

Le ministre a précisé que le dispositif temporaire avait eu un coût important pour les finances publiques - de l'ordre de 500 millions d'euros - et qu'il avait été synonyme de succès «car les prix sont aujourd'hui 15 centimes plus bas pour un litre d'essence et de 9 centimes par litre de gazole». Le recul est en effet réel, mais il s'explique essentiellement par le repli des prix du pétrole: le brent à Londres qui cotait autour de 116 dollars à la fin août évolue aujourd'hui autour de 110 dollars.

Quoi qu'il en soit, le gouvernement invite les distributeurs pétroliers - compagnies et grandes surfaces -, à remonter eux aussi de manière progressive leurs prix. Dans le cadre du dispositif temporaire, ces acteurs avaient diminué le litre d'essence et de gazole de deux à trois centimes également. À l'Union française des industries pétrolières (Ufip), on souligne que ses membres «accompagneront progressivement la sortie du dispositif». L'Ufip insiste également sur l'effort consenti par les industriels, qui s'élève à 250 millions d'euros sur la période.

Marché concurrentiel

Pierre Moscovici a ajouté que le gouvernement «sera prêt à agir en cas de nouvelle flambée des prix». En attendant, «avec plus de transparence, nous allons recréer de la concurrence, donc faire baisser les prix», a-t-il encore indiqué. L'État compte par exemple rendre obligatoire sur les autoroutes l'affichage des prix des stations les plus proches des sorties. Il veut aussi intégrer au site d'information sur le prix sur les carburants (www.prix-carburants.gouv.fr) la totalité des stations-service françaises avec des données parfaitement actualisées sur les prix.

Ces mesures sont proposées dans le rapport que l'Inspection générale des finances vient de remettre au ministre. Le document souligne que les distributeurs mettent 7 à 12 jours pour répercuter à la pompe les hausses du pétrole mais 11 à 44 jours pour les baisses.

Comme le souligne un fonctionnaire, «il faut arrêter de faire croire que l'État peut seul régler la question des prix du carburant - c'est un travers qu'ont tous les gouvernements. Subventionner l'essence, c'est subventionner les pays producteurs.»

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  • ppetitj le jeudi 29 nov 2012 à 10:16

    Après avoir été élus sur des belles promesses, les socialistes se font rattraper par la réalité que les gens du peuple vivent tous les jours. Hollande se prenait pour superman, mais l'exercice du pouvoir lui montre chaque jour son impuissance et ssa petitesse.