Prix de l'essence: Bercy prêt à agir

le
4
INFOGRAPHIE - Confronté à un fort rebond des prix à la pompe depuis plusieurs semaines, le gouvernement n'exclut aucune mesure, y compris « un blocage temporaire des prix »

Au volant de leur voiture, pestant contre les prix de l'essence dont ils ne peuvent que constater la hausse au moment de partir en vacances - ou d'en revenir -, les Français se souviennent-ils de la promesse de campagne de François Hollande de bloquer les prix de l'essence temporairement en cas de flambée des prix à la pompe?

Ces trois derniers mois, les prix dans les stations-service sont en effet repartis nettement à la hausse: le diesel et l'essence ont augmenté de un à deux centimes la semaine dernière, tutoyant leurs niveaux de la première quinzaine de mai, selon les relevés des prix publiés ce lundi par le ministère de l'Écologie et de l'Énergie. Le gazole -qui représente plus de 80% de la consommation en France- a grimpé d'environ 1 centime, à 1,406 euro le litre en moyenne.

Ce rebond remet donc la question du gel des tarifs au cœur de l'actualité. L'ayant d'abord mis de côté en début de quinquennat, car les prix à la pompe baissaient, l'exécutif y est désormais «extrêmement attentif», souligne-t-on au gouvernement, tout en précisant que «les prix du carburant n'atteignent pas pour l'instant pas les niveaux les plus hauts enregistrés en avril».

Pour maîtriser la flambée des étiquettes, Bercy n'exclut «aucune possibilité d'action, notamment le blocage temporaire proposé pendant la campagne». «Ce qui nous préoccupe, nous, c'est le pouvoir d'achat des Français, c'est de faire en sorte qu'ils ne soient pas pénalisés par le cours des matières premières», avait précisé la semaine dernière le ministre de l'Économie, Pierre Moscovici, déjà interrogé sur le sujet.

Pas question de se précipiter pour autant: «Je ne voudrais pas qu'au profit de quelques semaines de hausse modérée, nous bloquions les prix et qu'ensuite nous nous retrouvions avec une nouvelle baisse; donc, on observe l'évolution des prix du pétrole non pas sur un ou deux jours, mais sur le long terme», explique le ministre. Il conviendra d'appliquer cette mesure «au moment opportun», dit Pierre Moscovici.

Quel sera ce moment opportun? Le ministère se garde bien de l'indiquer. Il se limite à indiquer que les décisions seront prises «en fonction de l'évolution des prix dans les semaines à venir». Il faut dire qu'un blocage, même temporaire, ne sera pas anodin pour les caisses de l'État. Un maintien des prix de l'essence à un haut niveau freinera probablement la consommation, dans une proportion et à un rythme que les économistes ne savent pas prévoir. Et moins de litres vendus signifient forcément moins de rentrées fiscales pour Bercy.

À l'inverse, pour peser significativement sur le prix de l'essence, l'État devrait lourdement réduire la fiscalité sur les produits pétroliers. Une décision difficile à prendre dans le contexte actuel d'endettement…

 

LIRE AUSSI:

» Pensez-vous que le gouvernement va tenir sa promesse de bloquer les prix de l'essence?

» Ils font le plein à 0,25 euro, la station a peu de recours 

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
  • dupon666 le jeudi 9 aout 2012 à 00:07

    aucune raison d'intervenir dans ce genre de prix de "marché"..Enfin je dis ça pour les antisociaolos qui critiquent tout et son contraire

  • stagflat le mercredi 8 aout 2012 à 10:14

    Promis juré nous interviendrons en temps utiles, le moment opportun, au moment prévu, lorsqu'il sera temps, à point nommé, dès que nécessaire, quand il le faudra...Signé: Le gouvernement

  • lsleleu le mercredi 8 aout 2012 à 08:03

    En fait le gouvernement n'a pas trop envie de bloquer les prix faute de savoir sortir d'un tel dispositif .

  • xela78 le mercredi 8 aout 2012 à 07:52

    Moi je préfererais lire BERCY agit plutot que BERCY pret à agir. Parce que ce gouvernement est toujours pret comme les scouts.Mais dans les actes on ne voit pas grand chose.