Privatisation de Paris Aéroport : voir au-delà de la logique budgétaire

le
0
Jean-Marc Janaillac, en juin 2015.
Jean-Marc Janaillac, en juin 2015.

Dans une tribune au « Monde », le PDG d'Air France, Jean-Marc Janaillac, explique pourquoi il est très réservé face à la privatisation de ce « monopole naturel ».

Tribune. Principales utilisatrices des plates-formes aéroportuaires parisiennes, les compagnies du groupe Air France-KLM effectuent plus de 50 % des vols et contribuent chaque année avec plus de 900 millions d'euros à près de la moitié du chiffre d'affaires du Groupe ADP. A ce titre, nous sommes extrêmement attentifs aux débats liés à la privatisation de Paris Aéroport et il m'apparaît justifié que nos recommandations reçoivent une considération attentive de la part des pouvoirs publics. En effet, en théorie économique, la privatisation des aéroports qui constituent des monopoles naturels n'a rien d'une évidence.

Dans la plupart des grands Etats aéronautiques et notamment aux Etats-Unis, le choix a été fait de conserver les aéroports sous contrôle public en raison de leur caractéristique d'infrastructure d'intérêt général au service de l'aménagement du territoire. La modération des redevances en résultant constitue d'ailleurs un atout majeur pour la compétitivité des compagnies aériennes de ces Etats. Car c'est bien de cela qu'il s'agit : s'assurer que nos aéroports contribuent à l'attractivité de la France en garantissant aux compagnies aériennes les conditions économiques raisonnables leur permettant de développer le trafic aérien.

Un acteur privé pourrait négliger l'essor de l'aéroport au bénéfice d'autres intérêts plus rémunérateurs Une privatisation ne saurait ainsi se concevoir que dans le cadre de conditions précises, équilibrées et protectrices des intérêts des co...

Retrouvez cet article sur LeMonde.fr


Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant