Prisons-Urvoas souhaite 10.000 à 16.000 cellules supplémentaires

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    PARIS, 20 septembre (Reuters) - Il faudra construire entre 
10.000 et 16.000 cellules supplémentaires d'ici 2025 pour 
permettre à 80% des détenus d'être incarcérés seuls, comme la 
loi française le prévoit depuis 1875, a déclaré mardi 
Jean-Jacques Urvoas.  
    Une première phase de construction d'environ 5.000 cellules 
coûterait 1,13 milliard d'euros, selon les calculs du ministre 
de la Justice, qui juge "indispensable" l'inscription 
d'"engagements significatifs" dans le projet de loi de finances 
pour 2017, avant une loi de programmation.  
    L'application de l'encellulement individuel, repoussée via 
des moratoires successifs jusqu'à début 2020, répond à une 
double obligation, selon lui : assurer la dignité des conditions 
de détention, mais aussi la sécurité des Français dans un 
contexte de menace terroriste très élevée.  
    "Il n'est plus compréhensible que nous soyons incapables 
d'appliquer ce principe. Et il devient surtout périlleux de ne 
pas trouver les moyens de le respecter durablement", écrit 
Jean-Jacques Urvoas dans son rapport intitulé "En finir avec la 
surpopulation carcérale", et présenté mardi à Fresnes 
(Val-de-Marne).  
    "Le prosélytisme prospère dans des conditions de 
surpopulation carcérale tant en raison de la promiscuité que de 
la désespérance de certains détenus", ajoute-t-il.  
    Près de 1.400 détenus sont radicalisés en France, auxquels 
s'ajoutent 325 personnes incarcérées pour des faits en lien avec 
le terrorisme. 
    La surpopulation, fréquemment épinglée par les institutions 
européennes, est un mal récurrent dans les prisons françaises.  
    La densité carcérale était de 118% au 1er août dernier, avec 
68.819 détenus pour 58.507 places. Quelque 1.515 matelas étaient 
alors installés au sol dans les cellules, et seules 26.829 
personnes bénéficiaient d'une cellule individuelle.  
    Des chiffres qui masquent une réalité encore plus dure dans 
les maisons d'arrêt, où sont regroupés les prévenus et les 
condamnés à de courtes peines, et où la densité atteint 140%, et 
jusqu'à 166 % à Paris.     
    La priorité devra donc être donnée aux maisons d'arrêt, 
insiste Jean-Jacques Urvoas, qui appelle de ses voeux un 
programme de construction visant quasi exclusivement ces 
établissements, en commençant par les régions les plus peuplées 
(Ile-de-France, Midi-Pyrénées et Provence-Alpes-Côte d'Azur).  
    Des cellules doubles devront toutefois être conservées, 
souligne le ministre, qui rappelle que certains détenus 
préfèrent vivre en collectivité, et que d'autres ne peuvent être 
isolés, notamment en cas de risque de suicide. 
    "En parallèle, la création de structures de préparation à la 
sortie (...) pourrait être engagée", suggère-t-il, rappelant que 
l'absence d'accompagnement à la sortie de prison entraîne une 
risque supérieur de récidive.  
 
 (Chine Labbé, édité par Yves Clarisse) 
 
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