Prison requise contre Christophe Rocancourt

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PRISON REQUISE CONTRE CHRISTOPHE ROCANCOURT
PRISON REQUISE CONTRE CHRISTOPHE ROCANCOURT

par Thierry Lévêque

PARIS (Reuters) - Une peine de deux ans de prison, dont un avec sursis, a été requise vendredi au tribunal de Paris contre Christophe Rocancourt, célèbre pour avoir escroqué dans les années 1990 des stars de Hollywood et accusé d'abus de faiblesse sur la cinéaste française Catherine Breillat.

Le procureur Bernard Thouvenot a en outre demandé au tribunal correctionnel d'obliger ce Français de 44 ans à rembourser les 703.000 euros qu'on lui reproche d'avoir extorqué à sa victime présumée.

Sa défense devait plaider la relaxe avant une probable mise en délibéré du jugement. Le prévenu se dit innocent et a assuré devant les juges qu'il n'avait fait qu'accepter des rémunérations pour des projets de films.

"Vous me demandez ce que j'ai fait de cet argent ? Je vous le dis, je l'ai dépensé, je ne l'ai pas mis sur un compte épargne. Je suis quelqu'un qui dépense, qui ne sait pas gérer l'argent", a-t-il dit au président, sourire éclatant et gestes théâtraux.

Le tribunal lui faisant remarquer qu'il avait un compte à Hong Kong, il a confirmé mais assuré qu'il était vide.

"C'est parce que j'allais jouer au poker là-bas", a-t-il dit. La demande de la justice française aux autorités chinoises n'a pas permis de tirer l'affaire au clair, selon le tribunal.

Quant à la rumeur selon laquelle il posséderait une fortune dans une banque suisse, il a répondu : "C'est du fantasme. Si j'avais 30 millions d'euros en Suisse, je ne serais pas devant vous".

Né en Normandie, Christophe Rocancourt dit avoir été abandonné par sa mère et avoir commencé très tôt à fuguer des foyers où il était placé, avant de gagner les Etats-Unis alors qu'il n'avait pas encore 20 ans.

Il a alors commencé une décennie d'impostures où il s'est fait tantôt passer pour boxeur, producteur ou acteur, parvenant à gagner la confiance de stars comme Mickey Rourke, Jean-Claude Van Damme et du tout-Hollywood, menant grand train à New York et Los Angeles avec l'argent qu'il en obtenait.

UN CONTRAT D'UN MILLION D'EUROS

Démasqué, il a passé de longues années en prison aux Etats-Unis avant de revenir en France en 2005, où sa célébrité d'escroc lui a permis de rencontrer le succès grâce à un livre.

Le producteur Thomas Langmann en a acheté les droits pour un million d'euros en vue d'un film sur sa vie, a-t-on appris à l'audience. Le prévenu dit avoir touché déjà 300.000 euros.

Quand Catherine Breillat l'a approché en 2007, elle rêvait, a-t-elle dit, de lui donner le premier rôle masculin dans un film avec le mannequin Naomi Campbell qui se serait appelé "Bad Love". Le trio a d'ailleurs monté les marches du festival de Cannes le 21 mai 2008 pour promouvoir ce projet.

L'escroc aurait selon la cinéaste profité de son état de faiblesse d'alors, provoqué par un accident vasculaire cérébral survenu en 2005, et l'isolement qui en avait résulté.

Elle a ainsi signé des chèques pour un montant de 235.000 euros entre une hospitalisation due à une crise d'épilepsie en novembre 2007 et une chute ayant provoqué une fracture du bras en décembre, puis un autre chèque de 220.000 euros pendant la période de Noël 2007.

La cinéaste dit avoir été flouée. "Christophe Rocancourt était le seul qui me tenait le bras, avec qui je pouvais sortir de chez moi, on allait au restaurant trois fois par semaine".

"Il était pour moi comme un fils et moi, j'étais la mère qu'il n'avait pas eue", a-t-elle ajouté. Rocancourt l'a hébergée chez sa compagne d'alors, l'ex-Miss France Sonia Rolland, quand ses enfants l'ont mise en maison de repos en Noël 2007.

Le prévenu explique les paiements par des avances sur le projet de film "Bad Love". Il n'y a cependant pas de contrat au dossier, a fait remarquer le président du tribunal.

Il y a bien eu un autre contrat signé en avril 2007 pour adapter "La vie amoureuse de Christophe Rocancourt", qui prévoyait une rémunération minimale de 150.000 euros, mais ce contrat n'a pas été honoré, a dit le prévenu.

Catherine Breillat a écrit un livre sur sa mésaventure, intitulé "Abus de faiblesse", et elle prépare un film avec Isabelle Huppert dans son rôle et le rappeur Kool Shen. Rocancourt a dit au tribunal : "on verra ce qu'elle gagne et on fera les comptes".

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  • M3101717 le vendredi 17 fév 2012 à 21:27

    Riche, mais ne disposant d'aucune protection de la part de SaRKOZY ! Dommage !!