Prison ferme pour Rocancourt pour abus de faiblesse sur Breillat

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PRISON FERME POUR CHRISTOPHE ROCANCOURT POUR ABUS DE FAIBLESSE SUR CATHERINE BREILLAT
PRISON FERME POUR CHRISTOPHE ROCANCOURT POUR ABUS DE FAIBLESSE SUR CATHERINE BREILLAT

par Thierry Lévêque

PARIS (Reuters) - Christophe Rocancourt, célèbre internationalement pour avoir escroqué dans les années 1990 des stars de Hollywood, a été condamné vendredi à Paris à seize mois de prison, dont huit ferme, pour abus de faiblesse sur la cinéaste française Catherine Breillat.

Le tribunal correctionnel a en outre contraint ce Français de 44 ans à rembourser 578.000 euros, alors qu'on lui reprochait d'avoir extorqué à sa victime 703.000 euros.

Une peine de deux ans de prison, dont un avec sursis, avait été requise par le ministère public.

Incarcéré depuis deux mois, Christophe Rocancourt devrait retrouver la liberté assez rapidement, ses avocats ayant annoncé qu'ils ne feraient pas appel.

Sa défense avait plaidé la relaxe, soutenant qu'il n'y avait pas abus de faiblesse mais une "amitié amoureuse" qui aurait mal tourné.

"Catherine Breillat qui n'a plus 20 ans et un 'bd boy' comme Rocancourt, ce n'est pas un abus de faiblesse, c'est la vie", a dit Me Jean-Yves Liénard.

Le prévenu s'est innocent et a assuré devant les juges qu'il n'avait fait qu'accepter des rémunérations pour des projets de films.

"Vous me demandez ce que j'ai fait de cet argent? Je vous le dis, je l'ai dépensé, je ne l'ai pas mis sur un compte épargne. Je suis quelqu'un qui dépense, qui ne sait pas gérer l'argent", a-t-il dit au président, sourire éclatant et gestes théâtraux.

Le tribunal lui faisant remarquer qu'il avait un compte à Hong Kong, il a confirmé mais assuré qu'il était vide.

"C'est parce que j'allais jouer au poker là-bas", a-t-il dit. La demande de la justice française aux autorités chinoises n'a pas permis de tirer l'affaire au clair, selon le tribunal.

Quant à la rumeur selon laquelle il posséderait une fortune dans une banque suisse, il a répondu : "C'est du fantasme. Si j'avais 30 millions d'euros en Suisse, je ne serais pas devant vous".

UN MILLION D'EUROS D'UN PRODUCTEUR

Né en Normandie, Christophe Rocancourt dit avoir été abandonné par sa mère et avoir commencé très tôt à fuguer des foyers où il était placé, avant de gagner les Etats-Unis alors qu'il n'avait pas encore 20 ans.

Il a alors commencé une décennie d'impostures où il s'est fait tantôt passer pour boxeur, producteur ou acteur, parvenant à gagner la confiance de stars comme Mickey Rourke, Jean-Claude Van Damme et du tout-Hollywood, menant grand train à New York et Los Angeles avec l'argent qu'il en obtenait.

Démasqué, il a passé de longues années en prison aux Etats-Unis avant de revenir en France en 2005, où sa célébrité d'escroc lui a permis de rencontrer le succès grâce à un livre.

Le producteur Thomas Langmann en a acheté les droits pour un million d'euros en vue d'un film sur sa vie, a-t-on appris à l'audience. Le prévenu dit avoir touché déjà 300.000 euros.

Quand Catherine Breillat l'a approché en 2007, elle rêvait, a-t-elle dit, de lui donner le premier rôle masculin dans un film avec le mannequin Naomi Campbell qui se serait appelé "Bad Love". Le trio a d'ailleurs monté les marches du festival de Cannes le 21 mai 2008 pour promouvoir ce projet.

L'escroc aurait selon la cinéaste profité de son état de faiblesse d'alors, provoqué par un accident vasculaire cérébral survenu en 2005, et l'isolement qui en avait résulté.

La cinéaste dit avoir été flouée. "Christophe Rocancourt était le seul qui me tenait le bras, avec qui je pouvais sortir de chez moi, on allait au restaurant trois fois par semaine".

"Il était pour moi comme un fils et moi, j'étais la mère qu'il n'avait pas eue", a-t-elle ajouté. Rocancourt l'a hébergée chez sa compagne d'alors, l'ex-Miss France Sonia Rolland, quand ses enfants l'ont mise en maison de repos en Noël 2007.

Le prévenu explique les paiements par des avances sur le projet de film "Bad Love". Il n'y a cependant pas de contrat au dossier, a fait remarquer le président du tribunal.

Il y a bien eu un autre contrat signé en avril 2007 pour adapter "La vie amoureuse de Christophe Rocancourt", qui prévoyait une rémunération minimale de 150.000 euros, mais ce contrat n'a pas été honoré, a dit le prévenu.

Catherine Breillat a écrit un livre sur sa mésaventure, intitulé "Abus de faiblesse", et elle prépare un film avec Isabelle Huppert dans son rôle et le rappeur Kool Shen. Pendant la plaidoirie de défense, elle a fait un malaise et a dû être évacuée par les pompiers.

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  • M4137339 le samedi 18 fév 2012 à 07:40

    Il est pourtant connu , et il sévit encore !!!