Prison ferme pour les animateurs de l'Arche de Zoé

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LE PRÉSIDENT DE L'ARCHE DE ZOÉ ET SA COMPAGNE COMDAMNÉS À DEUX ANS DE RÉCLUSION
LE PRÉSIDENT DE L'ARCHE DE ZOÉ ET SA COMPAGNE COMDAMNÉS À DEUX ANS DE RÉCLUSION

par Chine Labbé

PARIS (Reuters) - Le président de l'Arche de Zoé et sa compagne, poursuivis pour une tentative de transfert en France d'une centaine d'enfants présentés comme des orphelins du Darfour, en octobre 2007, ont été condamnés mardi à deux ans de prison ferme.

Eric Breteau et Emilie Lelouch, qui se trouvaient jusque-là en Afrique du Sud et n'avaient pas assisté à leur procès, étaient présents mardi au tribunal correctionnel de Paris pour entendre ce délibéré, au terme duquel ils ont été arrêtés.

Ils ont été reconnus coupables d'exercice illégal de l'activité d'intermédiaire pour l'adoption, de tentative d'aide à l'entrée ou au séjour irrégulier de mineurs étrangers et d'escroquerie.

Les deux animateurs de l'organisation caritative ont également été condamnés à payer chacun une amende de 50.000 euros et à l'interdiction définitive d'exercer toute profession d'accueil, d'hébergement ou de placement de mineurs.

L'Arche de Zoé, poursuivie en tant que personne morale, a été condamnée à une amende de 100.000 euros, et sa dissolution a été prononcée.

Eric Breteau, Emilie Lelouch et l'Arche de Zoé "ne pouvaient ignorer l'illégalité de leur projet", a estimé le tribunal dans son jugement. "Ils ont menti sciemment aux familles."

Le président de l'association caritative et sa compagne ont ri et applaudi ironiquement à la lecture des motivations du tribunal. "Vous auriez eu la parole éventuellement si vous étiez venus aux précédentes audiences", leur a rétorqué la présidente.

Ils avaient été arrêtés en octobre 2007 au Tchad alors qu'ils s'apprêtaient à emmener en France 103 enfants présentés comme des orphelins du Darfour, une région du Soudan, mais dont la plupart étaient de nationalité tchadienne et n'étaient pas orphelins, selon des associations.

Les quatre autres prévenus, parmi lesquels des membres de l'association, une journaliste et un médecin, ont été condamnés à des peines de 6 mois de prison avec sursis pour deux d'entre eux, et un an avec sursis pour les deux autres.

LES BÉNÉVOLES PLAIDAIENT LA BONNE FOI

Ces bénévoles plaidaient la bonne foi. Le tribunal a reconnu leur "rôle subalterne" dans cette tentative d'enlèvements. Le tribunal a estimé que d'autres bénévoles qui s'étaient portés partie civile n'avaient pas été trompés.

"Je ne peux pas supporter d'entendre que je suis coupable de quoi que ce soit, je suis parti de bonne foi", a dit à la presse Philippe van Winkelberg, médecin condamné à un an de prison avec sursis. "On n'a aucune preuve que ces enfants sont tchadiens ni qu'ils ont des parents", a-t-il ajouté.

Arrêtées le 27 octobre 2007 dans l'est du Tchad, quatre des six personnes renvoyées devant le tribunal correctionnel de Paris avaient déjà été condamnées à huit ans de travaux forcés au Tchad pour tentative d'enlèvements.

Ils avaient ensuite été transférés en France - où leur peine a été convertie en huit ans de prison - puis libérés, en avril 2008, en raison d'une grâce du président tchadien.

L'Arche de Zoé avait obtenu des sommes de plusieurs milliers d'euros auprès de 358 familles auxquelles était promise l'arrivée, sinon l'adoption, d'un orphelin originaire de la province soudanaise du Darfour.

"Tout était pensé en termes d'adoption", a jugé le tribunal, qui a estimé que les organisateurs avaient entretenu des "mensonges permanents" sur le déroulement de l'opération, qu'ils savaient illégale et dont ils avaient voulu faire un "coup médiatico-politique."

Edité par Yves Clarisse

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