Prison avec sursis requise pour le recel de 271 oeuvres de Picasso

le , mis à jour à 19:48
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 (Actualisé avec délibéré) 
    AIX-EN-PROVENCE, 31 octobre (Reuters) - Deux ans de prison 
avec sursis ont été requis lundi devant la cour d'appel 
d'Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône) contre les époux Le 
Guennec, soupçonnés d'avoir recélé 271 œuvres de Pablo Picasso 
entreposées dans leur garage durant près de 40 ans. 
    Le jugement a été mis en délibéré au 16 décembre. 
    "Il y a eu un détournement frauduleux. Je ne crois pas au 
don ou au cadeau", a dit l'avocat général, Christophe Raffin. 
    Le magistrat a réclamé une "large confirmation" du jugement 
de première instance, lorsque les époux Le Guennec avaient été 
condamnés en 2015 à deux ans d'emprisonnement avec sursis, et 
ordonné la restitution des oeuvres à Claude Picasso, le fils du 
peintre, en sa qualité d'administrateur de la Fondation Picasso. 
    "Il s'agit pour la plupart d'entre elles d'œuvres de très 
grande valeur", a rappelé le ministère public, estimant entre 60 
et 100 millions d'euros la valeur globale des 271 pièces. 
    Pierre Le Guennec a présenté lundi une nouvelle version des 
faits selon laquelle Jacqueline Picasso, et non plus le peintre 
lui-même, lui aurait fait don des œuvres. 
    La dernière épouse du peintre serait selon lui entrée en 
conflit avec son beau-fils Claude après le décès de l'artiste en 
1973, ouvrant la voie d'une succession tumultueuse. 
    "Elle m'a demandé de bien vouloir mettre chez moi, en 
réserve, 17 sacs poubelles. Je lui ai rendu ce service", précise 
Pierre Le Guennec à la barre. 
    Il aurait restitué les sacs poubelles remplis d'œuvres de 
l'artiste quelques mois plus tard, Jacqueline Picasso lui 
faisant alors don du sac contenant les pièces contestées. 
    "C'est un cadeau", se justifie-t-il. 
     
    "MENSONGE" 
    Pour les parties civiles, ce nouveau scénario n'est qu'un 
"mensonge monstrueux" pour cacher les "aspects les plus noirs et 
les plus secrets du marché de l'art". 
    Claude Picasso ne croit pas davantage à l'hypothèse d'une 
soustraction des œuvres de son père dans le but de les cacher à 
l'inventaire de sa succession. "C'est quelque chose 
d'extravagant", souligne le fils du peintre, qui réfute avoir eu 
des relations conflictuelles avec sa belle-mère 
    Pierre Le Guennec, âgé de 77 ans, a travaillé comme 
électricien de 1970 à 1973 dans la villa du couple Picasso à 
Mougins, près de Cannes. Il avait d'abord affirmé avoir reçu  
les oeuvres des mains de Pablo et Jacqueline Picasso. 
    Le couple Le Guennec a toujours indiqué ne pas avoir touché 
le carton durant des décennies jusqu'en 2009-2010, lorsqu'il a 
décidé de contacter les héritiers de Picasso afin de faire 
authentifier les 180 œuvres et le carnet contenant 91 dessins.  
    Les héritiers du maître ont certifié qu'il s'agissait 
d'oeuvres originales réalisées entre 1900 et 1932, n'ayant 
jamais été inventoriées au moment du décès de l'artiste en 1973. 
    Leurs avocats ont rappelé que Pablo Picasso avait pour 
habitude de dédicacer et de signer les oeuvres qu'il offrait, 
soulignant encore qu'il ne faisait jamais don d'une telle 
quantité d'oeuvres.  
    Poursuivis pour recel de biens provenant d'un vol, Pierre et 
Danielle Le Guennec risquent jusqu'à cinq ans de prison et 
375.000 euros d'amende.   
 
 (Jean-François Rosnoblet, édité par Sophie Louet) 
 
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