Prison avec sursis requise pour intrusion dans une centrale

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PRISON AVEC SURSIS REQUISE POUR INTRUSION DANS UNE CENTRALE NUCLÉAIRE
PRISON AVEC SURSIS REQUISE POUR INTRUSION DANS UNE CENTRALE NUCLÉAIRE

PARIS (Reuters) - Des peines de quatre à six mois de prison avec sursis ont été requises vendredi par l'accusation contre neuf militants de Greenpeace qui avaient pénétré dans la centrale nucléaire de Nogent-sur-Seine (Aube) le 5 décembre pour alerter l'opinion.

Le procureur a demandé au tribunal correctionnel de Troyes (Aube) des peines d'amendes complémentaires de 1.000 à 1.500 euros pour chacun des prévenus, poursuivis pour violation de locaux professionnels, dégradations en réunion et refus de prélèvement d'empreintes génétiques.

Le jugement a été mis en délibéré au 21 février, annonce l'organisation écologiste sur son site.

Greenpeace France proteste contre ces réquisitions, qu'elle voit comme sévères, puisque selon elle ses militants ne sont coupables que d'avoir "dévoilé la vérité" sur le risque présenté par les centrales.

Par cette action en effet, elle estime avoir exposé les failles possibles des 58 centrales françaises, qui fournissent 75% de l'électricité du pays.

Les militants ont, selon Greenpeace, franchi trois enceintes à Nogent et réussi à atteindre l'un des réacteurs, se hissant sur le dôme et déployant une banderole où l'on pouvait lire : "Le nucléaire sûr n'existe pas". Greenpeace avait aussi mené le même jour des actions moins spectaculaires sur d'autres sites.

EDF a minimisé l'incident en expliquant qu'il avait repéré les militants mais avait choisi de ne pas les arrêter tout de suite. Le gouvernement a néanmoins ordonné une refonte des procédures.

La question du nucléaire est au coeur du débat de la prochaine élection présidentielle depuis un accord controversé entre le Parti socialiste et les écologistes.

Le PS y a fait prévaloir son point de vue de proposer une réduction de 75% à 50% de la part du nucléaire dans l'électricité d'ici 2025, les écologistes restant avec leur candidate Eva Joly sur l'idée d'une sortie totale.

Cet accord a été vivement critiqué par le président Nicolas Sarkozy, qui a accusé l'opposition de vouloir ramener la France "à la bougie".

Les 58 réacteurs du pays et la filière du combustible, du retraitement et de la production pèsent très lourd avec deux des plus grandes entreprises du pays, EDF et Areva.

L'accident de Fukushima, au Japon, le 11 mars dernier, a conduit l'Allemagne, la Belgique et la Suisse à décider l'abandon à terme de cette énergie.

Thierry Lévêque, édité par Patrick Vignal

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