Printemps précoce: quels secteurs en ont profité ?

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Si les terrasses ont fait un carton pour un mois de mars, les magasins de vêtements ont été désertés par les clients. Tour d'horizon des gagnants et des perdants de cette embellie printanière.

Depuis quelques semaines, un temps de printemps ensoleille l'Hexagone. Le thermomètre grimpe et les Français se réjouissent de cette météo clémente, alors qu'à la même époque l'an dernier, ils se désespéraient d'un hiver particulièrement rude. De quoi leur rendre le sourire et l'envie de dépenser pour fêter l'arrivée précoce des rayons de soleil.

Les gagnants

o Les cafetiers-restaurateurs

Il n'y a qu'à se promener dans les rues des centre-villes pour constater que le retour du soleil rime avec celui des cafés en terrasse. Lassés de l'hiver, les Français s'arrachent la moindre table ensoleillée et déjeunent en extérieur, même s'il faut parfois pour cela garder son manteau et faire preuve de patience. «Bien qu'il fasse froid, les clients demandent à être placés dehors, confirme Sophie, serveuse dans une brasserie de l'ouest parisien dotée d'une terrasse. Depuis début mars, le service en extérieur affiche complet tous les midis!»

Si la météo se maintient, la saison printanière promet d'être un cru exceptionnel pour les professionnels du secteur, alors qu'elle débute traditionnellement bien plus tard, avec les vacances de Pâques. «Le mois de mars n'est en général pas un bon mois: les clients qui sont partis au ski pour les vacances d'hiver réduisent leurs dépenses et les autres sont en général bridés par le mauvais temps, explique Pierre, gérant d'un bar dans le 6e arrondissement de Paris. Cette année, on n'a ressenti ni l'effet du mauvais temps ni la crise!»

o Les maraîchers

Et plus généralement les commerçants présents sur les marchés. «L'hiver a été compliqué, très pluvieux, se désole Patrick, qui promène son stand de fruits et légumes sur plusieurs marchés du 19e arrondissement. Avec le retour des beaux jours, non seulement les clients sont revenus mais ils achètent beaucoup de fruits. Ils commencent leur cure de détox printanière!»

o Les entreprises en bâtiment

«L'année dernière, on a eu une vague de froid qui a engendré beaucoup de jours de chômage lié aux intempéries», rappelle-t-on à la Fédération française du bâtiment. Rien de tel cette année, avec un ciel dégagé et des températures propices à l'avancée des chantiers. Il est pour autant trop tôt pour obtenir un chiffrage précis de la baisse de ces jours de chômage technique, les entreprises ayant un délai de 45 jours pour les déclarer.

Les perdants

o Les fournisseurs d'électricité et de gaz

Plus le thermomètre grimpe, moins les Français chauffent. Et plus les journées sont ensoleillées, moins ils dépensent d'énergie pour éclairer leur logement. Résultat: leurs factures d'électricité et de gaz devraient être allégées pour ce début d'année, tout comme celles de fin 2013. «La consommation d'électricité a chuté de 10% en février par rapport à février 2013, confirme l'Union des fournisseurs d'électricité. Le pic de puissance s'est lui situé autour de 80 giga-watts, contre 102 en 2012. C'est la première fois que nous avons affaire à un hiver aussi doux.» Pour le gaz, l'effet est encore plus visible: la consommation des Français a chuté de 21,5% en janvier-février.

Les producteurs trouvent néanmoins leur compte dans ce redoux: ils utilisent leurs usines les plus récentes, peu coûteuses et ne sont pas obligés de mettre en marche d'autres sites, plus onéreux. Le prix de vente restant le même, ils bénéficient même des températures clémentes. Les fournisseurs, eux, devraient, par contre, voir leur chiffre d'affaires dégringoler. Autres perdants: l'État et les collectivités locales, dont les recettes des taxes sur les consommations énergétiques seront, elles aussi, moindres.

o Les magasins de vêtements

Malgré les promotions, pulls, manteaux et bottes fourrées sont restés dans les rayons. Après des soldes d'hiver décevants, le retour des beaux jours n'a pas dopé les ventes de vêtements. «Les gens achètent ce dont ils ont besoin, l'achat plaisir n'existe plus. Mais avec cette météo qui change tout le temps, ils préfèrent remettre à plus tard leurs achats, de peur de dépenser pour quelque chose d'inutile dans l'immédiat», se désole Sarah, gérante d'un magasin de chaussures parisien. De quoi réjouir les consommateurs, qui pourront glaner les bonnes affaires lors des soldes d'été, en raison de stocks qui s'annoncent «extrêmement importants» après la saison automne/hiver.

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