Prime à la casse : ruée chez les concessionnaires

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Début novembre, 1,1 million de primes à la casse avaient été versées par l'État depuis décembre 2008, dont 500.000 cette année.

Les constructeurs automobiles s'attendent à une dernière semaine de folie. À quelques jours de l'arrêt de la prime à la casse, déjà réduite à 500 euros, ils se préparent à une ruée des clients chez les concessionnaires. «L'effet d'aubaine ne cesse de s'accélérer depuis novembre», observe Marc Giulioli, directeur marketing de Peugeot France. Un cran supplémentaire devrait être franchi entre Noël et le jour de l'An. «Les propriétaires de voitures âgées ont bien conscience que l'opportunité de céder leur véhicule à un bon prix ne se représentera pas avant dix ans , poursuit-t-il.

Peugeot table sur 30.000 commandes pour cette dernière semaine, autant que l'an dernier à la même époque (pour la fin de la prime à 1.000 euros et le passage à 700 euros). C'est presque trois fois plus que le niveau des commandes hebdomadaire ces dernières semaines. Renault anticipe également une demande «exceptionnelle» après Noël.

Prévoyant «un afflux très important», Peugeot a «mobilisé l'ensemble du réseau commercial sur la dernière semaine», lui demandant «de pas prendre de congés ». L'an dernier, les clients du Lion avaient fait la queue devant les bureaux des vendeurs jusqu'au dernier moment. Renault a également «renforcé» ses forces de ventes, car «on s'attend à ce qu'il y ait du monde dans les concessions jusqu'au bout».

D'ores et déjà, Peugeot et Renault constatent en décembre des commandes supérieures de 15 à 20% à celles de 2009 à la même époque. Sur l'ensemble du mois, Renault estime qu'elles pourraient dépasser les 300.000 voitures tous constructeurs confondus, dont 100.000 pour les seules marques Renault et Dacia.

Faible rentabilité

«L'effet d'aubaine est encore plus fort cette année», explique Olivier Veyrier, le directeur commercial France de Peugeot, car «entre acheter en décembre 2009 et en janvier 2010, il n'y avait que 300 euros de différence», alors que «cette année, c'est 500 euros, voire plus si votre voiture change de bonus écologique».

Pour amplifier cet engouement, les constructeurs ont lancé des promotions alléchantes. «Plus tard, ce sera trop tard», avertit la publicité Peugeot. «La prime se casse», prévient Fiat. La Peugeot 107 est proposée à 5.690 euros prime comprise. Citroën multiplie par 10 la prime à la casse sur certains modèles. Et Renault vend ses derniers Dacia Sandero en version GPL à 5.990 euros, tarif auquel Fiat offre aussi sa Panda.

Seul bémol, les ventes étant surtout constituées de petites voitures faisant l'objet de rabais spectaculaires, «les conditions de rentabilité seront vraiment limites en cette fin d'année», reconnaît Marc Giulioli, de Peugeot. Qu'importe, les constructeurs cherchent à gagner des parts de marché.

Début novembre, 1,1 million de primes à la casse avaient été versées par l'État depuis décembre 2008, dont 500.000 cette année (soit le quart des immatriculations).

Renault et Peugeot tablent cette année sur un marché français supérieur à 2,2 millions de voitures, comparable à celui de 2009, qui avait atteint un niveau historique depuis 1990. L'année 2011 s'annonce toutefois difficile, avec un recul estimé entre 10 et 12% par ces deux marques.

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