Primaire: ultime offensive avant le second tour Fillon-Juppé

le , mis à jour à 17:01
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François Fillon et Alain Juppé avant leur débat télévisé de l'entre-deux-tours de la primaire de droite le 24 novembre 2016 à Paris ( POOL/AFP / Eric FEFERBERG )
François Fillon et Alain Juppé avant leur débat télévisé de l'entre-deux-tours de la primaire de droite le 24 novembre 2016 à Paris ( POOL/AFP / Eric FEFERBERG )

Après un débat télévisé sans éclat, François Fillon et Alain Juppé jettent vendredi leurs ultimes forces dans la campagne de la primaire de la droite, avant le second tour dimanche dont l'ex-Premier ministre de Nicolas Sarkozy est le grand favori.

Un débat "digne". François Fillon affichait une tranquille satisfaction vendredi matin au lendemain d'un débat terne, sans haussement de ton particulier après trois jours de critiques tous azimuts venues d'Alain Juppé, sur son programme économique et social comme sur l'IVG. 8,5 millions de téléspectateurs ont suivi cet échange sur TF1 et France 2, selon Médiamétrie.

François Fillon lors du débat télévisé de l'entre-deux-tours de la primaire de la dro
François Fillon lors du débat télévisé de l'entre-deux-tours de la primaire de la droite et du centre, le 24 novembre 2016 à Paris ( POOL/AFP / Eric FEFERBERG )

Cette séquence, "je pense que c'était à la fois contre-productif pour lui-même, contre-productif pour la droite et le centre dans leur ensemble, et surtout tellement caricatural que cela ne pouvait profiter à personne", a jugé M. Fillon qui tient meeting vendredi soir porte de Versailles à Paris.

M. Juppé, qui est allé se recueillir vendredi sur la tombe du Général de Gaulle à Colombey-les-Deux-Églises, avant son meeting dans la soirée à Nancy, n'a en rien désarmé. Au lendemain du débat, il a poursuivi son offensive en se présentant comme un candidat "libéral-social" face à Fillon l'"hyper-libéral". "Je préfère avoir le soutien de François Bayrou plutôt que celui de l'extrême droite", a-t-il également lancé.

Francois Fillon et Alain Juppé, à l'issue du débat télévisé de l'entre-de
Francois Fillon et Alain Juppé, à l'issue du débat télévisé de l'entre-deux-tours de la primaire de droite le 24 novembre 2016 à Paris ( POOL/AFP / Eric FEFERBERG )

Le second tour de la primaire, "tout le monde le sent bien, c'est le premier tour de l'élection présidentielle" et "je pense que je suis mieux placé avec mon programme pour battre Marine Le Pen", a insisté M. Juppé dans une forme d'avertissement aux électeurs.

Il a toutefois assuré vendredi matin qu'il soutiendrait son rival si celui-ci l'emporte dimanche, et même si le centriste François Bayrou décidait de se lancer dans la bataille.

De GàD: Luc Chatel, Nathalie Kosciusko-Morizet, Jean-Pierre Raffarin et Valérie Pécresse lors du d&eacut
De GàD: Luc Chatel, Nathalie Kosciusko-Morizet, Jean-Pierre Raffarin et Valérie Pécresse lors du débat télévisé de l'entre-deux-tours de la primaire de la droite et du centre le 24 novembre 2016 à Paris ( POOL/AFP / ERIC FEFERBERG )

En attendant le dénouement, un certain soulagement est perceptible dans les deux camps. Avec ce débat télévisé, "la droite a gagné vingt-cinq ans en maturité", estime Luc Chatel qui, comme la quasi-totalité des soutiens de Nicolas Sarkozy, a rallié François Fillon.

Côté Juppé, où la virulence du maire de Bordeaux était diversement appréciée, Hervé Mariton a jugé que le débat avait "permis de souligner le caractère opérationnel de son projet". Le débat "peut être de nature à changer la donne", a assuré Virginie Calmels, première adjointe du maire de Bordeaux.

- Hollande cible Fillon -

Si la tension retombe à droite, la gauche continue ses attaques contre le nouveau favori. Vendredi, c'est François Hollande lui-même qui a appelé à manier les référendums, voulus par Fillon, avec "prudence" et "retenue". Le chef de l’État, qui dévoilera dans les prochains jours sa décision sur une éventuelle nouvelle candidature, a également dit son opposition à la construction d'une "histoire officielle, un récit national", en allusion aux promesses de l'ancien Premier ministre de refonte des programmes scolaires.

Fillon-Juppé : dépenses publiques, travail, retraite
Fillon-Juppé : dépenses publiques, travail, retraite ( AFP / Paul DEFOSSEUX )

François Fillon, qui a enregistré 16 points et plus de 650.000 voix d'avance au premier tour, est donné gagnant à 65% contre 35% pour M. Juppé, selon un sondage Ifop-Fiducial publié mercredi.

Le maire de Bordeaux mobilise malgré tout ses réseaux dans cette dernière ligne droite: de nombreux responsables politiques, qui figuraient déjà parmi ses soutiens, mais aussi économiques (Jérôme Clément, Nicolas de Tavernost) ont signé un appel en faveur de sa candidature, disponible sur le site internet du candidat.

Une réponse à la tribune de 215 parlementaires de la droite et du centre qui "déplor[ai]ent", dans Le Figaro de jeudi, les critiques formulées par M. Juppé contre François Fillon.

Une des interrogations du second tour porte sur le niveau de participation, après le record de 4,3 millions de votants établi dimanche dernier (2,6 millions lors du premier tour de la primaire organisée par le PS en 2011). Quid, notamment, des électeurs venus de la gauche qui s'étaient déplacés pour faire barrage à Nicolas Sarkozy ?

Le scrutin (10.228 bureaux de vote) aura lieu dès samedi dans les bureaux de Guadeloupe, Saint-Martin, Saint-Barthélémy, en Guyane, en Martinique, à Saint-Pierre-et-Miquelon et en Polynésie française. Les Français de l'étranger voteront par voie électronique. En métropole le vote sera ouvert dimanche de 08h00 à 19h00.

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  • Pathor il y a une semaine

    .....Le même Juppé qui déclarait "la guerre en Libye ça coûte cher mais ça vaut le coût pour y instaurer une démocratie" ah oui, dans un pays tribal musulman, il vu jouer ça ou ? !

  • Pathor il y a une semaine

    Il pleurniche aussi accusant les réseaux sociaux et rispote laique " j'ai été rebaptisé Ali " Mais il a bien remis la légion d'honneur à Tareq Obrouk, proche des frères muse ! il prétend que la république est islamocompatible ( il devrait lire ce qu'a écrit son ami Tarek Obrouk sur le califat il y a quelques années, avant de dire maintenant le contraire...)

  • g.gigon il y a une semaine

    Avec l'un de ces deux là au pouvoir, la France va connaître une insurrection et cela risque d'être très sanglant.

  • mlaure13 il y a une semaine

    ...et NKM qui pose la cuisse alerte, pour les photographes...-)))

  • charleco il y a une semaine

    Juppé voulait vendre Thomson multimédia aux asiatiques pour 1 franc symbolique! la sté est devenue : Technicolor, coté en bourse.

  • charleco il y a une semaine

    lire : http://arretsurinfo.ch/lettre-ouverte-dun-pretre-arabe-de-syrie-a-alain-juppe-2/

  • M999141 il y a une semaine

    Juppé est allé sur la tombe du général de Gaulle ! Il y a pourtant plus de de Gaulle dans Fillon que dans son adversaire.

  • Pathor il y a une semaine

    Juppé pas très honnête hier quand il a pleurniché sur les attaques dont il fait l'objet, "la grande mosquée de Bordeaux, elle existe pas" il a oublié de dire qu'il avait soutenu le projet et le futur imam (un proche de frères muse) pendant 10 ans et qu'il avait fait cadeau du terrain, qu'il a fait machine arrière soudainement en 2014 devant les protestations et annoncé le déplacement du projet de l'autre coté de la Garonne ...

  • M6445098 il y a une semaine

    Juppé a non seulement le soutien de Bayrou, mais bénéficie aussi des voix de sympathisants socialistes qui anticipent une éventuelle absence d'un représentant du PS au 2nd tour de la présidentielle (ainsi, Juppépé serait une roue de secours).

  • M8252219 il y a une semaine

    Il n'y a aucune raison valable à ce que les employés municipaux aient le statut de fonctionnaires.