Primaire: les sondages pris de vitesse par l'ascension de Fillon

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Des soutiens de François Fillon lors de son dernier meeting avant le premier tour des primaires, le 18 novembre à Paris ( AFP/Archives / BERTRAND GUAY )
Des soutiens de François Fillon lors de son dernier meeting avant le premier tour des primaires, le 18 novembre à Paris ( AFP/Archives / BERTRAND GUAY )

Les instituts de sondages ont bien identifié la dynamique en faveur de François Fillon avant le 1er tour de la primaire de la droite, mais n'ont pas vu venir l'ampleur de la vague ni la forte participation, 15 jours après la victoire surprise de Donald Trump.

Mal à l'aise avec un type de scrutin qu'ils maîtrisent mal, les sondeurs ont été pris de vitesse. A la veille du 1er tour, la plupart d'entre eux donnaient encore les trois favoris Fillon-Sarkozy-Juppé au coude-à-coude.

"C'est la première fois qu'il y avait des élections primaires de la droite. Les enquêtes ont vu la montée de François Fillon, mais n'ont pas su mesurer son ampleur", résume Jean Chiche, chercheur au CNRS pour le CEVIPOF (Science Po).

L'absence de scrutins de référence a compliqué le tâche des sondeurs, mais aussi la volatilité de l'électorat au sein d'un même camp politique, le fait que les électeurs puissent passer d'un candidat à l'autre - de Sarkozy ou de Juppé à Fillon - sans trop de difficulté.

Autre obstacle pour les instituts, la difficulté à saisir l'électorat qui a effectivement voté. "Pour une élection générale où toutes les tendances sont présentes, on s'en sort à peu près. Pour les primaires, c'est beaucoup plus délicat, on va demander à une population tout-venant si elle est certaine d'aller voter pour une élection qui n'intéresse qu'un camp", relève Jean Chiche.

Dès lors, les filtres mis en place n'ont pas suffi pour anticiper la mobilisation des électeurs. La taille des échantillons beaucoup plus importante pour la primaire que pour d'autres types de scrutin - autour de 10.000 personnes interrogées ou lieu de 1.000 - et le temps nécessaire pour les traiter n'ont pas permis de saisir la rapidité de la remontée de Fillon.

"Je n'ai jamais vu un déclenchement de progression et une progression aussi fulgurante, aussi puissante, aussi courte", confesse Bruno Jeanbart d'Opinionway. L'institut avait pourtant donné François Fillon en hausse de dix points à la veille du 3e débat télévisé et victorieux au second tour quel que soit son adversaire. "Sur mes graphiques, la courbe est tellement quasiment verticale qu'on a du mal à la tracer".

- 'Un produit de synthèse' -

Au-delà des instituts de sondages, le monde politique, les médias, avaient perçu l'ascension fulgurante de François Fillon et le troisième débat télévisé "a été présenté non plus comme un match à deux mais à trois", rappelle Bruno Jeanbart.

La campagne a également joué un rôle fondamental. Les enquêtes qui donnaient Alain Juppé en tête depuis des mois ont fortement évolué au rythme des débats télévisés et la cristallisation habituelle du vote en fin de campagne n'a pas eu lieu.

Pourquoi alors les électeurs de droite ont-ils opté massivement pour François Fillon ?

"Il y a eu cette idée qu'on pouvait avoir quelqu'un ayant une personnalité acceptable pour une ligne politique désirable", analyse Jérôme Sainte-Marie, de PollingVox. L'électorat de droite était, selon lui, partagé entre ceux qui aimaient bien la ligne Sarkozy mais ne voulaient plus de lui, et ceux qui aimaient bien la personnalité de Juppé mais trouvait sa ligne un peu molle. "Avec Fillon, ils ont eu un produit de synthèse", note le président de PollingVox.

La concomitance de la montée de François Fillon avec l'élection de Donald Trump aux Etats-Unis - contrairement à ce qu'annonçaient les instituts américains - a-t-elle pesé sur la primaire ?

Pour Jérôme Sainte-Marie, "ça a pu avoir un effet d'encouragement. Les gens ont pu se dire +le vent souffle de plus en plus à droite et l'heure n'est pas à la modération+".

Un effet sur la mobilisation que constate également Bruno Jeanbart : "Les gens ont pu se dire +si on ne veut pas avoir de mauvaise surprise, le meilleur moyen c'est de voter+".

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  • Neova il y a 3 semaines

    Question 1 : êtes-vous sûr d'aller voter à la primaire de la Droite et du Centre. Question 2 : pour le 1er tour, quel est votre choix entre les 7 candidats ? Question 3 : pour le 2nd tour, quel est votre choix entre Juppé et Sarkozy ? Voilà le type même de sondage orienté qui désigne les 2 vainqueurs du 1er tour !

  • jean-648 il y a 3 semaines

    Les médias n'ont rien voulu imposer !! vous confondez avec Trump. C'était un vote de la même famille politique et les gens qui voulaient voter Juppé se sont dit je vote Fillon c'est pareil... des voix qui partaient d'un coté pour un autre sans grande différence puisque c'était la même famille. On verra la finale pour la présidence.

  • charleco il y a 3 semaines

    Les médias ont voulu imposer Juppé, le peuple a choisi Fillon, ce qui leur cloue le bec.

  • frk987 il y a 3 semaines

    Non Cavalair, le sondeur s'en tape complétement de vos opinions, mais il a pour consigne d'enregistrer oui ou non et interdiction formelle d'interpréter....et si l'on ajoute les questions négatives, alors là c'est extraordinaire. Ceci est le type de sondage commandité par les partis, n'êtes vous pas insatisfait de la politique de FH ? voilà la question type....bonne réponse !!!!

  • frk987 il y a 3 semaines

    Pour les sondeurs : j'rai voter FH aux primaires de la gauche, n'oubliez pas de me compter. Plus le candidat adverse sera nul plus mon candidat aura ses chances aux vraies élections.

  • jean-648 il y a 3 semaines

    Aujourd'hui tout se fait dans l'immédialité. On veut tout savoir en temps réel. Pour un PMU du coin j'attendrai au moins un an avant de poser la question: Avez vous été satisfait de la politique de un tel ou d'un autre ? et là la réponse pourra peut être vous étonner car le gars aura un peu de recul pour sa réponse.

  • frk987 il y a 3 semaines

    Vous me direz aussi comment déterminer le nombre d'encartés du PS et du FN qui sont allés aux primaires de la droite...bonne chance pour avoir une réponse. Comme c'est trop honteux pour eux, pas de réponse.

  • cavalair il y a 3 semaines

    Quand je suis interrroge par un sondeur je ne dis jamais la verite car on est montre du doigt si on n'est pas politiquement correcte. C'est ce qui se passe avec Trump , et la primaire de la droite. Vive la liberte de parole qui n'existe plus en France ni ailleurs

  • frk987 il y a 3 semaines

    Le problème des sondages, j'ai été sondé souvent il y a quelques temps, c'est l'interdiction aux sondeurs d'interpréter les réponses, et ça c'est mortel pour eux. Si l'on me posait la question : êtes vous satisfait de la politique de FH, ma réponse c'est un ...., réponse interdite, votre voix n'est pas prise en compte.

  • frk987 il y a 3 semaines

    Le meilleur sondage, celui qui ne coûte RIEN ou presque, c'est simplement le bar PMU du coin au comptoir, vous aurez en 10 mn une vision de la France populaire, et là je vous assure que la marge d'erreur est infime. Branchez la conversation sur FH, alors je vous le dit 4% de satisfait c'est le max du max.