Primaire-Le Maire candidat avec l'ambition de vaincre ses aînés

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    * A 46 ans, il entend incarner le renouveau 
    * Il plafonne à 12% dans les sondages 
    * L'"énarque défroqué" veut mettre à bas le "système" 
 
    par Sophie Louet 
    PARIS, 22 février (Reuters) - Bruno Le Maire entre 
officiellement mardi dans la compétition pour la primaire de la 
droite et du centre, une candidature qu'il défend comme celle du 
renouveau face au trio de tête Juppé-Sarkozy-Fillon, "ceux qui 
ont déjà eu leur chance". 
    Le député de l'Eure, âgé de 46 ans, se déclarera dans la 
soirée à Vesoul (Haute-Saône), loin des chapelles parisiennes, 
au coeur de cette France qu'il parcourt depuis 2012 pour prendre 
le pouls de la population, bâtir des réseaux et préparer 
l'assaut ultime: la présidentielle de 2017. 
    Troisième ou quatrième dans les sondages pour la primaire 
avec au plus 12% des intentions de vote, l'outsider de 
l'élection à la présidence de l'ex-UMP (29,18% des voix en 
novembre 2014 face à Nicolas Sarkozy) croit en ses chances.  
    L'"énarque défroqué" né dans une famille bourgeoise à 
Neuilly-sur-Seine, au parcours académique exemplaire (Ecole 
normale supérieure, premier de l'agrégation de lettres modernes, 
Sciences Po, Ena) entend casser les codes pour présenter aux 
électeurs des idées neuves et "trancher enfin des questions que 
la droite a mises sous le tapis depuis des années." 
    Féru de littérature, "l'école de la rébellion", écrivain 
lui-même, Bruno Le Maire, qui a démissionné de la fonction 
publique, juge que la France "crève de la domination des 
techniciens et des apparatchiks pour qui la politique est tout". 
    Dans un livre à paraître mercredi, "Ne vous résignez pas!", 
il fustige le déclassement français, "fruit de notre lâcheté 
collective", et invite à "faire confiance à la société". 
    "Nous avons reculé devant les choix difficiles, dilué les 
décisions essentielles dans les décisions accessoires, perdu le 
sens de notre action", écrit-il notamment à propos du précédent 
quinquennat. 
     
    "SAVOIR TOURNER DES PAGES" 
    Au fil de ses quelque 320 déplacements à travers la France, 
"Bruno, le Renouveau" est parvenu paradoxalement à apparaître 
comme un homme neuf, lui l'héritier du système, grandi à l'ombre 
de Jacques Chirac et Dominique de Villepin. 
    L'ancien ministre des Affaires européennes et de 
l'Agriculture de Nicolas Sarkozy n'hésite plus à flétrir en lui 
un symbole des "faillites" -- économique, morale...-- qu'il 
impute aux gouvernements de gauche et de droite passés. 
    En décembre dernier, Bruno Le Maire dénonçait l'"exception 
française" qui veut que les battus reviennent en scène. 
    "Je pense qu'il est mieux pour notre famille politique de 
savoir tourner des pages, inventer de nouvelles offres 
politiques, mettre en avant de nouveaux visages, de nouveaux 
comportements, de nouvelles idées", soulignait-il sur France 2. 
    Les relations avec Nicolas Sarkozy n'en sont pas moins 
cordiales, de même qu'avec Alain Juppé ou François Fillon. 
    Mais plus l'échéance approche, plus le ton est martial. 
    "Si je gagne la primaire, et je vais la gagner, Sarkozy, 
Juppé et Fillon ne vont pas demander de poste. C'est pour cette 
raison que cette campagne sera féroce, c'est une question de vie 
ou de mort", dit Bruno Le Maire dans Le Monde du 22 février. 
     
    "JE PORTE EN MOI TOUTES LES DROITES" 
    L'élu, qui assume des idées radicales prône des "choix 
clairs" quitte à s'exposer aux procès en "droitisation". 
    Le premier secrétaire du Parti socialiste, Jean-Christophe 
Cambadélis, avait estimé en février 2015 que Bruno Le Maire, qui 
"pense comme Buisson et se présente comme Juppé", était "le plus 
dangereux" à droite. 
    Plafonnement des aides sociales, privatisation de Pôle 
Emploi, suppression des contrats aidés pour réorienter les 
subventions de l'Etat vers le soutien aux apprentis et les PME 
"qui embauchent", réforme fiscale avec suppression de l'ISF sont 
parmi les pistes avancées par Bruno Le Maire, qui devrait 
publier un livre-programme à la fin de l'été. 
    Partisan du mariage homosexuel, il se montre intransigeant 
sur la laïcité, plaide pour une contrôle strict de 
l'immigration, milite après les attentats du 13 novembre pour 
l'envoi de troupes françaises au sol en Syrie ou l'expulsion des 
ressortissants étrangers visés par une fiche "S". 
    "Je porte en moi toutes les droites, la droite orléaniste et 
libérale, la droite gaulliste et bonapartiste, la droite plus à 
droite qui rejetait de Gaulle et à laquelle je me suis toujours 
farouchement opposé", écrit-il dans "Ne vous résignez pas". 
 
 (Edité par Yves Clarisse) 
 
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