Primaire de la droite: premier tour à suspense

le , mis à jour à 12:56
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Des personnes attendent pour voter à la primaire de la droite, le 20 novembre 2016 à Paris ( AFP / Eric FEFERBERG )
Des personnes attendent pour voter à la primaire de la droite, le 20 novembre 2016 à Paris ( AFP / Eric FEFERBERG )

Le suspense est total après trois mois de campagne: avec des premiers signes de mobilisation significative, le premier tour de la primaire de la droite en vue de 2017 pour désigner deux finalistes s'est ouvert dimanche sur la promesse d'un match serré entre le trio de favoris Juppé/Sarkozy/Fillon.

Environ 10.000 bureaux de votes, qui ont ouvert à 8 heures en métropole et fermeront à 19h00, vont accueillir les citoyens français en âge de voter, disposés à verser 2 euros et à dire qu'ils partagent les "valeurs républicaines de la droite et du centre".

Un homme donne 2 euros avant de voter à la primaire de la droite, le 20 novembre 2016 à Betton, dans l'oue
Un homme donne 2 euros avant de voter à la primaire de la droite, le 20 novembre 2016 à Betton, dans l'ouest de la France ( AFP / DAMIEN MEYER )

Alors que la participation est une inconnue majeure (2,66 millions au premier tour de la primaire PS de 2011), il y avait une file d'attente devant une série de bureaux. Même dans le populaire XXème à Paris, réputé de gauche, l'affluence était plus grande rue des Amandiers que pour certains scrutins comme les régionales, a dit un assesseur à l'AFP.

A Nice, au bureau des Arènes, depuis l'ouverture, "on n'a pas arrêté. Les gens savent que c'est important car le candidat qui sera choisi aura des chances d'être élu en 2017", disait la présidente Madi Latil. Une heure et demie d'attente à Lannion (Côtes d'Armor), trois quarts d'heure au Chesnay (Yvelines), selon des journalistes de l'AFP.

Nicolas Sarkozy, candidat à la primaire de la droite, le 20 novembre 2016 à Paris
Nicolas Sarkozy, candidat à la primaire de la droite, le 20 novembre 2016 à Paris ( AFP / Eric FEFERBERG )

Munis de leur pièce de deux euros, les candidats, dont plusieurs ont patienté dans la file tels Jean-François Copé à Meaux ou Bruno Le Maire à Evreux, ont aussi voté.

A Paris, Nathalie Kosciusko-Morizet a été la première dans le XIVème arrondissement, avant François Fillon à la mairie du VIIème, puis Nicolas Sarkozy, accompagné de Carla Bruni, une heure plus tard dans une école du XVIème. Dernier à glisser son bulletin dans l'urne, vers midi dans son fief de Bordeaux, Alain Juppé s'est dit "zen". Lui aussi a du patienter longuement dans une file d'attente.

Le candidat Alain Juppé vote au 1er tour de la primaire de la droite, le 20 novembre 2016 à Bordeaux
Le candidat Alain Juppé vote au 1er tour de la primaire de la droite, le 20 novembre 2016 à Bordeaux ( AFP / MEHDI FEDOUACH )

Ce scrutin est une grande première pour la droite française, seuls la gauche et les écologistes ayant déjà organisé des primaires en leur sein. Il doit permettre de désigner dans une semaine son champion pour 2017, qui aura, selon les sondages actuels, de fortes chances de remporter la présidentielle dans un peu moins de six mois.

"La présidentielle de 2017 sera l’élection de tous les dangers, alors il faut se bouger", a déclaré à l'AFP Nadège, à Nouméa.

François Fillon, candidat à la primaire de la droite, à Paris le 20 novembre 2016
François Fillon, candidat à la primaire de la droite, à Paris le 20 novembre 2016 ( AFP / MARTIN BUREAU )

Les sondages ont donné longtemps et régulièrement Alain Juppé comme favori, faisant la course en tête devant Nicolas Sarkozy, avant une spectaculaire remontée ces derniers jours de François Fillon.

Le duel est devenu un match à trois. Le dernier sondage paru donnait même François Fillon en tête. "Alors que je pensais accorder mon vote par anti-sarkozysme à Alain Juppé, j'ai changé et décidé de voter pour François Fillon", a raconté Gérard, 65 ans, à Lyon.

- Soirée "très longue" en vue -

Les 7 candidats à la primaire de droite
Les 7 candidats à la primaire de droite ( AFP / Paz PIZARRO, Paul DEFOSSEUX )

Crédités de scores beaucoup plus modestes, Bruno Le Maire, Jean-François Copé et Nathalie Kosciusko-Morizet, seule femme, ainsi que Jean-Frédéric Poisson (PCD), complètent la liste des candidats.

Les résultats pourraient être serrés: l'"incertitude est complète", et la soirée sera "très longue", pronostique le soutien d'un candidat en vue.

Des électeurs de gauche se sont déplacés dimanche, souvent pour Juppé mais surtout "contre Sarkozy". Derrière la crainte, voire la conviction, que leur camp sera éliminé dès le premier tour en 2017 et que Marine Le Pen sera au second tour.

Primaire de la droite : mode d'emploi
Primaire de la droite : mode d'emploi ( AFP / Frédéric HUGON, Laurence SAUBADU, Paul DEFOSSEUX, David LORY )

Les organisateurs veulent éviter au maximum d'éventuelles contestations. En 2012, l'élection du président de l'UMP (devenue Les Républicains) avait viré au pugilat entre François Fillon et Jean-François Copé. Après des semaines de guerilla, ce dernier l'avait emporté sur le fil, malgré les accusations de tricherie du camp Fillon.

Les chevilles ouvrières du scrutin sont un président et trois assesseurs minimum dans chaque bureau, plus 81.000 bénévoles soutiens des divers candidats répartis en métropole et outremer.

Une Haute Autorité de la primaire, présidée par une juriste Anne Levade, extérieure aux partis, est chargée de chapeauter le scrutin.

Après la fermeture des bureaux, de premiers résultats seront communiqués vers 20h30. Le tableau plus affiné du vote, visible régulièrement sur le site internet primaire2016.org, ne sera pas connu avant le milieu de la soirée. Les résultats complets sont attendus dans la nuit.

En raison du décalage horaire, certains territoires d'Outre-mer et les Français de l'étranger -par vote électronique- ont voté samedi. D'autres dimanche, comme la Nouvelle-Calédonie, ou la Réunion.

Dans une France sous menace terroriste, le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve a demandé aux préfets de "prendre toutes les mesures nécessaires au bon déroulement" du scrutin.

Le Parti socialiste compte, lui, distribuer des tracts de sa campagne "Prends garde à la droite!", pour en dénoncer le programme "autoritaire et inégalitaire".

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  • ref1929 il y a une semaine

    Les republicains ont gagnés... soit rien de nouveau sous le soleil... on aura comme prévu les europeistes immigrationnistes de droite et de gauche en 2017

  • rillouto il y a une semaine

    ca y est 1ere estimation ,je suis fier des français qui ont voté,ils ont su qui etait le meilleur avec le programme le plus coherant ,mais le plus dur aussi,maintenant,la voie est ouverte a tous les partis,fillon ne gagnera pas les presidentielle,programme trop liberal et trop dur .... Adieu sarko !!!! maintenant les juges vont pouvoir travailler !!! Vive la republique,Vive la France !!!

  • calippe3 il y a une semaine

    Au bureau de vote vers 13 h ils étaient surpris du nombre de jeunes .à venir voter...

  • calippe3 il y a une semaine

    ref1929 vous mettre à jour l'après-midi c'est M RUQUIER ONPC et non M DRUCKER

  • ref1929 il y a une semaine

    Une belle "Participation record".. il faut pas grand chose pour enflammer les medias qui sont content de ne pas passer leur dimanche navrant devant Michel drucker...

  • dupon666 il y a une semaine

    comme ça tout devient coherent..on a les politiques qu'on merite et vis versa

  • sibile il y a une semaine

    si se parjurer est normal, alors les Français ne valent pas mieux que les politiques qui les représentent

  • dupon666 il y a une semaine

    "se parjurer" en politique est tout à fait normal....c'est l'exemple que donne la classe politique depuis plus de 20 ans

  • ref1929 il y a une semaine

    Pardon 3 275 122

  • ref1929 il y a une semaine

    Encore des journalistes à coté de la plaque... 6 millions pour Bayrou en 2012... faut relativiser la mobilisation...