Primaire de la droite: affluence pour une "quasi présidentielle"

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Un homme vote au premier tour des primaires de la droite, le 20 novembre 2016 à Mulhouse ( AFP / Sebastien Bozon )
Un homme vote au premier tour des primaires de la droite, le 20 novembre 2016 à Mulhouse ( AFP / Sebastien Bozon )

"C'est quasiment la présidentielle!", dit Michèle Serre. A l'instar de cette retraitée, les électeurs se pressaient dimanche dans le bureau de vote des Arènes de Cimiez, un quartier aisé de Nice, pour choisir leur favori à droite pour 2017.

Il y a beau y avoir des croissants et un thermos à café sur une table, personne n'y touche. L'ambiance de ces primaires de droite est sérieuse. Les électeurs s'attardent uniquement pour signer la charte, présenter leur carte d'identité, payer, prendre les sept bulletins et s'éclipser dans l'isoloir.

Dépitée de s'être trompée de bureau, Michèle annonce qu'elle abandonne mais derrière elle, comme dans beaucoup de bureaux où se sont rendus des journalistes de l'AFP, la file s'allonge, avec jusqu'à trois-quarts d'heure de queue au Chesnay (Yvelines) dans la matinée et des sympathisants de gauche parmi les votants.

Des personnes attendent de pouvoir voter au premier tour de la primaire de la droite, le 20 novembre 2016 à Paris
Des personnes attendent de pouvoir voter au premier tour de la primaire de la droite, le 20 novembre 2016 à Paris ( AFP / Eric FEFERBERG )

"Après les quatre ou cinq années de merde qu'on a eues, c'est un peu normal de vouloir voter", lâche ainsi Nathalie, la cinquantaine, décidée à donner sa chance à quelqu'un d'autre que Nicolas Sarkozy. "On l'a déjà eu, c'est bon !".

"Mon impression, c'est que les gens se mobilisent car ils savent que le candidat qui sera choisi à des chances d'être élu à la présidentielle" en 2017, dit Madi Latil, présidente du bureau des Arènes de Cimiez à Nice. Dans le quartier populaire de Saint-Roch, son homologue Philippe Rossini confirme: "C'est à flot continu, il n'y a pas de temps mort. Beaucoup me disent qu'ils n'auraient pas raté le vote parce qu'ils en ont marre !"

Derrière elle, on entend tinter les petites pièces qui tombent dans la tirelire en carton où Babette Steiner, bénévole LR de 77 ans, encaisse la participation de 2 euros. Il faut constamment la rouvrir pour faire la monnaie. "Pour moi qui fais les présidentielles, je trouve qu'il y a beaucoup de monde", dit-elle, ajoutant cependant : "il n'y a pas beaucoup de jeunes ou des gens de toutes origines comme pour les présidentielles".

Des personnes attendent de pouvoir voter au premier tour de la primaire de la droite, le 20 novembre 2016 à Perpignan
Des personnes attendent de pouvoir voter au premier tour de la primaire de la droite, le 20 novembre 2016 à Perpignan ( AFP / RAYMOND ROIG )

Loïc Le Saint, qui partage l'apéritif avec un ami, est très impatient avant d'aller voter. "Pourquoi attendre 2017 ? si on vote pas pour Sarko ou un autre, il ne pourra pas se présenter", dit-il.

"Du suspense, il y en aura un peu mais si c'est Juppé, je vote FN et je déchire ma carte d'électeur UMP (ex-nom des Républicains). C'est valable pour moi, ma femme, ma soeur", ajoute ce retraité de 70 ans, qui n'apprécie pas le maire de Bordeaux, l'un des trois favoris du scrutin.

-affluence plus grande qu'aux régionales-

Agacement mis à part pour relever les quelques menus défauts d'organisation ou le nom des candidats dont certains ne veulent plus, la bonne humeur est de mise chez les électeurs.

"On a l'impression d'être pris en considération", commente Ambre, 37 ans, responsable de magasin à Nice tandis que Claude Henry, 82 ans, retraité de l'industrie cosmétique, a surtout apprécié les débats. Il les qualifie d'"intéressants", même s'ils ont simplement confirmé son idée de ne pas choisir Nicolas Sarkozy.

"Ce n’est pas trop dans nos habitudes ce genre de scrutin, mais c'est bien. Comme ça, les gens ne pourront pas dire après qu’on ne leur a pas demandé leur avis", déclare Karl Viannenc, secrétaire du Rassemblement-LR dans un bureau de vote à Nouméa.

A Lyon, Harold, 50 ans, commente aussi avec satisfaction le scrutin: "Les élections présidentielles, on vote rarement pour un candidat, on vote contre un candidat (...) Là, on vote pour quelqu'un".

Dans le bureau de vote de la rue des Amandiers à Paris, un quartier populaire du 20e arrondissement réputé de gauche, l'affluence est plus grande que pour certains scrutins comme les régionales, selon un assesseur.

Dans celui installé dans l'Hôtel de ville de Drancy (Seine-Saint-Denis), un adhérent de l'UDI d'origine maghrébine raconte : "J'ai reçu un message de mon maire disant de venir voter en masse. J'ai suivi les deux débats, il faut un peu de changement". Cet employé de sécurité à Roissy pronostique un "duel Juppé-Fillon", mais refuse de dire pour qui il a voté.

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