Primaire-Cambadélis met les dirigeants du PS au pied du mur

le
0
    PARIS, 11 mars (Reuters) - Le premier secrétaire du Parti 
socialiste a appelé vendredi l'ensemble des cadres du PS, 
ministres y compris, à se prononcer pour ou contre la 
candidature de François Hollande en 2017 alors que les 
discussions sur une éventuelle primaire piétinent. 
    "Le problème n'est pas de savoir si François Hollande est 
candidat ou pas, c'est de savoir si les dirigeants du Parti 
socialiste sont pour qu'il soit candidat ou pas", a dit 
Jean-Christophe Cambadélis sur iTELE. 
    "Donc maintenant, la question que je vais poser à chaque 
dirigeant du Parti socialiste c'est : 'Etes-vous favorable à la 
candidature de François Hollande?'", a-t-il poursuivi. 
    "Il faut répondre à cette question, parce que si on est 
favorable, on se bat pour, on crée la dynamique pour, si on est 
défavorable, on peut se présenter devant les Français", a-t-il 
prévenu. 
    La question, a-t-il précisé, s'adresse à "tout le monde : 
les dirigeants du Parti socialiste, les ministres, ceux qui sont 
dans les collectivités locales..." 
    Même le ministre de l'Economie Emmanuel Macron, qui n'est 
pas adhérent du PS mais a laissé percer ses ambitions, est 
concerné, a dit Jean-Christophe Cambadélis. 
    "S'il est favorable à la candidature de François Hollande, 
ce qu'il fait élargit la majorité. S'il est défavorable à la 
candidature de François Hollande, il le dit, il démissionne et 
il se présente". 
    "Il faut de la clarté maintenant", a tonné le dirigeant du 
PS. 
    
    UN "JEU" QUI "ABÎME" 
    Des responsables écologistes et des intellectuels ont lancé 
le 11 janvier un appel pour une primaire "des gauches et de 
l'écologie" en vue de l'élection présidentielle de 2017. 
    Les statuts du PS prévoient que "le candidat à la présidence 
de la République est désigné au travers de primaires citoyennes 
ouvertes à l'ensemble des citoyens adhérant aux valeurs de la 
République et de la gauche". Le règlement ne précise pas le 
statut d'un président sortant dans ce contexte. 
    Les statuts du principal parti d'opposition de droite, Les 
Républicains, précisent eux qu'"il n'est pas organisé de 
primaire lorsque le président de la République est issu du 
Mouvement et candidat pour un second mandat". 
    Jean-Christophe Cambadélis a dénoncé vendredi "ce jeu" à 
gauche "qui vise à faire comme si on était candidat tout en 
sachant qu'à la fin ça sera François Hollande". "Ça abîme la 
totalité du dispositif de la gauche", a-t-il estimé. 
    "Je finis par me dire que le seul parti qui est favorable à 
la primaire, c'est le Parti socialiste, c'est le grand paradoxe 
du moment", a-t-il ironisé. 
    Il a rappelé que le nouveau secrétaire national d'Europe 
Ecologie-Les Verts (EELV), David Cormand, espérait en une 
candidature de Nicolas Hulot en 2017 et résumé ainsi la position 
du Parti communiste : "Le PC veut bien être dans la primaire 
mais à condition que le PS n'en soit pas et ainsi de suite." 
    "Nous faisons tous pour que cette primaire réussisse, mais 
enfin nous sommes un peu seuls dans le moment présent", a 
commenté le premier secrétaire du PS. 
 
 (Sophie Louet, édité par Yves Clarisse) 
 
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant