Preuve de vie des lycéennes de Chibok, deux ans après leur rapt

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    ABUJA, 14 avril (Thomson Reuters Foundation) - Deux ans jour 
pour jour après l'enlèvement au Nigeria de 276 lycéennes par le 
groupe islamiste Boko Haram, l'espoir de retrouver les jeunes 
filles vivantes a été ranimé jeudi par la diffusion d'une vidéo 
montrant une quinzaine d'entre elles. 
    Le document, obtenu par la chaîne américaine CNN auprès 
d'une "source proche des négociations", a été adressé par Boko 
Haram comme "preuve de vie" aux négociateurs. La précédente 
vidéo remontait à mai 2014.  
    Les islamistes ont enlevé les 276 lycéennes le 14 avril 2014 
à Chibok, dans le nord-est du Nigeria. Cinquante-sept ont pu 
s'échapper par la suite mais 219 manquent toujours à l'appel, 
malgré une campagne internationale baptisée #bringbackourgirls 
et soutenue notamment par la première dame des Etats-Unis 
Michelle Obama.  
    CNN a montré la vidéo à trois mères d'élèves. Deux d'entre 
elles ont reconnu leurs filles, la troisième, Yana Galang, a pu 
identifier cinq jeunes filles. Toutes portent le voile 
islamique.  
    "Les filles avaient l'air de très bien se porter", a-t-elle 
dit par téléphone à la fondation Thomson Reuters. 
    Selon le porte-parole de CNN, la vidéo aurait été filmée le 
25 décembre dernier. C'est en tout cas ce que déclarent les 
jeunes filles et ce qu'indiquent les métadonnées du document. 
    Amnesty International estime qu'environ 2.000 garçons et 
filles ont été enlevés par Boko Haram depuis 2014, la plupart 
étant utilisés comme esclaves sexuels, combattants ou kamikazes. 
    Cette semaine, l'Unicef a publié un rapport montrant que les 
attentats suicides commis par des enfants au nom de Boko Haram 
avaient été multipliés par onze au cours de l'année écoulée en 
Afrique de l'Ouest. L'organisation onusienne en a recensé 44, 
commis par des enfants, majoritairement des filles, parfois âgés 
de seulement huit ans.  
    L'insurrection menée dans le nord-est du Nigeria par le 
groupe djihadiste aujourd'hui affilié à l'organisation Etat 
islamique a coûté la vie à quelque 15.000 personnes, selon 
l'armée américaine. 
 
 (Adaobi Tricia Nwaubani; Jean-Stéphane Brosse pour le service 
français; Thomson Reuters Foundation est la fondation caritative 
de Thomson Reuters dédiée à la couverture des sujets 
humanitaires et liés aux droits des femmes, à la lutte contre la 
corruption et au changement climatique. http://www.trust.org) 
 
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