Prêts à l'économie, le nouveau terrain des assureurs

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Ils y voient une solution pour diversifier leurs investissements, sur un marché où les banques deviennent frileuses.

Le malheur des uns peut faire le bonheur des autres. D'un côté, les banques doivent réduire leur bilan et sont moins enclines à consentir des prêts aux entreprises. De l'autre, les compagnies d'assurances cherchent de nouveaux investissements. La nouvelle réglementation exige d'elles d'importants fonds propres si elles s'aventurent sur les actions. Elles préfèrent donc les obligations... Mais il serait trop peu rentable et trop risqué d'y consacrer tous leurs avoirs. D'où une idée simple: investir sur les prêts à l'économie. Et, pour commencer, sur les crédits qui financent de l'immobilier commercial (bureaux, centres commerciaux...) aux sociétés foncières, opérateurs immobiliers, etc. «Cet investissement peut être très attrayant pour les assureurs. Il génère des revenus prévisibles. Il exige des fonds propres équivalents aux placements obligataires. Et, puisqu'il n'est pas coté en Bourse, il n'est pas dépendant de la volatilité des marchés financiers», souligne Jean-Marie Catala, directeur du développement de Groupama AM.

Un fonds dédié

Cette société de gestion vient donc de lancer un fonds original, qui tombe à point nommé. Il propose de sélectionner les prêts immobiliers les plus attractifs, en fonction notamment des garanties apportées par les emprunteurs. Cette mission est confiée à un spécialiste, Acofi. Il ne s'agit pas seulement de racheter d'anciens prêts à des banquiers pressés de s'en défaire, mais surtout de prendre position sur les nouveaux crédits. Acofi étudie le dossier de l'emprunteur, une banque finance le prêt et revend aussitôt cette créance au fonds.

Il suffit aux assureurs - ou le cas échéant aux autres investisseurs institutionnels séduits par le principe - d'acheter des parts du fonds, pour recevoir leur quote-part des revenus du placement. Le risque que ces prêts ne soient pas remboursés existe. «Mais il est statistiquement plus faible en moyenne que sur les obligations d'entreprise. Et il est mutualisé dans le fonds», ajoute Jean-Marie Catala.

Groupama AM espère collecter quelque 400 millions d'euros auprès des investisseurs institutionnels sur ce nouveau type de placement. Et ne pas s'arrêter en si bon chemin. Après les prêts immobiliers, il envisage sur le même principe de lancer des fonds pour financer d'autres emprunteurs, les collectivités locales par exemple.

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