Présidentielle péruvienne-2e tour serré entre Fujimori et Kuczynski

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    par Mitra Taj et Caroline Stauffer 
    LIMA, 5 juin (Reuters) - Les bureaux de vote ont ouvert 
leurs portes dimanche au Pérou pour un second tour de la 
présidentielle dont l'issue promet d'être serrée entre d'un côté 
la conservatrice Keiko Fujimori, fille de l'ex-président Alberto 
Fujimori, et de l'autre un ex-Premier ministre et ancien 
économiste de la Banque mondiale, Pedro Pablo Kuczynski. 
    L'avance de Keiko Fujimori sur son adversaire a fondu dans 
les sondages ces derniers jours, rappelant la fin de campagne du 
second tour de 2011 qui s'était soldée par sa défaite, d'une 
courte tête, face à Ollanta Humala. 
    Les enquêtes d'opinion des instituts Ipsos et GfK effectuées 
samedi montrent que Kuczynski est passé - d'une courte tête - à 
la première place devant Fujimori, même si l'un et l'autre 
demeurent dans la "marge d'erreur" de ces sondages. 
    Au premier tour, le 10 avril, la fille Fujimori avait 
recueilli près de 40% des voix, loin devant Pedro Pablo 
Kuczynski, âgé de 77 ans, qui a obtenu 22%. 
    Keiko Fujimori, qui a 41 ans, a passé les cinq dernières 
années à chercher à gagner en influence au-delà des cercles de 
partisans de son père, qui purge actuellement une peine de 25 
ans de réclusion pour corruption et atteintes aux droits de 
l'homme. 
    Elle a réussi à renforcer la présence de son mouvement dans 
les provinces où elle avait été battue face au nationaliste 
Humala. Malgré tout, elle ne réussit pas à dissiper la méfiance 
de nombreux électeurs, alors même que certains de ses nouveaux 
collaborateurs sont éclaboussés par des scandales. 
     
    POPULISME CONTRE TECHNOCRATISME 
    "Je me souviens de son père, et je pense qu'elle sera 
pareille. Il contrôlait les médias et était extrêmement 
corrompu", a déclaré une jeune femme de 23 ans, Angela Agrela, 
qui a dit voter pour Kuczynski. 
    Keiko Fujimori, dont le discours à la fois libéral et 
populiste plaît aux plus démunis, promet de s'en tenir aux 
règles démocratiques. Depuis son échec de 2011, elle a en outre 
pris ses distances avec son père. 
    Kuczynski lui-même avait pris le parti de Keiko Fujimori il 
y a cinq ans quand elle avait affronté Ollanta Humala au second 
tour. 
    Si les deux candidats sont sur le plan budgétaire des 
conservateurs partisans du libéralisme, leur style et leur 
approche des dossiers diffèrent grandement. 
    Le conservatisme de Keiko Fujimori se teinte de populisme 
quand celui de Kuczynski est davantage empreint d'un style 
technocratique qui a empêché à sa campagne de "prendre" dans les 
provinces défavorisées et dans les quartiers populaires. 
    Keiko Fujimori a mené une campagne plus dynamique que son 
adversaire, n'hésitant pas à faire des pas de danse dans des 
villages reculés, où elle a promis aux habitants de leur livrer 
des tracteurs et où elle a voulu faire passer son rival pour un 
homme de l'élite déconnecté des difficultés de la population. 
    Nombreux sont ceux qui, dans les campagnes, se souviennent 
de la présidence de son père (1990 à 2000), au cours de laquelle 
des écoles et des hôpitaux avaient été construits et où la 
rébellion maoïste du Sentier lumineux avait été mise en échec. 
 
 (Eric Faye pour le service français) 
 
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