Président Tokyo

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Président Tokyo
Président Tokyo

Inconnu aux bataillons et possédant un nom que l'on imagine ailleurs qu'à la tête d'une maison sérieuse, le Sud-Africain Tokyo Sexwale pourrait être la surprise de l'élection à la présidence de la FIFA. Et après quelques décennies à s'être soucié de libérer son pays, d'en visiter les cellules et d'assurer sa prospérité sur plusieurs générations, le voilà en route vers Zürich, déterminé comme jamais.

Être président de la FIFA, c'est bien. Un titre un peu rutilant, pas mal de pouvoirs, une belle exposition médiatique à la tête de l'une des institutions sportives les plus puissantes de la planète. Mais tout cela n'est qu'un lot de consolation pour Tokyo Sexwale, qui a très longtemps eu pour ambition de s'offrir un autre costume présidentiel, celui de l'Afrique du Sud. Dans les années 90, Tokyo Sexwale était lancé pleine balle vers le pouvoir suprême, où il s'imaginait bien succéder à celui qui avait été son compagnon de cellule pendant 12 ans, un certain Nelson Mandela, élu en 1994. Problème, il n'est pas le seul dans les starting-blocks. Une bonne partie de membres de l'ANC est devenue la nouvelle classe politique depuis la fin de l'apartheid, et les bureaux présidentiels de l'Union Building à Pretoria font saliver pas mal de monde. Peu importe pour Tokyo Sexwale, qui est de ces hommes qui ne doutent jamais de rien, et surtout pas d'eux-mêmes.

Un CV parfait, un échec politique


Élu dès 1994 gouverneur de la province du Gauteng, où l'on trouve entre autres Johannsburg et Pretoria, le jeune quadragénaire fait figure de comète et semble télécommandé vers la magistrature suprême. Marié à Judy, une des juristes blanches qui s'occupait de lui quand il était en prison, son couple est l'un de ces contes de fée dont raffole à l'époque une Afrique du Sud avide de symboles de réconciliation nationale. En somme, le CV est parfait : la lutte armée, l'exil, la prison, l'onction de Mandela, l'ambition dévorante, les planètes semblent alignées pour voir Sexwale accéder au niveau supérieur.

Mais qui es-tu, Tokyo Sexwale ?
Mais comme tant d'autres trajectoires présidentielles avant lui, celle de Sexwale viendra s'exploser contre ces fameux récifs que sont les manœuvres de partis et les magouilles de congrès. Opposé à Cyril Ramaphosa, président de l'Assemblée constituante, et surtout à Thabo Mbeki, vice-président de Nelson Mandela, Sexwale tente à l'approche de la présidentielle de 1999 de mettre la main sur le parti, l'ANC, machine de guerre électorale qu'il vaut mieux contrôler pour mener une campagne. Et à la manière d'un Rocard, torpillé comme un bleu par la mitterrandie au congrès de Metz…





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