Présence turque en Irak-Bagdad saisit le Conseil de sécurité

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 (Actualisé avec réaction turque, éléments de contexte) 
    BAGDAD, 6 octobre (Reuters) - L'Irak a demandé la tenue 
d'une réunion extraordinaire du Conseil de sécurité de l'Onu 
pour évoquer la présence de forces turques dans le nord du pays, 
rapporte jeudi la télévision publique.  
    Le Premier ministre Haïdar al Abadi avait parlé la veille 
d'un risque de conflit armé du fait de ce déploiement, dont le 
mandat a été prolongé d'un an, la semaine dernière, par le 
Parlement turc. Le ministère irakien des Affaires étrangères a 
convoqué mercredi l'ambassadeur turc pour lui remettre une 
protestation officielle et la même initiative a été prise à 
Ankara.  
    Le Premier ministre turc, Binali Yildirim, a jugé 
"incompréhensible" la réaction de Bagdad à la présence de 
soldats turcs sur la base de Bachika, au nord de Mossoul. 
    La Turquie dit avoir déployé ces effectifs militaires à la 
fin de l'année dernière à l'invitation de Massoud Barzani, 
président de la région autonome du Kurdistan irakien, dans le 
cadre d'une mission de formation et d'entraînement des forces 
engagées contre les djihadistes de l'Etat islamique (EI).  
    Yildirim, qui s'exprimait jeudi devant des hommes 
d'affaires, a ajouté que les soldats turcs resteraient sur place 
pour garantir la stabilité des équilibres démographiques dans la 
région. 
    Bagdad, qui parle de 2.000 soldats turcs, considère qu'il 
s'agit d'une force d'occupation.     
    Les tensions entre Ankara et Bagdad sont exacerbées par les 
préparatifs de la bataille de Mossoul, deuxième ville d'Irak 
tenue par les djihadistes de l'EI depuis juin 2014. 
    La Turquie, qui redoute une nouvelle vague de réfugiés - 
Mossoul est à deux heures de route de la frontière -, refuse 
aussi que des miliciens kurdes syriens, qu'elle assimile aux 
séparatistes du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), 
participent à la contre-offensive avec la bénédiction de Bagdad 
et de Washington. 
    Elle s'inquiète également que la démographie de Mossoul, 
majoritairement peuplée de sunnites, ne soit modifiée par 
l'implication de milices chiites et que les conflits 
intercommunautaires ne s'en trouvent attisés. 
 
 (Maher Chmaytelli avec Humeyra Pamuk à Ankara; Jean-Philippe 
Lefief et Henri-Pierre André pour le service français) 
 
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