Présence accrue des Frères musulmans au gouvernement au Caire

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LES FRÈRES MUSULMANS RENFORCENT LEUR PRÉSENCE DANS LE GOUVERNEMENT ÉGYPTIEN
LES FRÈRES MUSULMANS RENFORCENT LEUR PRÉSENCE DANS LE GOUVERNEMENT ÉGYPTIEN

par Tom Perry et Maria Golovnina

LE CAIRE (Reuters) - L'Egypte a remanié son gouvernement dimanche en renforçant la présence des Frères musulmans dans les instances dirigeantes, à la veille de l'arrivée au Caire d'une délégation du FMI venue discuter d'une demande de prêt de 4,8 milliards de dollars.

Dix nouveaux ministres, dont ceux des Finances et de l'Intérieur, ont prêté serment devant le président Mohamed Morsi, qui espère par ces changements apaiser la colère de la population face à la dégradation de la situation économique.

Le nouveau cabinet compte désormais huit ministres membres des Frères musulmans ou de leur émanation politique, le parti de la Liberté et de la Justice, contre cinq dans la précédente équipe.

"Le Dr Morsi voulait être sûr de disposer d'un cabinet qui partage ses orientations majeures. Il veut être entouré de ministres qui sont à l'unisson (de ses idées)", explique Mustapha Kamal al Sayyid, professeur de sciences politiques à l'université du Caire.

Avec ce remaniement, les Frères musulmans prennent le contrôle d'une partie de l'appareil bureaucratique et notamment des approvisionnements, un secteur clé dans un pays où l'aide à la consommation est importante.

Outre les Finances et l'Intérieur, changent notamment de mains l'Electricité, l'Environnement, les Communications et les Transports.

Le nouveau ministre des Finances, Al Morsi al Sayed Hegazy, est docteur en économie et s'est spécialisé dans la recherche en finance islamique.

Professeur à l'université d'Alexandrie, il a rédigé ou supervisé une vingtaine d'études sur la finance islamique. Bien que n'étant pas membre des Frères musulmans, il est considéré comme sympathisant de la principale organisation politique du pays.

La prestation de serment du nouveau gouvernement a coïncidé avec un nouvel accès de faiblesse de la livre égyptienne, conséquence de la situation économique délicate que connait le pays.

La monnaie nationale s'est échangée dimanche à 6,45 pour un dollar, son cours historique le plus bas. Elle a perdu 10% de sa valeur par rapport au dollar depuis le début 2011. Le tiers de cette baisse est intervenue au cours de la semaine écoulée.

UN RESPONSABLE DU FMI LUNDI AU CAIRE

Massoud Ahmed, directeur du Fonds monétaire international (FMI) pour le Proche-Orient et l'Asie centrale, rencontrera lundi au Caire le président Morsi et d'autres dirigeants égyptiens pour évoquer la demande de prêt égyptienne.

L'octroi de ce prêt est essentiel pour soulager les finances égyptiennes, face au poids de la dette et à la crise économique qui a suivi la chute du président Hosni Moubarak, renversé par la rue en février 2011.

Le FMI a donné son accord de principe en novembre mais le gouvernement du Caire a repoussé à janvier sa demande définitive et reporté une série de hausses d'impôt, afin de se donner le temps d'expliquer au pays son plan d'austérité.

Le gouvernement assurera la délégation du FMI du "bien-fondé de l'orientation du gouvernement et de la capacité de l'économie égyptienne à se redresser", a déclaré dimanche le Premier ministre, Hisham Kandil.

Les efforts du chef du gouvernement pour relancer l'activité ont été mis à mal par les récents troubles, qui ont à nouveau fait fuir des touristes qui recommençaient à fréquenter l'Egypte où le secteur touristique fournit un emploi sur huit.

L'opposition compte bien exploiter les mesures de rigueur prévues par le gouvernement pour s'imposer face aux islamistes lors des élections législatives prévues en principe d'ici deux mois.

Deux Egyptiens sur cinq vivent en dessous ou au niveau du seuil de pauvreté et dépendent largement des aides publiques pour subsister, un poste budgétaire qui grève les finances de l'Etat.

Pascal Liétout pour le service français

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  • M5441845 le dimanche 6 jan 2013 à 19:30

    L'évolution du sud de la méditerranée est inquiétante, surtout pour nous qui sommes au nord...

  • exposit6 le dimanche 6 jan 2013 à 18:56

    Et ben allez, on va prêter du fric, à ces extrémistes. On n'a pas finit de rigoler. La religion est une chose, la politique une autre. Faut pas mélanger les deux. Vous êtes pas sortis de la crise.......

  • jbellet le dimanche 6 jan 2013 à 18:22

    belle révolution les gars; vous allez bientôt regretter l'ancien régime! les frères musulmans vous ont volé votre révolution

  • M5062559 le dimanche 6 jan 2013 à 17:38

    J'ai l'impression que c'est mal parti en Egypte. Je ne crois pas qu'on puisse diriger et développer un pays lorsqu'on se réfère pour chaque chose et décision à un Dieu quel qu'il soit. On ne raisonne plus il suffit de dire que Dieu le veut.

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