Près de Raqa, des combattantes veulent venger les femmes victimes de l'EI

le , mis à jour à 19:08
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Une membre des Unités de protection de la femme kurde (YPJ) regarde le champ de bataille avec des jumelles à côté du village de Mazraat Khaled, à environ 40 kms du groupe d'État islamique Capitale de Raqa, le 9 novembre 2016 ( AFP / delil souleiman )
Une membre des Unités de protection de la femme kurde (YPJ) regarde le champ de bataille avec des jumelles à côté du village de Mazraat Khaled, à environ 40 kms du groupe d'État islamique Capitale de Raqa, le 9 novembre 2016 ( AFP / delil souleiman )

Dans un véhicule tout terrain, Kazîwar, combattante kurde de 23 ans, fonce dans le désert syrien au nord de Raqa pour rejoindre les premières lignes de combat contre les jihadistes du groupe Etat islamique (EI).

"Nous voulons prouver que nous sommes capables et que nous avons un rôle à jouer" dans la lutte contre l'EI, affirme la jeune femme mince aux cheveux châtains qui a adopté ce nom de guerre.

Elle fait partie des Unités de protection de la femme kurde (YPJ) qui combattent aux côtés de leurs compagnons d'armes masculins dans l'offensive déclenchée samedi par les Forces démocratiques syriennes (FDS) --une alliance arabo-kurde-- pour capturer Raqa, "capitale" de l'EI en Syrie.

Chaussée de baskets et portant une tenue de jogging sur son treillis en raison du froid, Kazîwar a pris les armes il y a plusieurs années et participé à maintes batailles contre les ultraradicaux.

Dans l'un de ces combats, elle a perdu son amie, sa "soeur d'armes", Baharine Jia, dont elle a accroché sa photo sur le rétroviseur de la voiture.

Elles sont plusieurs centaines à lutter sans merci contre les jihadistes qui sèment la terreur dans les territoires sous contrôle kurde en Irak et en Syrie, notamment au sein de la communauté hétérodoxe des Yézidis, réduisant leurs femmes à l’esclavage.

Chirine  et Kazîwar , membres des Unités de protection de la femme kurde  discutent sur le toit d'une maiso
Chirine (G) et Kazîwar (D), membres des Unités de protection de la femme kurde (YPJ) discutent sur le toit d'une maison du village syrien de Mazraat Khaled, à environ 40 km de de Raqa, le 9 novembre 2016 ( AFP / delil souleiman )

"Notre participation aux brigades féminines est une revanche pour toutes les femmes enlevées à Sinjar (en Irak)et vendues (comme esclaves sexuelles) sur les marchés", explique Kazîwar.

Elle arrive au hameau de Mazraat Khaled, à un km des combats opposant jihadistes et FDS et à une trentaine de km de Raqa.

- Nattes, youyous et mortier -

Rojda Felat, cheffe des unités féminines de protection des femmes kurdes , donne des ordres par walkie-talkie d
Rojda Felat, cheffe des unités féminines de protection des femmes kurdes (YPJ), donne des ordres par walkie-talkie dans le village de Mazraat Khaled, à environ 40 km de la capitale de Raqa, le 9 novembre 2016 ( AFP / delil souleiman )

La jeune femme rejoint dans un immeuble en béton, perché sur une colline, sa chef Rojda Felat, 38 ans, qui fait partie du commandement de la bataille.

Les jihadistes "ont la hantise d'être tués par des femmes car ils estiment que c'est haram (prohibé par la religion)", se moque Kazîwar. "Quand ils entendent nos voix, ils ont très peur, tandis que nous, en première ligne, nous lançons des youyous après chaque victoire".

Pendant qu'elles discutent, les roquettes s'abattent près d'elles et les avions de la coalition internationale qui soutient les FDS frappent les positions jihadistes d'où s'élèvent des volutes de fumée grise.

Nattes brunes recouvertes d'un kéfié à damiers noirs et blancs, badge jaune des YPG sur l'épaule gauche, Rojda donne des ordres avec ses deux talkiewalkies aux combattants et combattantes qui se lancent à l'assaut des lignes ennemies.

Au bas de l'immeuble, des véhicules surmontés d'une douchka (mitrailleuse lourde de fabrication russe) sont à l'arrêt et à l'intérieur, des combattantes se reposent.

"Souvent, dans le domaine militaire, les gens regardent la femme avec condescendance, arguant que nous sommes trop sensibles, que nous n'osons pas porter un couteau ou un revolver", dit-elle.

"Mais vous pouvez voir qu'aux YPJ, nous manions la douchka, savons utiliser le mortier et sommes capables de déminer", assure-t-elle en riant.

- 'Peur de nos voix' -

Une membre de l'unité de protection des femmes kurdes , donne des ordres par talkie-walkie dans le village de Maz
Une membre de l'unité de protection des femmes kurdes (YPJ), donne des ordres par talkie-walkie dans le village de Mazraat Khaled, à environ 40 km de Raqa, le 9 novembre 2016 ( AFP / delil souleiman )

Rojda montre du doigt un endroit où des habitants d'al-Hicha ont trouvé refuge et demande à ses subordonnés de les conduire en lieu sûr pour éviter qu'ils ne soient tués par les obus qui s'abattent près d'eux.

Dans ce village tenu par l'EI, à 40 km au nord de Raqa, 20 civils ont été tués mardi soir par des frappes de la coalition antijihadistes dirigée par Washington, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). Une porte-parole des FDS, Jihan Cheikh Ahmad, a toutefois démenti, estimant que "ces accusations sont le fait de l'EI".

"Nous combattons pour sauver nos mères, nos sœurs. Les victoires que nous remportons sont historiques", assure Rojda. Elle rejoint des combattantes assises près d'un mur où elles ont posé leurs kalachnikovs, et s'accorde un moment de repos afin de manger son sandwich.

Chirine, 25 ans, membre des unités de protection de la femme kurde  près du village syrien de Mazraat Khaled, &
Chirine, 25 ans, membre des unités de protection de la femme kurde (YPJ) près du village syrien de Mazraat Khaled, à environ 40 km de Raqa, le 9 novembre 2016 ( AFP / delil souleiman )

Chirine, 25 ans, originaire d'un village à la frontière turque, observe avec ses jumelles les combats.

"Comme femme kurde au sein des YPJ, je suis ravie de participer à cette campagne pour vaincre ces mercenaires" dit-elle, riant de la peur qu'elle suscite chez l'ennemi.

"Ils ont peur de nos voix. Ils ont peur qu'on les tue. Ils veulent que la femme soit toujours l'esclave de l'homme".

"Je fulmine quand je vois des femmes portant le niqab et je suis contente quand je les vois le retirer", assure cette femme mince aux yeux marrons, portant sur la tête un foulard bordeaux brodé de fleurs multicolores.

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  • M7163258 il y a 4 semaines

    sibile Quel détournement !!! D'autant si vous ne précisez pas qui sont les gros machos en occident! Bon pour moi les plus gros même en occident sont islamistes c'est clair et pour vous ?

  • sibile il y a 4 semaines

    encore que ce serait une bonne idée , elles pourraient s'en servir pour exterminer les gros machos qui sévissent en Occident ....

  • sibile il y a 4 semaines

    les féministes "de pacotille" qui "sévissent" en Occident sont-elle sensées prendre les armes ?

  • M3121282 il y a 4 semaines

    Grand respect Mesdames

  • freudmar il y a 4 semaines

    Voila un champ de bataille que les "Pussy riot" ne sont pas prêtes de rejoindre ! C'est plus courageux d'entrer à ND de paris pour y faire des profanations !il y a des coups de pieds au ... (ou mieux au pussy) qui se perdent !!

  • M7166371 il y a 4 semaines

    cela tranche avec les "féministes" de pacotille qui sévissent en occident

  • M7166371 il y a 4 semaines

    bravo , elles sont admirables ces jeunes femmes ! je leur souhaite de survivre et de trouver des époux à leur niveau , pour celles qui le souhaitent !

  • M931269 il y a 4 semaines

    Quel courage pour ces femmes ....un exemple ! puissent elles libérer les femmes victimes de l'EI .

  • jean-648 il y a 4 semaines

    Non M1765517 les femmes ne se conduisent pas comme des hommes ou des animaux. Elles ont une humanité que n'ont pas tous les hommes.

  • M7093115 il y a 4 semaines

    Respect pour ces femmes admirables Elles sont l' espoir de cette région du monde.....