Près de 90 dirigeants étrangers attendus aux obsèques de Mandela

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PRÈS DE 90 DIRIGEANTS ÉTRANGERS ASSISTERONT AUX FUNÉRAILLES DE NELSON MANDELA
PRÈS DE 90 DIRIGEANTS ÉTRANGERS ASSISTERONT AUX FUNÉRAILLES DE NELSON MANDELA

par Ed Cropley et Pascal Fletcher

JOHANNESBURG (Reuters) - De Barack Obama à Hassan Rohani en passant par François Hollande, près de 90 chefs d'Etat et de gouvernement seront présents cette semaine en Afrique du Sud pour les cérémonies organisées à la mémoire de Nelson Mandela.

La plupart d'entre eux assisteront au service funèbre qui aura lieu mardi à Johannesburg au Soccer City Stadium, l'enceinte de football où l'ancien président sud-africain et militant anti-apartheid fit sa dernière apparition en public, avant la finale de la Coupe du monde en 2010.

"Le monde entier vient en Afrique du Sud", a commenté Clayson Monyela, porte-parole du ministère sud-africain des Affaires étrangères.

Le président américain Barack Obama, l'un des premiers à avoir réagi à l'annonce de la mort de "Madiba", jeudi soir, et son homologue iranien, Hassan Rohani, seront notamment présents.

On ignore pour l'instant si les deux hommes choisiront d'avoir leur premier tête-à-tête depuis le rapprochement entamé entre les deux pays à la faveur de l'accord intérimaire sur le programme nucléaire iranien.

Barack Obama sera accompagné par son prédécesseur à la Maison blanche, George W. Bush. Les anciens présidents Bill Clinton et Jimmy Carter ont également prévu de faire le voyage.

Le dirigeant cubain Raul Castro, le président zimbabwéen Robert Mugabe, le secrétaire général de l'Onu, Ban Ki-moon, et le Premier ministre britannique, David Cameron, sont également sur la liste.

HOLLANDE ET SARKOZY PRÉSENTS

La France sera représentée par François Hollande et par Nicolas Sarkozy, son prédécesseur à l'Elysée qui a accepté son invitation à se rendre en Afrique du Sud. L'ancien président et son successeur ne voyageront toutefois pas dans le même avion.

Cette réunion de dirigeants sera l'une des plus importantes jamais organisées dans l'histoire récente.

"Le fait que des dirigeants internationaux fassent en sorte de pouvoir venir en Afrique du Sud dans des délais aussi brefs reflète la place particulière que le président Mandela occupait dans les coeurs des gens du monde entier", a noté le ministre à la Présidence, Collins Chabane.

Même si les autorités sud-africaines ont obstinément refusé avant la mort de Mandela d'évoquer le programme des cérémonies, elles se sont préparées de longue date à cette échéance.

"Il est clair que nous ne partons pas de nulle part en termes d'organisation", a reconnu Clayson Monyela. "Nous disposons d'un système qui se met en marche dès que nous avons des événements de cette ampleur".

Les services de sécurité sud-africains sont sur les dents avant la cérémonie de mardi, pour laquelle cohabiteront brièvement des rivaux acharnés, comme Tony Blair et Robert Mugabe, qui avait traité l'ancien Premier ministre britannique de "petit garçon" et de "menteur".

Les membres du premier cercle de Mandela, famille et entourage, soulignent que le défunt aurait aimé que ce soit l'occasion pour les ennemis de toujours de se saluer, et non de s'invectiver.

"Demain (mardi), chacun devra honorer sa relation avec Madiba. Si cela veut dire serrer la main de son ennemi, oui j'aimerais bien assister à ça", confie Zelda la Grange, l'ancienne secrétaire personnelle de Nelson Mandela.

"Voilà ce qu'était Nelson Mandela, ce qu'il est en fait toujours: un rassembleur, au-delà des différences", dit cette femme, fille d'un brasseur blanc partisan du Parti national pro-apartheid jusqu'à l'accession du dirigeant noir à la présidence.

AUPRÈS DE SES ENFANTS

Dimanche, dans les églises, les mosquées et les synagogues, du fleuve Limpopo à la ville du Cap, des millions de Sud-Africains ont rendu hommage au "Père de la Nation arc-en-ciel".

Des milliers de personnes continuaient de déposer des bouquets de fleurs, des bougies, des ballons multicolores et des petits mots devant sa maison à Johannesburg.

Après la cérémonie de mardi, le corps de Nelson Mandela sera exposé pour trois jours à Union Buildings, le siège du gouvernement à Pretoria où il prêta serment après son élection à la présidence en 1994.

Il sera inhumé dimanche à Qunu, sur la terre de ses ancêtres dans la province du Cap-Oriental. Seul un nombre restreint de dignitaires étrangers seront présents à cette occasion.

Nelson Mandela reposera auprès de trois de ses six enfants, une fille morte en couches en 1948, un fils, Thembi, victime d'un accident de voiture en 1969 et Makgatho, mort du sida en 2005.

Avec Peroshni Govender et Shafiek Tasslem, Henri-Pierre André et Pascal Liétout pour le service français, édité par Gilles Trequesser

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