Près de 100.000 emplois marchands détruits en 2012

le
3
L'EMPLOI SALARIÉ EN FRANCE
L'EMPLOI SALARIÉ EN FRANCE

PARIS (Reuters) - Le secteur privé français a perdu près de 100.000 emplois l'an dernier, le plus mauvais résultat depuis trois ans, et 2013 s'annonce encore très difficile, risquant de tuer l'objectif présidentiel d'une baisse du chômage d'ici la fin de l'année.

Des proches de François Hollande ont déjà commencé à nuancer cet objectif qu'il s'était lui-même fixé, certains expliquant que stabiliser le chômage serait déjà un succès après des dizaines de mois de hausse.

Selon les chiffres publiés mercredi par l'Insee, les secteurs principalement marchands ont détruit 99.500 postes (-0,6%) l'an dernier. L'Agence centrale des organismes de sécurité sociale (Acoss) a quant à elle annoncé 94.000 pertes nettes d'emplois.

Le chiffre de l'institut de la statistique est le plus mauvais sur un an depuis le premier trimestre 2010 (-108.500 emplois) et depuis 2009 pour une année calendaire (-260.700).

L'Insee a nettement relevé le chiffre du quatrième trimestre, à 44.600 postes détruits contre -28.100 en première estimation. De même, les destructions du troisième trimestre ont été relevées à 46.000 contre 41.700 annoncé auparavant.

Philippe Waechter, chef économiste de Natixis Asset Management, juge cette tendance préoccupante. "La croissance médiocre en 2013 va accentuer le recul de l'emploi", écrit-il sur Twitter, à l'unisson de nombreux économistes.

Selon l'Insee, le rythme des destructions d'emploi dans les secteurs marchands est semblable au quatrième et troisième trimestres. L'Acoss évoque une accentuation du repli.

LA BAISSE SE POURSUIT DANS L'INDUSTRIE

L'institut de la statistiques souligne que les destructions hors intérim se sont intensifiées pour atteindre 35.300 postes au quatrième trimestre contre 16.900 au troisième.

Le recul s'est poursuivi dans l'industrie avec 9.400 postes supprimés au quatrième trimestre, soit le même rythme que lors des précédents trimestres de 2012, portant le nombre d'emplois industriels détruits à 29.400 sur l'ensemble de l'année.

La construction a elle aussi connu de nouvelles destructions, avec -7.000 postes au quatrième trimestre pour atteindre -13.800 sur l'ensemble de 2012.

Le secteur tertiaire a quant à lui perdu 28.200 postes au quatrième trimestre, après -35.700 postes au troisième, portant à 56.200 le nombre de postes perdus sur l'ensemble de 2012.

L'emploi hors intérim a reculé plus nettement dans ce secteur au quatrième trimestre, les effectifs intérimaire baissant eux moins fortement (-9.300 postes, -61.000 sur un an).

Selon l'Acoss, le salaire moyen par tête a augmenté au quatrième trimestre à un rythme légèrement inférieur à celui des trois trimestres précédents (+0,4% après +0,5% aux deuxième et troisième trimestres), portant la hausse sur un an à 2,1%.

La masse salariale a augmenté seulement de 0,2% au quatrième trimestre, confirmant le ralentissement observé depuis le début de l'année. Elle a progressé de 1,7% sur un an, le niveau le plus bas constaté depuis juin 2010. En moyenne annuelle, la masse salariale a progressé de 2,2% en 2012 contre 3,6% en 2011.

Jean-Baptiste Vey, édité par Yves Clarisse

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
  • janaliz le mercredi 13 mar 2013 à 13:20

    On ne fera pas l'économie d'une ré vo lution. Tous les ingrédients sont en train de se rassembler. La misère et la désespérance. Sans compter l'état aux abonnés ab sents.

  • M1257259 le mercredi 13 mar 2013 à 13:06

    sauf que c'est elles qui creent emplois et richesses. quand ils pourront plus se payer..la ça les touchera.

  • M1257259 le mercredi 13 mar 2013 à 13:05

    normal les gouvernements se fout ent des entreprises comme c'est pas permis