Près de 1.000 morts en 2 ans dans l'attaque de centres de soins

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    GENEVE, 26 mai (Reuters) - Près d'un millier de personnes 
ont trouvé la mort ces deux dernières années dans l'attaque de 
centres de soins et 40% de ces décès ont eu lieu en Syrie, selon 
le premier rapport de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) 
sur le sujet.  
    Entre janvier 2014 et décembre 2015, l'OMS a recensé 594 
attaques dans 19 pays, dont le bilan s'élève précisément à 959 
morts et 1.561 blessés.  
    La Syrie, où les hôpitaux, les ambulances, les patients ou 
les membres du personnel médical sont le plus fréquemment pris à 
partie, représente à elle seule 352 de ces décès. Viennent 
ensuite les territoires palestiniens, l'Irak, le Pakistan et la 
Libye.   
    Les actes recensés ont été jugés intentionnels à 62% et 
beaucoup se sont soldés par une interruption des services de 
santé publique.  
    "Ce n'est pas un problème isolé, ce n'est pas limité aux 
zones de guerre, ce n'est pas accidentel. C'est majoritairement 
intentionnel", a déploré le Dr. Bruce Aylward, directeur 
exécutif du groupe Flambées épidémiques et situations d'urgence 
à l'OMS, lors d'une conférence de presse. 
    "En outre, cela ne cesse pas et complique vraiment ce que 
nous essayons de faire. Il est de plus en plus difficile de 
déployer des gens dans ces endroits, d'assurer leur sécurité et 
leur survie là-bas, sans même parler de régler les crises", 
a-t-il ajouté.   
    Le bilan de l'OMS tient compte du raid américain qui a fait 
42 morts et 37 blessés en octobre dans un hôpital de Médecins 
sans frontières à Kunduz, dans le nord de l'Afghanistan. 
    "L'an dernier, 75 hôpitaux gérés ou soutenus par MSF ont été 
bombardés", a indiqué Joanne Liu, présidente de l'ONG.  
    "Du Yémen à la Syrie en passant par la République 
centrafricaine et le Niger, des centres de santé sont pillés, 
incendiés et bombardés. Des patients sont exécutés dans leur 
lit. Des membres du personnel soignant sont enlevés, agressés ou 
tués", a-t-elle ajouté.  
    L'OMS impute 53% des attaques recensées à des Etats et 30% à 
des groupes armés.  
     
 
 (Stephanie Nebehay, Jean-Philippe Lefief pour le service 
français) 
 
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