Préparer sa retraite tout en payant moins d'impôt

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Perco, Perp, contrats Madelin, Préfon. Plusieurs produits d'épargne destinés à améliorer les revenus de demain permettent également d'économiser sur les impôts d'aujourd'hui. Des pistes pour bien choisir.

Malgré les réformes successives, l'avenir des retraites reste incertain. Selon le Cercle des épargnants, il faut s'attendre à ce que le taux de remplacement - ce que représente la retraite par rapport au dernier salaire - baisse dans les vingt prochaines années. Les cadres moyens, surtout, seront pénalisés avec la diminution des rendements des régimes complémentaires. Les particuliers sont conscients qu'ils vont devoir épargner pour préserver leur pouvoir d'achat futur. Ils peuvent le faire en réduisant leur impôt. Plusieurs produits d'épargne permettent en effet d'être gagnant sur le plan fiscal.

Le Perp: encore peu utilisé

Le plus universel de ces produits d'épargne est aussi le moins connu. Le Plan d'épargne retraite populaire (Perp), créé pour inciter les Français à capitaliser et ouvert à tous, peine à séduire. Selon les chiffres de la Fédération française des sociétés d'assurances (FFSA), 27.000 nouveaux Perp ont été souscrits au premier semestre 2011, soit 2 % de plus qu'en 2010, mais le nombre de plans en constitution stagne aux alentours de 2,1 millions depuis sa création en 2004. «C'est un produit tunnel qui supporte mal la comparaison avec les contrats d'assurance-vie, où les fonds ne sont pas bloqués jusqu'à la retraite et qui offrent eux aussi un avantage fiscal», explique Marc Darnault, associé de la société de conseil Optimaretraite. Le principal atout du Perp réside dans la possibilité de déduire les cotisations versées des revenus imposables, avec deux limites : la somme déduite ne doit pas dépasser 10 % du montant des revenus professionnels, et doit rester inférieure, pour la déclaration de revenus de 2012, à 28.281 euros - 10 % de huit plafonds annuels de la Sécurité sociale (Pass).

Le placement est surtout intéressant pour les personnes imposées dans les tranches supérieures (30 et 41 %) de l'impôt sur le revenu et s'adresse davantage aux quinquagénaires qu'aux trentenaires. Le Perp souffre d'un deuxième handicap. Les sommes bloquées jusqu'à la retraite sont principalement récupérées sous la forme d'une rente viagère. Seuls 20 % des fonds peuvent être « sortis » en capital (ils sont alors soumis au prélèvement libératoire de 7,5 %), sauf dans certains cas particuliers (acquisition de la résidence principale, surendettement, invalidité...) «Le Perp est un pari sur l'espérance de vie», résume Marc Darnault. Le montant de la rente est difficile à évaluer à l'avance et elle subira ensuite la même fiscalité que la pension fournie par le régime général, à savoir le barème de l'impôt sur le revenu après abattement de 10 %.

Le Perco: l'avantage de la sortie en capital

En comparaison, le Plan d'épargne retraite collectif (Perco), qui permet au moment de la retraite une sortie des fonds intégralement en capital - option choisie par les trois quarts des épargnants - séduit davantage. Réservé à la minorité de salariés dont l'entreprise a mis en place ce dispositif (environ 2,8 millions de salariés concernés), il a connu en 2010 une progression de 27 % par rapport à 2009, selon l'Association française de gestion financière (AFG). Quelque 690.000 salariés l'ont adopté et l'encours atteignait 4 milliards d'euros au 31 décembre dernier, soit une augmentation de 35 % en un an.

Le Perco peut être alimenté tant par le salarié, qui peut cotiser dans la limite de 25 % de ses revenus, que par l'employeur, qui peut aller jusqu'à tripler la mise dans la limite de 5.656 euros par an. Ces versements sont exonérés de charges sociales et d'impôt. Seules la CSG (7,5 %) et la CRDS (0,5 %) doivent être acquittées. «C'est un dispositif peu contraignant qui est aussi un outil de management. Il peut en effet être alimenté par l'intéressement et la participation. Depuis 2010, la moitié de cette dernière est d'ailleurs directement versée sur le Perco», explique Philippe Crevel, secrétaire général du Cercle des épargnants, qui conseille de choisir la sécurité, notamment à l'approche du départ à la retraite. «Il faut d'ailleurs être vigilant car les assureurs qui gèrent les fonds encouragent souvent les packages plus risqués», avertit Marc Darnault.

Préfon: le Perp de la fonction publique

Ce régime de retraite facultatif est ouvert aux fonctionnaires et à ceux qui ont travaillé un temps dans la fonction publique. Il rencontre un succès mitigé. Seuls 3,7 % des adhérents potentiels cotisent pour acquérir des points Préfon. Un désintérêt qui s'explique notamment par la faible incitation à cotiser, le régime de retraite de la fonction publique garantissant un taux de remplacement égal à 75 %. «Cela a rendu les fonctionnaires moins sensibles à l'opportunité de souscrire une retraite supplémentaire que les salariés du privé, dont le taux de remplacement est de 50%», explique Philippe Crevel. De plus, le niveau de la pension servie dépendra de la valeur du point retraite, votée chaque année en conseil d'administration. Un système assez complexe qui ne permet pas à l'assuré d'avoir une idée précise de ce qu'il touchera.

La Préfon a été dépoussiérée début 2011. Si le principe reste le versement d'un complément de retraite sous forme de rente viagère (taxée selon le barème de l'impôt sur le revenu après un abattement de 10 %), il est désormais possible de récupérer 20 % des sommes placées en capital (taxées 7,5 %). Son principal attrait consiste néanmoins en la possibilité de réduire son impôt sur le revenu en cotisant. Comme pour le Perp, les sommes versées chaque année à la Préfon sont déductibles du revenu imposable, dans la limite de 28.281 euros pour les revenus 2011.

Madelin: un complément nécessaire pour les indépendants

Créés pour encourager les travailleurs non salariés (commerçants, artisans indépendants, professions libérales, dirigeants non salariés de société...) à se constituer une épargne retraite et un régime de prévoyance, les contrats Madelin sont aussi assortis d'avantages fiscaux. Comme pour la Préfon et le Perp, les cotisations versées sont déductibles des revenus professionnels imposables (BIC ou BNC). Le dispositif est même plus avantageux, puisqu'à la déduction égale à 10 % des revenus dans la limite de 28.281 euros s'ajoute une autre déduction équivalente à 15 % des revenus compris entre 35.352 euros (le plafond de la Sécurité sociale pour 2011) et 282.816 euros (huit fois le Pass). La déduction maximale est fixée à 65.401 euros. «Cotiser à ce régime est d'autant plus nécessaire pour les indépendants que les prestations de leur régime de retraite de base sont plus faibles que pour les salariés», explique Marc Darnault.

Selon le Cercle des épargnants, 61 % des indépendants disposent d'un contrat Madelin (prévoyance comprise). La FFSA dénombre 899.000 contrats pour un encours de 1,1 milliard d'euros. Les fonds placés - généralement sur des fonds en euros ou des unités de compte comme l'assurance-vie - ne sont récupérables que sous la forme d'une rente viagère (taxée selon le barème de l'impôt sur le revenu). Aucune sortie en capital n'est possible sauf dans les cas très précis d'une liquidation judiciaire ou de l'invalidité de l'épargnant. Enfin, contrairement aux autres placements retraite, les versements sur les contrats Madelin doivent être réguliers.

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