Premiers raids de la coalition contre l'EI en Syrie

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* Le Front al Nosra également visé par les raids aériens américains * Arabie saoudite, Emirats, Jordanie, Bahreïn et Qatar en soutien * Frappes menées à partir de navires en mer Rouge et dans le Golfe * L'EI pris pour cible dans les provinces de Rakka et Daïr az Zour (Actualisé avec précisions, contexte) par Phil Stewart et Tom Perry WASHINGTON/BEYROUTH, 23 septembre (Reuters) - Les Etats-Unis et plusieurs pays arabes ont mené mardi les premiers raids aériens et tirs de missiles contre des positions du groupe Etat islamique (EI) en Syrie, ouvrant un nouveau front, bien plus complexe que celui d'Irak, contre les djihadistes sunnites. Une cinquantaine de raids aériens ont visé des positions de l'EI dans les provinces orientales de Daïr az Zour et de Rakka, tuant au moins 20 combattants de cette organisation, a déclaré l'Observatoire syrien des droits de l'homme. D'autres raids aériens ont pris pour cible les positions du Front al Nosra, groupe affilié à Al Qaïda, dans deux provinces du nord-ouest de la Syrie, Alep et Idlib, ajoute l'OSDH. "Je peux confirmer que l'armée américaine et les forces de pays partenaires mènent des opérations militaires contre les terroristes de l'EI en Syrie avec des avions de chasse, des bombardiers et des missiles Tomahawk d'attaque au sol", a déclaré le contre-amiral John Kirby, porte-parole du département américain de la Défense. L'Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, la Jordanie, Bahreïn et le Qatar ont participé à ces raids, a déclaré le commandement central des forces américaines dans un communiqué. Les frappes ont été menées à partir de navires croisant en mer Rouge et dans le Golfe, dans le but d'empêcher des "attaques imminentes" contre les intérêts américains et occidentaux, a-t-il ajouté. L'armée jordanienne a précisé de son côté avoir mené des raids aériens contre des "groupes terroristes" qui projetaient des attentats en Jordanie. "Des appareils de l'armée de l'air ont détruit un certain nombre d'objectifs appartenant à des groupes terroristes qui cherchaient à commettre des actes terroristes sur le sol jordanien", a déclaré l'armée. OBAMA À L'ONU À NEW YORK A Londres, en revanche, les services du Premier ministre David Cameron indiquaient mardi matin que les forces britanniques ne participaient pas pour le moment aux opérations contre les islamistes en Syrie, la décision finale du Royaume-Uni n'ayant pas encore été prise. La France, qui a déjà mené un raid aérien contre l'EI en Irak, a déjà fait savoir par la voix de François Hollande qu'elle ne prendrait pas part aux opérations aériennes en Syrie. Selon la télévision publique syrienne, les Etats-Unis ont informé dès lundi la délégation syrienne à l'Onu que des positions de l'Etat islamique allaient être prises pour cibles à Rakka, à 400 km au nord-est de la capitale Damas. Washington avait déclaré précédemment que les Américains ne se coordonneraient en aucune façon avec les autorités syriennes en ce qui concerne la lutte contre l'EI. De longue date, la position de Barack Obama est de souhaiter voir le président Bachar al Assad quitter le pouvoir, notamment après l'utilisation d'armes chimiques par le régime syrien contre sa population en août 2013. Les frappes en Syrie ont débuté quelques heures avant l'arrivée de Barack Obama à New York pour l'Assemblée générale de l'Onu. Le président américain ne devrait pas manquer d'occasion d'appeler à l'élargissement de la coalition qu'il a entrepris de rassembler pour éradiquer l'Etat islamique. Elle réunit pour le moment une quarantaine de pays. Le président des Etats-Unis doit par ailleurs présider mercredi une séance du Conseil de sécurité consacrée au problème des candidats au djihad. Elle devrait donner lieu à l'adoption d'une résolution invitant les Etats membres de l'Onu à "prévenir et à empêcher" leurs déplacements. Sa décision d'intervenir militairement en Syrie, pays en proie à la guerre civile depuis trois ans, illustre la gravité de la menace que représente l'Etat islamique aux yeux du gouvernement américain, qui s'était jusqu'ici gardé de toute implication directe. Il y a un an, le président des Etats-Unis avait failli ordonner des frappes aériennes en représailles à des bombardements à l'arme chimique imputés aux forces gouvernementales qui ont fait de nombreuses victimes civiles dans la périphérie de Damas fin août 2013. Il y a finalement renoncé après la conclusion d'un accord sur le démantèlement de l'arsenal chimique syrien. (Phil Stewart, Suleiman al Khalidi, Missy Ryan et Steve Holland; Jean-Philippe Lefief et Eric Faye pour le service français, édité par Marc Angrand)

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