Premiers pas prudents pour Boris Johnson au Conseil européen

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 (Actualisé avec déclaration de Johnson) 
    BRUXELLES, 18 juillet (Reuters) - Le nouveau ministre 
britannique des Affaires étrangères, Boris Johnson, s'est 
efforcé d'éviter tout impair lundi pour sa première réunion avec 
ses homologues de l'Union européenne, qui n'étaient visiblement 
pas tous enchantés de s'asseoir à la même table que l'un des 
plus chauds partisans de la sortie du Royaume-Union de l'UE.  
    L'ex-maire de Londres, figure de proue de la campagne des 
partisans du Brexit avant le référendum du 23 juin, a été choisi 
par la nouvelle Première ministre Theresa May pour diriger la 
diplomatie britannique, une nomination qui a surpris de nombreux 
responsables européens, la diplomatie n'étant pas le trait le 
plus évident de son caractère. 
    Mais lundi, Boris Johnson s'est employé à afficher sa bonne 
volonté lors de son premier Conseil européen. 
    "Nous devons mettre en oeuvre la volonté du peuple et 
quitter l'Union européenne, mais cela ne signifie en rien que 
nous quittons l'Europe", a-t-il dit à la presse à son arrivée. 
     "Nous n'allons en aucune manière abandonner notre rôle de 
premier plan en matière de coopération européenne", a-t-il 
ajouté, avant de refuser de répondre aux questions des 
journalistes. 
    Dix heures plus tard, à son départ, il a assuré que la 
Grande-Bretagne souhaitait voir l'UE se développer et aller de 
l'avant.  
    Entretemps, il est resté relativement discret. Des images 
tournées dans la salle du Conseil l'ont montré en train de 
discuter avec ses homologues néerlandais, belge, luxembourgeois, 
espagnol et maltais avant la réunion.  
    "Rencontré de nombreux homologues de l'UE en tête-à-tête 
pour parler de la mise en application du vote sur l'UE, les 
discussions ont été positives et productives", a-t-il ensuite 
déclaré sur Twitter. 
     
    STEINMEIER SALUE UNE CLARIFICATION 
    Mais le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Marc 
Ayrault, qui l'a accusé la semaine dernière d'avoir menti 
pendant la campagne du référendum, est resté assis à sa place et 
l'allemand Frank-Walter Steinmeier, qui l'avait jugé 
irresponsable, regardait ailleurs. 
    Les premiers mots prononcés par Boris Johnson lors du 
Conseil l'ont été en français, pour rendre hommage aux victimes 
de l'attaque de Nice jeudi dernier. Il est ensuite repassé à 
l'anglais mais a encore employé le mot français "solidarité", 
ont rapporté des officiels présents. 
    Invité du Conseil, le secrétaire d'Etat américain, John 
Kerry, a donné une leçon indirecte au ministre britannique sur 
les bienfaits de la construction européenne. 
    "Je demande à quiconque remet en question l'importance de 
l'UE ou de sa relation avec les Etats-Unis (de prendre en 
compte) non seulement l'histoire que j'ai retracée, mais les 
progrès de la prospérité, la hausse du niveau de vie (...), 
l'amélioration des droits individuels dans l'UE, des résultats 
de ce que nous avons fait ensemble", a dit John Kerry.  
    Steinmeier a quant à lui pris acte du fait que Boris Johnson 
avait fait la distinction entre "l'Europe" et "l'UE" et qu'il 
avait "essayé de clarifier le fait que le Royaume-Uni resterait 
engagé dans des conflits comme la Syrie même s'il sort de l'UE". 
    Pour sa part, Jean-Marc Ayrault a constaté que son nouveau 
collègue britannique s'était comporté lundi "avec une certaine 
modestie". 
   
 
 (Robin Emmott et Gabriela Baczynska; Marc Angrand pour le 
service français) 
 
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