Premiers échanges en Asie, la livre et l'euro continuent de chuter

le , mis à jour à 05:00
0
    * Vers 02h30 GMT, la livre cède plus de 2% face au dollar, 
l'euro perd 1,15% 
    * L'attention des marchés se focalise sur la réaction des 
Européens 
    * Le niveau d'incertitude est "entre les mains" des 
responsables britanniques et européens, dit Christine Lagarde 
    * Réunion d'urgence à Tokyo entre le gouvernement et la 
banque du Japon 
 
 (Actualisé avec mi-séance à Tokyo, évolution des cours et 
réactions) 
    par Hideyuki Sano et Shinichi Saoshiro 
    TOKYO, 27 juin (Reuters) - La livre sterling et l'euro ont 
poursuivi leur mouvement de recul lundi sur les marchés 
financiers en Asie où les investisseurs s'inquiètent toujours 
des répercussions de la victoire du camp du "Brexit" au 
référendum de jeudi dernier au Royaume-Uni. 
    Après avoir plongé de plus de 10% face au dollar vendredi 
dans la journée et atteint son niveau le plus bas depuis 1985, 
la devise britannique avait fini à 1,3662 dollar vendredi soir à 
New York. Lundi vers 02h30 GMT, elle cédait 2,24% supplémentaire 
à 1.3393 dollar  GBP=D4 . 
    La devise britannique continue aussi de reculer face au yen, 
à 136,15 yens contre 139,64 vendredi, la devise japonaise jouant 
son rôle de valeur refuge  GBPJPY=R . 
    "Elle pourrait encore chuter puisque la Banque d'Angleterre 
pourrait réduire ses taux d'intérêt afin de soutenir l'économie 
dans la foulée du Brexit", relève Junichi Ishikawa, analyste 
chez IG Securities à Tokyo. 
    Dans une note à ses clients, la banque d'affaires Goldman 
Sachs estime dimanche que la Grande-Bretagne est susceptible 
d'entrer en récession dans l'année et que la croissance mondiale 
va en être freinée.   
    L'euro est également sous pression, cédant vers 02h30 GMT 
1,15% face au dollar à 1,0987  EUR= .  
    "L'attention se focalise désormais sur l'Europe, où un 
Brexit pourrait provoquer un effet domino sur des Etats voulant 
à leur tour quitter l'Union. Même si cela a déjà été débattu, la 
préoccupation principale sur le marché monétaire, c'est 
l'incertitude politique européenne qui aboutirait à une 
paralysie des politiques monétaires et budgétaires", ajoute 
Junichi Ishikawa. 
    La directrice générale du Fonds monétaire international 
(FMI), Christine Lagarde, qui s'exprimait dimanche lors d'un 
colloque à Aspen, a confirmé que la réaction des marchés 
dépendait désormais des mesures que prendront les dirigeants 
britanniques et européens pour gérer le divorce et limiter 
l'incertitude qui en découle. 
    "A ce jour, les responsables tant au Royaume-Uni qu'en 
Europe tiennent le niveau d'incertitude entre leurs mains. La 
manière dont ils agissent dans les prochains jours va vraiment 
influencer la direction que prendra le risque", a-t-elle dit. 
  
    Les élections législatives qui avaient lieu dimanche en 
Espagne, pour la seconde fois en six mois, n'ont pas permis de 
dégager de majorité évidente, ajoutant à l'incertitude politique 
sur le Vieux Continent. 
     
    STABILISER LES MARCHÉS 
    La Bourse de Tokyo, qui avait pris de plein fouet l'annonce 
de la victoire du camp du "Out" dans la nuit de jeudi à vendredi 
et clôturé la dernière séance de la semaine sur une chute de 
7,92%, est en revanche repassée dans le vert. 
    Après avoir ouvert sur une hausse de 1,34%, l'indice Nikkei 
 .N225  a poursuivi sa progression et prend 207,22 points, soit 
1,39%, à 15.159,24 à la mi-séance. L'indice Topix  .TOPX  gagne 
lui 0,92% à 1.215,58 points. 
    Un week-end a passé depuis l'annonce choc des résultats du 
référendum britannique, et de nombreuses questions restent sans 
réponse sur l'impact d'un Brexit sur les économies britannique 
et européennes, sur les modalités du divorce à venir et sur les 
initiatives que prendront les dirigeants européens face au 
risque de dislocation de l'ensemble communautaire. 
    Pour le ministre chinois des Finances, Lou Jiwei, il ne fait 
pas de doute que l'issue du référendum "va porter une ombre sur 
l'économie mondiale".  
    "Il est difficile de faire des prévisions à ce stade", 
a-t-il dit dimanche lors de la première réunion annuelle de la 
Banque asiatique d'investissement pour les infrastructures, à 
Pékin. "La réaction des marchés est probablement un peu 
excessive et il faut qu'ils se calment et voient la situation 
objectivement", a ajouté le ministre. 
    Les banquiers centraux ont promis au cours du week-end de 
faire tout ce qui serait en leur pouvoir pour contenir la 
volatilité des marchés financiers.  
    Le Premier ministre japonais Shinzo Abe, qui a réuni son 
gouvernement et la Banque du Japon, a demandé lundi de suivre le 
marché des changes "de plus près que jamais" et de prendre des 
mesures si nécessaire. 
    "Des risques et des incertitudes demeurent sur les marchés 
financiers", a-t-il dit. "Il nous faut continuer à travailler en 
vue d'une stabilité des marchés." 
    Dans la seule journée de vendredi, quelque 2.000 milliards 
de dollars se sont envolés en valeur sur les marchés mondiaux. 
    A Séoul, la présidente Park Geun-hye a déclaré lundi que 
toutes les mesures disponibles devaient être activées pour 
stabiliser les marchés et minimiser les retombées du vote 
britannique. 
 
 (avec David Lawder à Washington; Julie Carriat et Henri-Pierre 
André pour le service français) 
 

Valeurs associées
  Libellé Bourse Dernier Var. Vol.
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant

Partenaires Taux