Premières législatives en Irak depuis le retrait américain

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PREMIÈRES LÉGISLATIVES EN IRAK DEPUIS LE RETRAIT AMÉRICAIN
PREMIÈRES LÉGISLATIVES EN IRAK DEPUIS LE RETRAIT AMÉRICAIN

par Ned Parker et Ahmed Rachid

BAGDAD (Reuters) - Les Irakiens se sont rendus aux urnes mercredi pour les premières élections législatives depuis le départ des troupes américaines du pays à la fin 2011.

Le Premier ministre chiite, Nouri al Maliki, que ses détracteurs essentiellement sunnites accusent de dérive autoritaire après huit années au pouvoir, brigue un troisième mandat sur fond de violence et de vives tensions confessionnelles, qui pèsent sur l'activité économique.

Les électeurs sont invités à choisir parmi 9.012 candidats.

Les bureaux de vote doivent fermer à 15h00 GMT.

En l'absence de sondages fiables, il est difficile de prédire la composition du prochain parlement. La coalition de l'Etat de droit de Nouri al Maliki fait toutefois figure de favorite.

Le scrutin s'est déroulé sans incident majeur dans le centre et le sud de l'Irak mais la participation semblait faible dans les régions sunnites, théâtres de violences régulières imputées à des islamistes radicaux se revendiquant d'Al Qaïda.

Bagdad, où les véhicules n'avaient pas le droit de circuler, est restée calme. Les rues étaient bloquées par une multitude de barrages militaires, que les électeurs devaient franchir à pied pour se rendre aux bureaux de vote, entourés de véhicules Humvees et de fils barbelés.

Ce calme apparent contrastait avec les multiples explosions, pour la plupart dues à des bombes assourdissantes, qui avaient retenti dans la capitale lors du précédent scrutin en mars 2010.

Nouri al Maliki a été l'un des premiers à voter dans un hôtel voisin de la "zone verte", quartier fortifié où se trouve notamment le siège du gouvernement.

"J'invite le peuple irakien à se rendre aux urnes en grand nombre pour adresser un message dissuasif aux terroristes et leur infliger une gifle", a déclaré le Premier ministre.

Aucun parti ne semble en mesure de remporter la majorité des 328 sièges en jeu et la formation d'un gouvernement pourrait se révéler difficile même si l'Alliance de l'Etat de droit de Maliki semble devoir rester le premier groupe parlementaire.

Nouri al Maliki a toutefois affiché sa confiance en votant.

"Assurément, nos espoirs sont élevés", a-t-il dit. "Notre victoire est certaine mais nous en sommes toujours au point de discuter de son ampleur."

DOUZE MORTS DANS LES PROVINCES SUNNITES

Les slogans sans connotation communautaire et les promesses d'unité nationale des précédentes législatives ne sont plus de mise dans un pays où les attentats meurtriers sont quasi quotidiens.

Principal adversaire sunnite du Premier ministre, Oussama al Noudjaïfi a prévenu après avoir voté qu'il ne soutiendrait jamais une reconduction de Nouri al Maliki à la tête du gouvernement.

"Nous avons fixé des lignes rouges. Nous ne nous allierons en aucun cas avec le Premier ministre actuel", a dit le président du Parlement à la presse.

Oussama al Noudjaïfi a récemment déclaré que la minorité sunnite d'Irak souffrait du "terrorisme et des milices" à cause de Nouri al Maliki, qui cumule les ministères de la Défense, de l'Intérieur et de la Sécurité.

Depuis le début de l'année, les violences entre chiites et sunnites ont fait plus de 2.000 morts en Irak. A Bagdad, 180 civils ont été tués et 477 blessés pour le seul mois de mars.

Nouri al Maliki est censé profiter des divisions de ses adversaires et de son positionnement comme rempart pour les chiites, majoritaires, contre l'extrémisme sunnite dans la province occidentale d'Anbar et en Syrie voisine.

Le chef du gouvernement tire ainsi parti auprès des chiites de la guerre qu'il mène dans la province d'Anbar contre l'Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL), qui est implanté à Falloudja, encerclée par les forces de sécurité irakiennes, et livre une guérilla urbaine à Ramadi.

Ce groupe djihadiste sunnite issu d'Al Qaïda a menacé de tuer quiconque participerait aux élections.

A Ramadi, des habitants ont seulement commencé à s'aventurer en direction des bureaux de vote en fin de matinée. Des tireurs d'élite étaient postés sur les toits des écoles accueillant les opérations de vote tandis que l'armée et la police patrouillaient dans les rues.

Douze personnes sont mortes dans des violences électorales dans les régions sunnites.

La commission électorale a reconnu qu'elle ne pouvait garantir le déroulement du scrutin que dans 70% de la province d'Anbar, sans compter Falloudja.

(Avec Isra' al-Rube'ii, Rahim Salman, Isabel Cole à Souleimaniah, Ghazwan Hassan à Tikrit, Ali al-Mashadani à Ramadi, Mustafa Mahmoud à Kirkouk et Ali Sultan à Bakouba; Jean-Stéphane Brosse et Bertrand Boucey pour le service français)

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  • ttini le mercredi 30 avr 2014 à 17:35

    elle est bizare comme Femen ?!