Premières législatives en Croatie depuis l'adhésion à l'UE

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par Igor Ilic ZAGREB, 7 novembre (Reuters) - Les Croates sont appelés aux urnes ce dimanche pour des élections législatives que les sondages prévoient serrées mais avec un léger avantage à la "Coalition patriotique", le bloc conservateur constitué autour du parti HDZ. Les derniers sondages prévoient que cette Coalition patriotique pourrait l'emporter avec cinq sièges d'avance, ce qui risque de déboucher sur de longues tractations avec les petits partis en vue de la formation d'un gouvernement de coalition. Les bureaux de vote doivent ouvrir leurs portes à 07h00 locales (06h00 GMT) et ils fermeront à 19h00 (18h00 GMT). Les premiers résultats officiels seront communiqués aux alentours de 22h00 (21h00 GMT). Il s'agit du premier scrutin législative dans ce pays depuis son entrée dans l'UE en 2013. Le bloc conservateur défend une position relativement plus ferme que les sociaux-démocrates au pouvoir sur la question des contrôles frontaliers pour gérer l'afflux de migrants qui fuient les conflits moyen-orientaux et transitent par les Balkans pour atteindre l'Europe de l'Ouest. Le HDZ, qui a mené la Croatie vers l'indépendance vis-à-vis du reste de la Yougoslavie et l'a dirigée durant la guerre de 1991-95, joue sur les valeurs nationalistes et celles de la famille dans ce pays essentiellement catholique de 4,4 millions d'habitants. Il accuse le gouvernement de centre gauche d'avoir fait preuve de laxisme et d'une mauvaise organisation dans sa gestion de la crise des migrants, qui affluent en provenance de Serbie au rythme de 5.000, voire 10.000 par jour, même s'ils passent ensuite rapidement en Slovénie puis en Autriche et en Allemagne. Selon certains politologues, il n'est pas impossible que le HDZ ait du mal à obtenir suffisamment de soutiens au parlement pour constituer un gouvernement, cela même s'il remporte le scrutin, ce qui laisserait des chances aux sociaux-démocrates sortants de se maintenir au pouvoir. "Pour le moment, il est plutôt difficile de dire quel camp aura la faveur des petits partis", déclarait le politologue Viseslav Raos. LE HDZ ATTAQUE SUR LE TERRAIN ECONOMIQUE Les signes de reprise économique et les efforts mis en oeuvre pour gérer sans heurts l'afflux de migrants ont permis au Premier ministre Zoran Milanovic et aux sociaux-démocrates de regagner en popularité ces derniers mois. Confronté à l'afflux de dizaines de milliers de migrants depuis la mi-septembre, le gouvernement Milanovic s'est efforcé de les héberger provisoirement et d'assurer leur passage, à l'exception de brèves fermetures des postes-frontières avec la Serbie. "Je ne pense pas que la question des migrants aura un impact sur le résultat des élections", estimait cette semaine Kresimir Milakovic, un ingénieur. "C'est vrai que nous voyons et entendons chaque jour des nouvelles sur les migrants, mais la majeure partie des gens éprouvent de la compassion pour eux; d'autres en éprouvent moins". Le HDZ a attaqué le gouvernement sur le terrain économique, en lui reprochant de ne pas soutenir suffisamment la reprise, après des années de récession qui ont fait reculer la production nationale de 13% depuis 2008. Le taux de chômage avoisine les 16% de la population active, contre une moyenne d'un peu plus de 9% pour l'ensemble de l'Union européenne. La Croatie, devenue à la mi-2013 le 28e membre de l'Union européenne, en est l'un des pays les moins riches et dépend fortement des touristes étrangers qui affluent chaque été sur la côte et les îles de l'Adriatique. Le PIB devrait progresser de 1,2% cette année et de 1,5% en 2016. Quant à la dette publique, elle avoisine les 90% du PIB et le déficit budgétaire devrait être compris, cette année, entre 4,5% et 5%. Les deux grandes formations politiques s'engagent à consolider le redémarrage de l'économie et à la rencontre plus compétitive. Mais, de l'avis des économistes, elles restent vagues quant aux moyens pour y parvenir et aucune n'a dit comment elle allait s'attaquer à un secteur public hypertrophié, résoudre les problèmes de l'assurance retraite, des entreprises nationales déficitaires et d'un système de santé mal géré. "Aucune des deux plus grandes coalitions n'a dit clairement comme elle s'attaquerait aux problèmes économiques les plus importants. Leurs messages en sont restés aux généralités, avec une tonalité populiste", a déclaré le syndicat patronal, HUP. (Eric Faye pour le service français)

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