Premières critiques au plan de soutien à l'automobile

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(lerevenu.com) - Le constat dressé par le gouvernement décrit le «déclin alarmant de la filière automobile française», qui emploie encore 800 000 salariés. La France ne produit plus de 2,2 millions de véhicules par an (2011), soit une contraction de 37% par rapport à 2005. En dix ans, «l'emploi dans l'automobile a reculé de 30%». Et, poursuit le rapport «Automobile», un tiers des véhicules immatriculés en France est fabriqué sur le territoire français.

Le Plan automobile s'articule autour de «huit leviers d'action», le premier étant les moyens pour «encourager l'achat de véhicules populaires propres» : les achats de véhicules électriques donneront droit à un bonus porté de 5 000 à 7 000 euros maximum ; pour les véhicules hybrides, y compris ceux achetés par les sociétés, le bonus est relevé à 4 000 euros ; quant aux véhicules à propulsion classique, essence ou Diesel, le bonus est augmenté de 100 à 150 euros, pour ceux faiblement émetteurs de carbone. La hausse de ces bonus est valable jusqu'à fin décembre prochain, l'ensemble du dispositif bons-malus «sera précisé en loi de finances 2013».

Dans ce même levier d'action, le Plan automobile précise que l'État équipera au moins le quart de sa flotte de véhicules hybrides, sachant que ceux à usage urbain devront être électriques. Les collectivités locales et les entreprises publiques devront suivre cet exemple. Par ailleurs, le gouvernement encouragera le déploiement de bornes de recharge de véhicules électriques, en particulier à l'aide d'une dotation initiale de 50 millions d'euros, en l'attente de co-financements de la BEI.

Le deuxième levier d'action du Plan automobile prévoit une enveloppe de 600 millions d'euros de financements destinés aux PME du secteur, dont 150 millions en trésorerie apportés par Oséo, 300 millions «pour investir dans l'appareil productif et moderniser la filière», 120 millions d'aides à la réindustrialisation et 50 millions de subventions pour «des actions de performance (mutualisation de moyens de conception, de production, de services par exemple)». Les six autres leviers d'action du Plan invoquent des principes, entre autres, d'innovation, de solidarité dans la filière, ou de préservation de l'emploi. Le gouvernement souhaite, enfin, la création d'une filière de la déconstruction et du recyclage.

Le président du directoire de PSA Peugeot Citroën, Philippe Varin, a salué ces aides mais les associations Greenpeace, le Réseau Action climat France et Agir pour l'environnement ont dit être «déçues» par le contenu de plan d'aide à la filière automobile présenté dans la matinée en conseil des ministres. Ces associations le jugent «insuffisant» en matière d'efficacité énergétique des véhicules et «disproportionné» par l'incitation à l'achat de véhicules électriques. Par ailleurs, Guillaume Cairou, président du Club des Entrepreneurs, membre de CroissancePlus a réagi à l'annonce de ce plan en critiquant les mesures de soutien à PSA : « Le vrai problème de l'industrie automobile est le coût du travail. Le prêt de 3 milliards d'euros en 2009 et la prime à la casse d'1 milliard d'euros jusqu'en 2010 n'ont conduit PSA qu'à se reposer sur des acquis dépassés et à ne pas se renouveler. Ces aides n'ont eu qu'une seule conséquence : la fermeture du site de production d'Aulnay parce que les Français n'ont acheté que des petits véhicules.»

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