Première visite d'Etat du président afghan au Pakistan

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(Précisions, armée pakistanaise) ISLAMABAD, 14 novembre (Reuters) - Le nouveau président afghan, Ashraf Ghani, est arrivé vendredi au Pakistan pour sa première visite en tant que chef d'Etat, afin de tenter d'améliorer les relations passablement dégradées entre les deux pays. A l'occasion de cette visite de deux jours, l'armée pakistanaise a souligné que la sécurité des deux pays voisins était "inextricablement liée". Afghanistan et Pakistan s'accusent mutuellement d'autoriser les insurgés islamistes à se servir de leurs territoires respectifs comme des bases arrière à partir desquelles ils fomentent et mènent des attentats meurtriers. Sur Twitter, le général Asim Bajwa, chef du service de relations publiques de l'armée pakistanaise, souligne que la visite de Ghani se déroule dans une atmosphère positive et que les discussions se concentreront notamment sur la coopération militaire afin d'assurer la sécurité à la frontière commune. "Sécurité, stabilité, un objectif partagé. Notre sécurité est inextricablement liée", écrit-il. Ashraf Ghani a rencontré le ministre pakistanais des Finances Ishaq Dar et les deux hommes sont convenus de doubler en deux ans les relations commerciales bilatérales, à cinq milliards de dollars, précise un communiqué afghan. Les discussions entre Ashraf Ghani, en fonction depuis septembre, et le Premier ministre pakistanais Nawaz Sharif porteront sur des sujets variés, a indiqué un porte-parole du ministère pakistanais des Affaires étrangères. "La paix et la stabilité, tout ce qui a trait à la coopération bilatérale, l'engagement politique, la coopération économique et le programme de formation, toutes ces questions seront sur la table", a dit Tasnim Aslam. L'une des principales préoccupations du Pakistan est l'influence grandissante en Afghanistan de sa rivale l'Inde alors que le retrait des troupes combattantes de l'Otan doit s'achever à la fin de l'année. Suivant un accord bilatéral, l'Inde a contribué à l'entraînement de centaines d'officiers de sécurité afghans. Islamabad a réagi en proposant à l'Afghanistan un programme d'entraînement militaire au niveau des brigades mais les Afghans ont refusé la proposition, soupçonnant les Pakistanais d'abriter des insurgés afghans. Le gouvernement de Kaboul a, en outre, demandé à plusieurs reprises que lui soit livré le mollah Abdoul Ghani Baradar, numéro deux des taliban afghans, capturé au Pakistan en 2010. Les Afghans estiment qu'il pourrait jouer un rôle essentiel dans les négociations de paix. Sharif aborde cette rencontre dans une position de faiblesse politique, son gouvernement étant l'objet de contestations, et après avoir eu maille à partir avec les militaires, acteurs essentiels dans le jeu politique pakistanais qui estiment que la sécurité et la diplomatie relèvent de leur domaine. (Katharine Houreld; Pierre Sérisier et Guy Kerivel pour le service français, édité par Tangi Salaün)

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