Première salve syndicale contre le projet El Khomri

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PREMIÈRE SALVE SYNDICALE CONTRE LE PROJET DE RÉFORME DU DROIT DU TRAVAIL
PREMIÈRE SALVE SYNDICALE CONTRE LE PROJET DE RÉFORME DU DROIT DU TRAVAIL

PARIS (Reuters) - Neuf des dix syndicats réunis mardi par la CGT pour discuter du projet de réforme du droit du travail porté par la ministre du Travail Myriam El Khomri ont appelé dans la soirée à l'abandon du plafond des indemnités prud'homales et des mesures qui selon eux "accroissent le pouvoir unilatéral des employeurs".

La CGT avait lancé lundi l'initiative de cette intersyndicale qui s'est réunie dans ses locaux, à Montreuil, près de Paris, en l'absence toutefois de la CFTC.

"Les organisations signataires ne sont pas satisfaites de ce projet et demandent le retrait de la barémisation des indemnités prud'homales dues en cas de licenciement abusif et des mesures qui accroissent le pouvoir unilatéral des employeurs", peut-on lire dans un texte signé par la CFDT, la CFE-CGC, la CGT, la FSU, Solidaires, l'Unsa, l'Unef, l'UNL et la Fidl (lycéens).

"Le fait que nous ayons réussi à nous retrouver tous, toutes les organisations syndicales (...), cela montre combien la situation est aujourd'hui préoccupante", a déclaré sur BFM TV la secrétaire générale de la FSU, Bernadette Groison.

L'intersyndicale ne s'est pas prononcée sur une éventuelle action commune mais a décidé d'organiser une nouvelle réunion le 3 mars prochain pour poursuivre le travail en commun sur ce texte et faire d'autres propositions.

"Nous verrons dans les jours qui viennent mais il est clair que nous ne laisserons pas passer ce projet de loi sans chercher à peser, sans chercher à ce que le gouvernement entende ce que nous avons à dire et sans faire intervenir les salariés si nous n'étions pas entendus", a indiqué Bernadette Groison à l'issue de la réunion.

Elle a précisé au micro de BFM TV que certaines organisations avaient annoncé au cours de la réunion être "favorables à des initiatives ou à des actions".

Le texte n'a en revanche pas été paraphé par Force ouvrière, qui a participé à la réunion.

Jean-Claude Mailly, secrétaire général de FO, a précisé dans un entretien publié en début de soirée sur le site internet des Echos que son syndicat ne s'"engager(ait) pas sur un texte a minima".

"Nous sommes prêts à discuter d'une date de mobilisation dans la rue", a-t-il déclaré dans cette interview, au cours de laquelle il qualifie le projet de réforme du droit du travail d'"inamendable" et appelle à son rejet.

Les organisations signataires précisent dans leur document commun être "porteuses de propositions" et "disponibles pour engager le dialogue permettant le développement de l'emploi, la lutte contre la précarité et la sécurisation des droits des salarié(e)s."

La ministre du Travail doit présenter lors du conseil des ministres du 9 mars ce texte qui prévoit un assouplissement du code et du marché du travail, réclamé de longue date par le patronat et qui cristallise déjà les critiques d'une partie de la gauche et les syndicats.

La bataille se joue également en ligne et face à la contestation, le gouvernement a publié un argumentaire pour défendre ce projet de loi, sous la forme d'un "vrai/faux".

Quant à la pétition numérique lancée par des militants associatifs et intitulée "Loi Travail: non merci!", elle affichait mardi en fin de soirée plus de 400.000 signatures.

(Myriam Rivet, édité par Pierre Serisier)

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