Premier vol réussi pour le petit lanceur européen Vega

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VEGA DÉCOLLE DE GUYANE
VEGA DÉCOLLE DE GUYANE

KOUROU, Guyane française (Reuters) - La première fusée Vega, le plus petit des trois lanceurs utilisés à partir du centre spatial de Kourou, en Guyane française, a effectué lundi avec succès son vol inaugural pour le compte de l'Agence spatiale européenne (ESA).

La fusée a décollé du site de lancement de Kourou à 07h00, heure locale (11h00 GMT), et la mission a duré 90 minutes. Comme prévu, neuf satellites ont été mis en orbite par ce lanceur qui complète les services du lanceur lourd Ariane 5 et de celui de catégorie moyenne Soyouz.

"Un nouveau membre de la famille des lanceurs (européens) est né", a dit Jean-Jacques Dordain, directeur général de l'Agence spatiale européenne. "Il s'agit du début d'une nouvelle vie opérationnelle que nous espérons longue et réussie".

Au bout de 55 minutes, Vega a placé sur orbite le satellite Lares, développé par l'agence spatiale italienne pour mesurer le phénomène de distorsion du temps provoqué par la rotation de la Terre.

Puis, le microsatellite de recherche ALMASat-1, développé par l'Université de Bologne à des fins d'expérimentation a été lui aussi mis en orbite, en même temps que sept nanosatellites scientifiques réalisés par les universités membres de l'ESA.

Le consortium européen Arianespace voit dans ce lanceur, plus léger qu'Ariane 5 ou la fusée russe Soyouz, le moyen de se développer sur le marché des petits satellites d'observation de la Terre, où la demande est de plus en plus forte.

GAMME COMPLÈTE

Laurent Wauquiez, ministre français de l'Enseignement supérieur et de la Recherche chargé de l'Espace, a estimé qu'avec Vega l'Europe disposait désormais d'une "gamme complète de lanceurs" et renforçait "son autonomie d'accès à l'espace".

Le dernier-né des lanceurs européens aura mis une décennie pour voir le jour. Son développement a débuté en 2003 et a associé sept États membres de l'ESA (Belgique, Espagne, France, Italie, Pays-Bas, Suède et Suisse).

Il est destiné aux satellites de petite taille, entre 300 et 2500 kg. Vega répond principalement aux exigences d'un marché des satellites scientifiques de plus en plus miniatures et économes.

Le programme de développement de Vega aura coûté plus d'un milliard d'euros, en comptant les vols inauguraux. Un budget assumé à près de 60% par l'Italie, le deuxième contributeur étant la France avec une participation de près de 25%.

Ce premier lancement - le seul de l'année - doit permettre de valider l'ensemble de lancement Vega en vue d'une exploitation commerciale sur le marché international dans ce créneau très porteur des petits satellites.

"Nous avons pris un bon départ puisque nous avons déjà signé deux contrats commerciaux de lancement", a déclaré lundi Jean-Yves Le Gall, directeur général d'Arianespace.

Chaque Vega coûtera environ 30 à 40 millions d'euros.

Jessy Xavier, avec Alex Miles, édité par Patrick Vignal et Gilles Trequesser

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