Premier revers important des Houthis dans le sud du Yémen

le , mis à jour à 19:19
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* Les milices sunnites expulsent les Houthis de Dalea-habitants * Les discussions de paix du 28 mai reportées-responsable yéménite (Actualisé avec précisions, citations, contexte) par Mohammed Mukhashaf et Mohammed Ghobari ADEN/LE CAIRE, 25 mai (Reuters) - Les rebelles chiites houthis ont été repoussés lundi par les milices sunnites de la plus grande partie de la ville de Dalea, dans le sud du Yémen, essuyant ainsi leur premier revers important en deux mois de guerre civile. Dalea, qui compte environ 90.000 habitants, était un bastion des sécessionnistes du sud avant que les Houthis ne prennent le contrôle de la ville en mars, après s'être emparés de la capitale Sanaa, située dans le nord, en septembre dernier. Ils ont renversé le président Abd-Rabbou Mansour Hadi pour ensuite pousser vers le centre et le sud du pays. Après deux mois de combats qui ont détruit une grande partie de Dalea, les combattants sunnites ont renversé la vapeur lundi en s'emparant d'une base militaire importante et du siège local des services de sécurité. Douze combattants sunnites et 40 rebelles houthis ont été tués, apprend-on auprès des milices et des habitants. "Dans d'intenses combats qui ont duré de l'aube à cet après-midi, la résistance du sud a réussi à nettoyer notre ville des éléments houthis", a déclaré un milicien de la ligne de front. Les forces présentes à Dalea ont été appuyées par des semaines de frappes aériennes de l'Arabie saoudite et de ses alliés sur les positions houthies ainsi que par une intensification des largages d'armes ces derniers jours, indiquent des témoins. La coalition arabe sous conduite saoudienne mène des raids aériens contre les Houthis et contre leurs alliés depuis le 26 mars. L'Arabie saoudite et les autres pays sunnites du Golfe craignent qu'une victoire totale des Houthis au Yémen ne permette à l'Iran, allié des miliciens chiites yéménites, de prendre pied dans la péninsule arabique. LES HOUTHIS GARDENT L'AVANTAGE Toutefois, les Houthis, semblent demeurer le groupe le plus important dans la guerre civile. Ils gardent globalement l'avantage dans les régions contestées du centre et du sud du Yémen. Ils disent avoir pris les armes pour chasser les autorités corrompues et les miliciens sunnites. Dans le sud, à Taëz, les Houthis ont repoussé une attaque de combattants tribaux et d'islamistes lors de violents combats de rue, tandis que les bombardements touchaient un dépôt de carburant ce qui a déclenché une explosion qui a tué dix personnes, ont rapporté des habitants. Les combats au sol s'intensifiant, un responsable yéménite a déclaré que les pourparlers de paix prévus le 28 mai à Genève sous l'égide des Nations unies avaient été reportés. Le gouvernement en exil yéménite, dirigé par le président Abd Rabbou Mansour Hadi, exige des Houthis qu'ils reconnaissent son autorité et se retirent des grandes villes du Yémen, deux points fixés par une résolution du Conseil de sécurité des Nations unies adoptée en avril. "La réunion de Genève a été reportée sine die car les Houthis n'ont pas manifesté de volonté d'appliquer la résolution du Conseil de sécurité", a déclaré Sultan al Atouani, conseiller du président Hadi, joint par téléphone à Ryad. "Egalement, ce qui se passe sur le terrain -les attaques sur Aden, Taëz, Dalea et Chaboua- rendent la venue à Genève difficile", a-t-il ajouté en égrenant le nom des provinces du sud devenues des zones de guerre. Ahmad Faouzi, porte-parole des Nations unies à Genève, a dit ne pas pouvoir confirmer les informations sur un report des discussions. Les plans sont toujours en cours pour que les discussions commencent jeudi, a-t-il dit. (Avec Tom Miles à Genève; Eric Faye et Danielle Rouquié pour le service français)

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