PPR vise la Chine en s'offrant le joaillier Qeelin

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par Pascale Denis

PARIS (Reuters) - PPR, qui vient de réaliser sa première acquisition chinoise en prenant une participation majoritaire dans le joaillier Qeelin, entend principalement développer la marque en Chine et n'exclut pas d'autres acquisitions ciblées en Asie.

Cette acquisition de taille très modeste - les ventes de la marque avoisinent les 30 millions d'euros - s'inscrit dans la stratégie de PPR de procéder à des acquisitions ciblées de petites marques que le groupe pense pouvoir fortement développer, comme il l'a fait avec le maroquinier Bottega Veneta ou la griffe Balenciaga.

PPR, également propriétaire de Gucci, Saint Laurent ou Puma, avait déjà fait savoir qu'il était à l'affût d'une acquisition en Chine et ne cachait pas son intérêt pour la joaillerie, un secteur dans lequel sa présence reste modeste, avec Boucheron pour seule marque de son portefeuille.

Le chiffre d'affaires de Qeelin comme le montant de la transaction n'ont pas été divulgués.

"Ses ventes sont inférieures, mais du même ordre que celles de Bottega Veneta lors de son acquisition par PPR", a déclaré Alexis Babeau, directeur général adjoint du pôle luxe de PPR, lors d'une conférence téléphonique.

Elles avoisinent donc la trentaine de millions d'euros, celles du maroquinier italien étant de 34 millions lors de son rachat en 2001.

La valeur d'entreprise de Qeelin serait d'environ 70 millions d'euros, selon les analystes de CA Cheuvreux.

La marque, créée en 2004 par le français Guillaume Brochard et le designer chinois Dennis Chan, est profitable et dispose, selon Alexis Babeau, d'un "énorme potentiel de développement".

Alexis Babeau a également réaffirmé que PPR restait à l'affût d'autres acquisitions ciblées, en Chine comme ailleurs.

DÉVELOPPER LE RÉSEAU DE BOUTIQUES

PPR, qui entend développer le réseau de magasins de Qeelin en Chine, s'est refusé à toute indication sur ses objectifs.

La marque compte aujourd'hui 14 boutiques, dont 11 en Chine (quatre en propre à Hong Kong et sept en franchise en Chine continentale), une à Paris et deux à Londres.

Le prix moyen de ses bijoux, fortement inspirés par l'univers chinois, comme des pandas ou des dragons en pendentifs de diamants, oscille autour de 4.000 euros.

"La marque est petite par la taille mais grande par le potentiel sur le marché chinois et asiatique", a poursuivi Alexis Babeau. Elle s'intègre aussi très bien, selon lui, dans le portefeuille de PPR qui vise à ne pas avoir de concurrence entre ses différentes marques.

Pour la développer, PPR entend faire jouer des synergies, notamment en matière de recherche d'emplacements et d'achats d'espace, a-t-il poursuivi.

En Chine, Hermès a suivi un autre chemin en créant de toutes pièces une marque chinoise, Shang Xia, qui va ouvrir sa deuxième boutique en Chine et s'apprête à ouvrir son premier magasin parisien dans le courant de 2013.

"Pour moi, il s'agit d'une acquisition microscopique et opportuniste. Je ne pense pas que PPR y place des ambitions démesurées. Nous ne sommes pas face à un maroquinier italien au savoir-faire unique", a commenté un analyste sous couvert d'anonymat, faisant allusion à Bottega Veneta, la pépite du cuir tressé dont PPR a multiplié les ventes par 20 en l'espace de dix ans.

La clientèle chinoise, devenue la première clientèle du luxe, tire les ventes du secteur depuis plusieurs années. Après un ralentissement lié au tassement économique et à la transition politique en Chine, certains observateurs estiment que la consommation de produits de luxe devrait repartir de l'avant dans le pays.

En Bourse, l'action PPR était quasi stable à 15h10 (-0,07%) à 141,9 euros, tandis que l'indice CAC 40 cédait 0,18%.

Edité par Dominique Rodriguez

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