PPR reprend sa filiale Puma en mains et remercie son DG

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LE DG DE PUMA REMERCIÉ
LE DG DE PUMA REMERCIÉ

par Pascale Denis

FRANCFORT/PARIS (Reuters) - Signant sa reprise en main par PPR, Puma, en proie à de grandes difficultés, a annoncé mercredi le départ de son directeur général Franz Koch.

Cette annonce intervient quelques jours à peine après la nomination de Jean-François Palus, directeur général délégué du groupe PPR et proche du PDG François-Henri Pinault, comme président de la marque allemande. Une nomination qui avait déjà marqué une reprise plus directe des opérations par PPR.

Franz Koch, 33 ans, avait été nommé il y a seulement 18 mois et un successeur devrait lui être trouvé d'ici le printemps 2013.

"Nous poursuivrons la réorganisation de l'entreprise, nous privilégierons l'innovation et le marketing des produits et nous continuerons à allouer les ressources nécessaires au développement de la marque", déclare Jean-François Palus dans un communiqué.

Le groupe français s'est refusé à tout autre commentaire sur le départ de Franz Koch, qui n'a guère surpris les analystes compte tenu des récentes critiques émises par Jean-François Palus vis-à-vis de l'équipementier.

PPR, qui s'est fixé pour stratégie de se développer autour du luxe (Gucci, Bottega Veneta, Balenciaga ou Yves Saint Laurent) et de la mode sportive (Puma, Volcom), se doit de remettre Puma sur les rails, alors que la marque ne parvient pas à convaincre face aux géants Adidas et Nike.

Détenu à 80% par PPR, Puma reste à la peine et voit sa croissance et sa rentabilité s'éroder depuis plusieurs années. La crise en Europe, mais aussi une baisse de ses ventes en Chine ont encore aggravé la situation.

Après un avertissement sur ses résultats 2012, en juillet, la société a annoncé des résultats encore inférieurs aux attentes en octobre. Elle a renforcé dans la foulée son programme d'économies et entamé une refonte de sa gamme de produits.

L'ÉPINE DANS LE PIED DE PPR

La marque a notamment pâti, selon les observateurs, d'une offre peu satisfaisante dans les chaussures de sport dites "techniques".

Puma se révèle être une vraie épine dans le pied de PPR.

"Cette acquisition a été un vrai fiasco et PPR, qui voulait probablement en faire une grande marque de mode a raté son but", commente un analyste qui a souhaité garder l'anonymat.

Sur un marché redoutablement compétitif, Puma n'a jamais pu s'imposer face à des concurrents beaucoup plus gros et beaucoup plus puissants.

"PPR clôt le chapitre Jochen Zeitz. Ils repartent à zéro", commente un autre analyste, faisant référence à celui qui fut à la tête de Puma pendant 18 ans.

PPR avait acquis une participation majoritaire dans l'équipementier en 2007 au prix de 330 euros par action.

Le titre vaut aujourd'hui 225,80 euros (+0,3% depuis janvier). A ce niveau de cours, sa capitalisation boursière ressort à 3,4 milliards d'euros.

Avec Maria Sheahan à Francfort et Dominique Vidalon à Paris, édité par Jean-Michel Bélot marc.angrand.thomsonreuters.com@reuters.net))

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