PPR officialise son projet de scission de la Fnac

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SCISSION D'AVEC PPR ET MISE EN BOURSE DE LA FNAC OFFICIALISÉES
SCISSION D'AVEC PPR ET MISE EN BOURSE DE LA FNAC OFFICIALISÉES

par Pascale Denis

PARIS (Reuters) - PPR a officialisé mardi son projet de scission et de mise en Bourse de la Fnac en 2013, accélérant ainsi son recentrage sur les activités plus rentables du luxe et de la mode sportive.

Le groupe, propriétaire de Gucci, Yves Saint Laurent ou Bottega Veneta pour ses actifs dans le luxe, mais aussi de l'équipementier sportif Puma ou de Volcom, fabricant américain de vêtements liés aux sports de glisse, avait entamé sa sortie de la distribution en 2006 avec le Printemps.

Il avait ensuite cédé et mis en Bourse une participation majoritaire dans CFAO (distribution automobile et pharmaceutique en Afrique) fin 2009, puis vendu Conforama (ameublement) au sud-africain Steinhoff en 2011.

Entre ses deux actifs de distribution restants, Redcats (vente à distance) et la Fnac, PPR avait choisi de lancer officiellement le processus de vente du premier, qui se révèle laborieux.

Une cession de la Fnac, dans une passe difficile, semblait quant à elle beaucoup plus lointaine et de l'avis des analystes, PPR a opté pour une scission faute de pouvoir espérer trouver un acheteur dans un avenir proche.

Il a fait savoir mardi que son conseil d'administration avait validé "à l'unanimité" le principe de la scission et de la mise en Bourse de la Fnac.

Ces derniers jours, des sources proches du dossier avaient largement fait état d'un projet de scission, confirmé mardi par les syndicats de l'enseigne.

La scission de la Fnac se ferait sur le modèle de Dia et Carrefour, ou d'Edenred et Accor, soit la distribution d'actions Fnac aux actionnaires de PPR selon une parité déterminée.

PERSPECTIVES INCERTAINES

Le distributeur de produits culturels a limité à 1% le recul de ses ventes au premier semestre mais a accusé une perte opérationnelle de sept millions d'euros.

Il souffre à la fois d'une exposition à des marchés fragilisés par la dématérialisation (livres, films, disques) et la baisse de la consommation (produits techniques), mais aussi d'une forte exposition aux pays d'Europe touchés par la crise.

Restera aux dirigeants de l'enseigne à convaincre du potentiel de son potentiel.

Son PDG Alexandre Bompard estime que ce projet "s'inscrit permettra à la Fnac de mettre en oeuvre sa stratégie de croissance durable de façon autonome".

La société a engagé un plan de redressement baptisé Fnac 2015, passant notamment par un plan d'économies de 80 millions d'euros et par une diversification de son offre vers certains produits d'électroménager ciblés.

A ce stade, les analystes, comme ceux de Raymond James, estiment qu'il est encore trop tôt pour juger des retombées de ce plan, le moindre déclin de ses ventes au premier semestre s'étant accompagné de nouvelles pressions sur les marges.

PPR a également confirmé qu'il ferait prochainement une annonce concernant Redcats, son pôle de vente à distance, mais précise que "l'ensemble du processus devrait durer plusieurs mois".

De l'avis de nombre de banquiers, les actifs américains de la société (OneStopPlus, Sportsman's Guide) devraient être cédés séparément à des investisseurs financiers, tandis que la vente du pôle enfants-famille (Cyrillus, VertBaudet) et de La Redoute semble nettement plus lointaine.

Edité par Matthieu Protard

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