Pouvoir et opposition vont discuter dimanche au Venezuela

le , mis à jour à 23:18
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 (Actualisé avec déclaration du pape) 
    par Diego Oré et Anggy Polanco 
    SAN CRISTOBAL, Venezuela, 24 octobre (Reuters) - Le 
gouvernement socialiste vénézuélien et l'opposition vont mener 
des discussions, dimanche, sur fond d'aggravation de la crise 
politique et de manifestations en cours depuis la suspension du 
processus de référendum révocatoire visant le président Nicolas 
Maduro. 
    Les deux parties se retrouveront sur l'île Margarita, ont 
annoncé lundi le gouvernement, l'opposition et le nonce 
apostolique (ambassadeur) du Vatican au Venezuela. 
    "Le dialogue se concrétise", a déclaré à la presse un 
responsable du Parti socialiste au pouvoir, Jorge Rodriguez. Les 
discussions se dérouleront sous l'égide du Vatican, de l'Unasur 
(Union des nations sud-américaines) et de trois anciens chefs 
d'Etat. 
    Les discussions passées entre les deux camps n'ont pas donné 
de résultats déterminants. 
    Nicolas Maduro, qui effectue actuellement une tournée dans 
des pays producteurs de pétrole, a fait halte lundi au Vatican 
où il a été reçu en audience privée par le pape François, qui 
l'a exhorté à engager un dialogue avec l'opposition. 
    "Enfin, nous engageons un dialogue entre l'opposition et le 
gouvernement légitime", a dit Maduro à Rome, après avoir été 
reçu par le pape. 
    Le souverain pontife a demandé à Nicolas Maduro de "suivre 
courageusement la voie d'un dialogue sincère et constructif, 
afin d'atténuer les souffrances de la population, et avant tout 
des pauvres, et afin de favoriser un retour à un climat de 
cohésion sociale qui permettra aux gens de regarder avec espoir 
vers l'avenir du pays", a déclaré le Vatican dans un communiqué. 
    Le Vatican avait accepté en septembre d'accompagner le 
dialogue entre le chef de l'Etat et ses opposants, mais aucun 
rapprochement n'est intervenu jusqu'à présent entre les deux 
camps. 
     
    PAS DE CAMPAGNE DE SIGNATURE 
    L'opposition appelle à manifester mercredi dans tout le 
pays, alors que le Venezuela traverse sa troisième année de 
récession économique et vit à l'heure des pénuries alimentaires 
et de l'inflation galopante. 
    Lundi, des groupes de jeunes cagoulés ont brûlé des ordures 
et érigé des barricades à San Cristobal, ville proche de la 
frontière colombienne. Plusieurs centaines d'étudiants ont 
défilé dans les rues de ce bastion de l'agitation anti-Maduro, 
où ont eu lieu les violences les plus graves lors des troubles 
d'il y a deux ans. 
    "Nous voulons la liberté!", ont scandé les manifestants, qui 
ont barré plusieurs artères, sous la surveillance des forces de 
police et de soldats. 
    L'Assemblée nationale, dominée par l'opposition, a engagé ce 
week-end une procédure visant à traduire le chef de l'Etat 
socialiste devant la justice, pour violation de la démocratie, 
même si cette procédure n'a guère de chance d'aboutir. 
    La séance a été interrompue par une centaine de manifestants 
pro-gouvernement, qui ont fait irruption en brandissant des 
insignes du Parti socialiste et en scandant "L'Assemblée 
tombera!" 
    La commission électorale a bloqué voici quelques jours le 
processus d'organisation d'un référendum de destitution de 
Nicolas Maduro en suspendant la campagne qui devait permettre à 
l'opposition de réunir les quatre millions de signatures 
nécessaires à sa tenue. 
 
 (Avec Philip Pullella au Vatican; Eric Faye pour le service 
français) 
 
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