Pouvoir d'achat : «Aujourd'hui on ne vit plus, on survit»

le
36

VOTRE AVIS Un tiers des Français ont du mal à finir le mois. Les internautes du Figaro.fr témoignent et manifestent leur mécontentement face à l'avancée de la pauvreté dans le pays.

De plus en plus pauvres, les Français? Selon un sondage effectué par L'Observatoire BFM Business, plus d'un tiers des Français affirme ne pas pouvoir boucler sa fin de mois, contre près d'un sur quatre l'année dernière. Flambée de l'immobilier, inflation des produits alimentaires, mutuelles santé dont le remboursement est insuffisant... La liste des postes de dépenses pesant dans le budget des ménages est longue, avec à sa tête, les impôts qui ont augmenté. Témoignant souvent de leur propre situation, les internautes du Figaro.fr s'expriment sur cet appauvrissement en France.

Quand on lui demande comment elle s'en sort au quotidien, Gigi Y ne cache pas sa difficulté: «Je suis obligée de faire attention tout le temps. L'angoisse de ne pas pouvoir assumer les factures est permanente». Maryse G, elle, s'est fait une raison: «Aujourd'hui on ne vit plus, on survit» témoigne-t-elle. La pauvreté gagne toutes les catégories socio-professionnelles selon Mephisto_, «qui ne connaît personne qui arrive à boucler ses fins de mois correctement». Anais V-B s'étonne que l'on puisse encore parler de «fin de mois»: pour elle comme pour beaucoup d'autres internautes, les difficultés commencent dès le 15, ce qui rappelle à Jean Marie G une célèbre phrase de Coluche: «C'est surtout les 30 derniers jours les plus difficiles...». De nombreux commentateurs, à l'instar de Christine L, estiment qu'il est plus que temps que les choses changent: «Ça ne finira jamais si personne ne bouge» s'énerve-t-elle.

Mécontents, les internautes du Figaro cherchent à comprendre les chiffres du sondage. Pour la plupart comme pour Jean Claude L, c'est «l'augmentation de la pression fiscale» qui a contribué à accentuer le phénomène. «Mais, nuance-t-il, il ne faut pas oublier d'y ajouter les augmentations de tout le reste». Selon Shuan L , à ce niveau là, pas d'excuses! Le souci de la flambée des prix serait minime si l'on faisait attention aux dépenses: «La société de surconsommation vous fait acheter tout et n'importe quoi en vous faisant croire que vous en avez besoin» dénonce-t-il. Nicole R partage cet avis: pour elle, il suffit de se tenir à une liste de courses nécessaires et de «ne pas se laisser envoûter par les rayons bien pensés des grands magasins». Dans la même lancée, baldag s'indigne de voir «certaines familles qui n'en ont pas les moyens s'offrir des smartphones, des télévisions grand écran et des ordinateurs pour tous».

«Si un travailleur veut travailler 16 h par jour et le dimanche, il doit pouvoir le faire!»

Mais alors, jusqu'où doit-t-on se priver pour pouvoir vivre correctement? Pour de nombreux internautes comme Nathalie H, pouvoir se faire plaisir est nécessaire à un bon équilibre de vie: «On ne part plus en vacances, et je ne vais que dans les magasins discount pour pouvoir faire quatre repas aux enfants» s'attriste-t-elle. Martine pujol retraitée, a longtemps attendu d'arrêter de travailler pour pouvoir profiter un peu. Mais aujourd'hui, impossible: «Une fois réglés les différents impôts et charges, on ne se pose plus la question de savoir quel film ou spectacle aller voir» soupire-t-elle. Jacqueline H, elle, tout ça la fait bien rire: si ce n'était encore que des loisirs dont elle se passait! «Je ne peux même pas m'acheter des lunettes, pourtant obligatoires pour ma vue» déplore-t-elle. Pour ROBERT27, que l'on se prive ne change rien si le gouvernement continue à «empêcher» les actifs de gagner plus d'argent: «Si un travailleur veut travailler 16 h par jour et le dimanche comme le faisaient nos parents, il doit pouvoir le faire! Au moins il pourra changer son avenir et celui de sa famille».

La grande majorité des internautes n'hésite pas à faire part de son combat quotidien contre la pauvreté. Pour certains comme Jean-Louis V, pas de panique, il suffit de «taper dans les économies, et après on verra». Furieuse, Lottie L s'exclame: «Puiser dans les éconoquoi? C'est déjà une chance pour ceux qui peuvent le faire». Selon Christiane B, un «système draconien» s'impose! «Je ne me laisse pas dépasser. Même le chat a son budget!» Laurence B elle, fait comme elle peut: «On décale certaines factures, on attend un rappel, on essaie de payer en plusieurs fois...» Toutes les économies sont bonnes à prendre pour Agnès M qui a remplacé les produits ménagers par des préparations «faites maison», à base de «vinaigre d'alcool, savon noir et bicarbonate». «Moi, je regarde toutes les semaines les promos sur les publicités et seulement après je fais ma liste de courses» enchaîne Anna P. «Lutter contre la pauvreté, c'est l'affaire de tous, et pas seulement des organismes» conclut Gorille14.

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
  • KAFKA016 le lundi 3 fév 2014 à 17:33

    Les locataires de lElysee et des ministeres ne sont pas inquiets eux!! belle vie "all inclusive" !!!

  • 1car le lundi 3 fév 2014 à 14:30

    2 elements le 1er c 'est quand meme la pauvreté que l'on importe, un pays qui fait le tri aura forcément un avantage sur nous.le 2eme meme parmi mes amis et proches,je peux voir des mauvais choix de gestion évidentcombien roule dans des voitures en leasing et les tablettes/ portables enfin toutes cette I tech qui greve les budgets.

  • porchert le lundi 3 fév 2014 à 11:35

    C'est normal, la mondialisation des salaires est en marche. Les actionnaires des entreprises internationalisées ont tout compris.

  • ttini le lundi 3 fév 2014 à 11:31

    A l'époque l'inflation avait du bon. Indexation des salaires, échéances des prets indolores les dernières années (en plus avec des prix 2 ou 3 fois moindres) même si les taux étaient plus haut, on empruntait sur 15 ans maxi. Des FCP court terme à 11% l'an, non fiscalisés ou avec un plafond de cession. Bref on pouvait presque "s'enrichir". Mais ça, c'était avant.

  • ragni1 le lundi 3 fév 2014 à 10:51

    le Figaro fait des constations sur les conséquences de son idéologie, c'est bien , on avance !

  • jbany le lundi 3 fév 2014 à 10:44

    Dans une organisation ou les règles sont basées sur la compétition il faut beaucoup de perdants pour faire un gagnant. Ils me semble normal que le nombre de perdants augmente avec l'augmentation de la population

  • lolin le lundi 3 fév 2014 à 10:15

    La reflexion sur les Smartphones ou autres, possédés par les nécessiteux, est tout à fait justifiée, par contre imaginons que cela change ,"imaginons", que deviendraient tous ces fabricants? le slogan qui dit "faut prendre aux pauvres car ils sont les plus nombreux", sont aussi les plus nombreux (les pauvres)pour acheter tous ces objets, non?

  • launor le lundi 3 fév 2014 à 10:05

    @Jerika : le système utilise la peur de la clochardisation pour entretenir ses rouages dans la soumission. Pourtant l'existence de SDF ne provient que de l'inégalité et de la misère (locale ou importée) : Il y a 28 millions de logements occupés , plus de 3 millions de résidences secondaires, plus de 2 millions de logements vides, soit plus de 33 millions de logements pour 28 millions de foyers sachant que la superficie moyenne des logements est de 91 m2 il y a 45 m2 de logement par français .

  • CAMIF le lundi 3 fév 2014 à 10:04

    Les heureux possesseurs de iphone sont malheureux de finir le mois sans le sou.

  • JERIKAE2 le lundi 3 fév 2014 à 07:01

    la republique et la democratie ont bon dos ;les secretaires du parti socialiste sont persuadés d avoir raison ;alors que in fine nous subissons une dictature socialo communiste en devenir.