Poutine prêt à offrir un passeport russe à Depardieu

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LE DÉBAT SUR L'EXIL FISCAL PREND UNE DIMENSION INTERNATIONALE
LE DÉBAT SUR L'EXIL FISCAL PREND UNE DIMENSION INTERNATIONALE

PARIS/MOSCOU (Reuters) - Vladimir Poutine s'est déclaré jeudi prêt à accorder un passeport et à accueillir en Russie Gérard Depardieu, au moment où le débat sur l'exil fiscal annoncé ou supposé de plusieurs fortunes françaises prend une dimension internationale.

L'acteur, qui menace de quitter la France pour des cieux fiscaux plus cléments, avait assuré que le président russe, qui l'appelle par son prénom, lui avait envoyé un passeport, ce que le Kremlin n'avait pas confirmé dans un premier temps.

"Si Gérard veut vraiment avoir un permis de séjour ou un passeport russe, c'est une affaire réglée", a déclaré Vladimir Poutine lors d'une conférence de presse.

La polémique a pris de l'ampleur en France quand le Premier ministre Jean-Marc Ayrault a qualifié d'"assez minable" l'acquisition par Gérard Depardieu d'une maison en Belgique pour des raisons fiscales. Se sentant "injurié", l'acteur, âgé de 63 ans, a annoncé dimanche qu'il rendait son passeport français.

D'après Le Monde, l'acteur a confié à des proches avoir trois options : s'installer en Belgique, aller au Monténégro, où il possède des affaires, ou s'envoler vers la Russie.

Vladimir Poutine s'est dit certain que les hauts responsables français "ne souhaitaient pas vexer Gérard Depardieu" mais que si cela a été fait "de manière pas très délicate", il s'agissait juste "d'un incident malheureux".

"Nous avons (avec Gérard Depardieu) des relations amicales, mais je sais qu'il se sent français", a-t-il ajouté.

"MON PÈRE EST PROCHE DES GENS"

Selon un sondage OpinionWay pour la chaîne "Non stop people", diffusé jeudi, 38% des Français disent comprendre le comédien, 35% sont choqués par son attitude et 21% sont indifférents, les autres ne se prononçant pas.

Dans cette polémique, 47% des personnes interrogées sont plutôt d'accord avec le Premier ministre et 46% avec Gérard Depardieu.

Après que le président François Hollande lui-même eut cherché à calmer le jeu, refusant de le "blâmer", Gérard Depardieu a reçu le soutien de personnalités de droite, dénonçant le "matraquage fiscal" du gouvernement de gauche.

L'acteur, qui possède de multiples affaires et des vignobles, dit avoir payé 85% d'impôts en 2012.

L'opposition de droite dit craindre un exil fiscal massif en raison du retour à l'ancien barème de l'impôt sur la fortune et l'établissement d'une taxe à 75% sur les rémunérations supérieures à un million d'euros pendant deux ans.

Gérard Depardieu a reçu jeudi le soutien de sa fille Roxane, 20 ans, qui a publié une lettre ouverte dans Le Point pour dénoncer le procès virulent qui lui est fait.

"Mon père est mis sur la sellette comme pour le procès d'un grand criminel, mais mon père est un homme à qui on doit du respect et non des insultes. Malgré sa notoriété, c'est un homme que j'ai toujours vu vivre dans une grande simplicité et proche des gens", dit-elle.

"Il ne pensait pas mériter ça. Dans beaucoup de pays, il représente le cinéma français. Pour bien des stars internationales, il est l'image de la France: le gars bon vivant qui les fait manger, boire, rigoler."

Le même jour, l'annonce de l'installation à Londres du président et fondateur du groupe lunetier français Alain Afflelou a accentué le malaise.

SOUCIS POUR ARNAULT EN BELGIQUE

Le PDG a cependant souligné dans un message diffusé à ses salariés que son départ n'était "en aucun cas un exil fiscal" mais une demande, pendant une durée déterminée, de son nouvel actionnaire majoritaire.

De son côté, le PDG de LVMH Bernard Arnault, première fortune de France, voit sa tentative d'obtenir la nationalité belge compromise, rapportent jeudi les médias belges.

L'Office des étrangers, l'organisme chargé de rendre un avis en première instance sur les demandes de naturalisation, a émis il y a trois semaines un avis négatif auprès de la commission parlementaire chargée de l'examen du dossier de l'homme d'affaires, précisent notamment De Morgen et La Libre Belgique.

Un candidat à la naturalisation doit notamment prouver qu'il a depuis trois ans au moins sa résidence principale en Belgique, ce qui ne serait pas le cas pour Bernard Arnault.

Gérard Bon, avec Alexei Anishchuk, édité par Yves Clarisse

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