Poutine prêt à offrir un passeport russe à Depardieu

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LE DÉBAT SUR L'EXIL FISCAL PREND UNE DIMENSION INTERNATIONALE
LE DÉBAT SUR L'EXIL FISCAL PREND UNE DIMENSION INTERNATIONALE

PARIS/MOSCOU (Reuters) - Vladimir Poutine s'est déclaré jeudi prêt à accorder un passeport et à accueillir en Russie Gérard Depardieu, au moment où le débat sur l'exil fiscal annoncé ou supposé de plusieurs fortunes françaises prend une dimension internationale.

L'acteur, qui menace de quitter la France pour des cieux fiscaux plus cléments, avait assuré que le président russe, qui l'appelle par son prénom, lui avait envoyé un passeport, ce que le Kremlin n'avait pas confirmé dans un premier temps.

"Si Gérard veut vraiment avoir un permis de séjour ou un passeport russe, c'est une affaire réglée", a déclaré Vladimir Poutine lors d'une conférence de presse.

La polémique a pris de l'ampleur en France quand le Premier ministre Jean-Marc Ayrault a qualifié d'"assez minable" l'acquisition par Gérard Depardieu d'une maison en Belgique pour des raisons fiscales. Se sentant "injurié", l'acteur, âgé de 63 ans, a annoncé dimanche qu'il rendait son passeport français.

D'après Le Monde, l'acteur a confié à des proches avoir trois options : s'installer en Belgique, aller au Montenegro, où il possède des affaires, ou s'envoler vers la Russie.

Vladimir Poutine s'est dit certain que les hauts responsables français "ne souhaitaient pas vexer Gérard Depardieu" mais que si cela a été fait "de manière pas très délicate", il s'agissait juste "d'un incident malheureux".

"Nous avons (avec Gérard Depardieu) des relations amicales, mais je sais qu'il se sent français", a-t-il ajouté.

"MON PÈRE EST PROCHE DES GENS"

Après que le président François Hollande lui-même eut cherché à calmer le jeu, refusant de le "blâmer", Gérard Depardieu a reçu le soutien de personnalités de droite, dénonçant le "matraquage fiscal" du gouvernement de gauche.

L'acteur, qui possède de multiples affaires et des vignobles, dit avoir payé 85% d'impôts en 2012.

L'opposition de droite dit craindre un exil fiscal massif en raison du retour à l'ancien barème de l'impôt sur la fortune et l'établissement d'une taxe à 75% sur les rémunérations supérieures à un million d'euros pendant deux ans.

Gérard Depardieu a reçu jeudi le soutien de sa fille Roxane, 20 ans, qui a publié une lettre ouverte dans Le Point pour dénoncer le procès virulent qui lui est fait.

"Mon père est mis sur la sellette comme pour le procès d'un grand criminel, mais mon père est un homme à qui on doit du respect et non des insultes. Malgré sa notoriété, c'est un homme que j'ai toujours vu vivre dans une grande simplicité et proche des gens", dit-elle.

"Il ne pensait pas mériter ça. Dans beaucoup de pays, il représente le cinéma français. Pour bien des stars internationales, il est l'image de la France : le gars bon vivant qui les fait manger, boire, rigoler."

Le même jour, l'annonce de l'installation à Londres du président et fondateur du groupe lunetier français Alain Afflelou a accentué le malaise.

Le PDG a cependant souligné dans un message diffusé à ses salariés que son départ n'était "en aucun cas un exil fiscal" mais une demande, pendant une durée déterminée, de son nouvel actionnaire majoritaire.

SOUCIS POUR ARNAULT EN BELGIQUE

De son côté, le PDG de LVMH Bernard Arnault, première fortune de France, voit sa tentative d'obtenir la nationalité belge compromise, rapportent jeudi les médias belges.

L'Office des étrangers, l'organisme chargé de rendre un avis en première instance sur les demandes de naturalisation, a émis il y a trois semaines un avis négatif auprès de la commission parlementaire chargée de l'examen du dossier de l'homme d'affaires, précisent notamment De Morgen et La Libre Belgique.

Un candidat à la naturalisation doit notamment prouver qu'il a depuis trois ans au moins sa résidence principale en Belgique, ce qui ne serait pas le cas pour Bernard Arnault.

Le président du directoire de la BPCE François Pérol a pour sa part regretté sur RTL la fiscalité trop lourde pesant en France sur les hauts revenus et le capital.

"On ne donnera pas envie à des entrepreneurs d'investir en France, d'entreprendre en France, de prendre des risques en France, si on impose la richesse de cette façon. On ne crée pas de richesses sans qu'il y ait des riches", a-t-il dit.

Gérard Bon, avec Alexei Anishchuk, édité par Yves Clarisse

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  • M8043631 le jeudi 20 déc 2012 à 17:49

    Ils se connaissent? Quelle ma fia ce KGB qui espère porter notre Gérard à la présidentielle. Mais maintenant c'est Bernard qui tient la corde populiste et pourra comme Nicolas dire "si tu ne l'aimes pas, tu la quittes"

  • M4189758 le jeudi 20 déc 2012 à 17:48

    JPi - Si Mr Départ Dieu dit DA à Poutine nous n'aurons plus qu'à lui dire DADA.

  • peggy111 le jeudi 20 déc 2012 à 17:43

    l alcolo va pouvoir se souler tranquille labas