Poutine ordonne des représailles économiques contre la Turquie

le , mis à jour à 21:22
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 (Actualisé avec première réaction de la Turquie § 6) 
    MOSCOU, 28 novembre (Reuters) - Vladimir Poutine a imposé 
samedi par décret une série de sanctions économiques contre la 
Turquie pour protester contre la destruction d'un avion russe 
par des F16 turcs mardi près de la frontière syrienne. 
    Le décret, diffusé par le Kremlin, vise notamment les 
importations de certains produits turcs mais n'en précise pas la 
liste. 
    Les activités en Russie de certaines entreprises turques 
seront également limitées. Une liste est en cours d'élaboration. 
L'embauche d'employés turcs par des entreprises russes sera 
aussi affectée à compter du 1er janvier. 
    Les vols charter entre la Russie et la Turquie seront par 
ailleurs interdits tandis que les agences de voyages et 
tour-opérateurs russes vont devoir cesser de commercialiser des 
séjours en Turquie. En 2014, 4,4 millions de Russes, dont 3,3 
millions de touristes, se sont rendus en Turquie. 
    Les autorités russes avaient déjà annoncé vendredi que 
l'accord d'exemption de visas entre les deux pays serait 
suspendu à compter du 1er janvier. 
    A Ankara, un haut responsable du gouvernement turc a jugé 
que ces sanctions ne feraient qu'aggraver les tensions entre les 
deux pays. "Des sanctions comme celles-ci ne feront que nuire à 
nos relations. Ces mesures ne simplifient rien, mais accentuent 
le problème", a-t-il dit à l'agence Reuters. 
    La Turquie exporte principalement vers la Russie des 
produits agricoles, alimentaires et textiles. D'après une note 
de la firme Renaissance Capital, les exportations turques vers 
la Russie ont représenté 5,6 milliards d'euros environ en 2014, 
soit 4% du total des exportations turques. 
    Quant à la présence turque sur le sol russe, elle est 
estimée à 200.000 personnes par les autorités russes. 
    Quatre jours après la destruction du Soukhoï-24 près de la 
frontière syrienne, la colère russe ne retombe pas. 
    Invité dans la journée d'une émission de télévision russe, 
le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a jugé que le 
comportement de l'aviation turque relevait de la "folie absolue" 
et que la gestion de la crise par le gouvernement d'Ankara lui 
rappelait "le théâtre de l'absurde". 
    "Personne n'a le droit d'abattre traîtreusement un avion 
russe", a précisé Peskov ajoutant que les affirmations turques 
selon lesquelles le chasseur-bombardier russe avait pénétré dans 
l'espace aérien turc étaient "des dessins animés". 
    "Ces circonstances sont sans précédent, a-t-il poursuivi. 
L'affront fait à la Russie est sans précédent. Et la réaction 
est naturellement cohérente avec cette menace." 
    Côté turc, Recep Tayyip Erdogan a redit samedi que la 
Conférence de l'Onu sur le changement climatique (COP21) à Paris 
pourrait être l'occasion d'améliorer les mauvaises relations 
actuelles entre son pays et la Russie après la destruction d'un 
chasseur russe près de la frontière syrienne en début de 
semaine. Mais le président turc a précisé qu'Ankara ne 
présenterait pas d'excuses. (voir  ID:nL8N13N0DF ) 
 
 (Polina Devitt avec Orhan Coskun à Ankara; Pierre Sérisier et 
Henri-Pierre André pour le service français) 
 
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