Poutine et Erdogan déterminés à régler leurs différends

le , mis à jour à 22:21
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    * Les deux pays veulent normaliser leurs relations 
    * Premier déplacement d'Erdogan depuis le putsch manqué 
    * Le projet de gazoduc TurkStream va être réactivé 
    * Même chose pour la centrale nucléaire d'Akkuyu 
 
 (Actualisé avec citations, précisions) 
    par Olesya Astakhova et Nick Tattersall 
    SAINT-PETERSBOURG, 9 août (Reuters) - La Turquie et la 
Russie ont fait un grand pas mardi dans la normalisation de 
leurs relations, leurs deux présidents annonçant une relance de 
projets dans les domaines du commerce et de l'énergie. 
    La venue du président turc Recep Tayyip Erdogan à 
Saint-Pétersbourg illustre une volonté de rapprochement entre 
Ankara et Moscou après neuf mois de crise diplomatique liée au 
conflit syrien alors que les purges qui ont suivi le putsch 
manqué du 15 juillet ont jeté un froid sur les relations de la 
Turquie avec l'Europe et les Etats-Unis.   
    C'était la première visite à l'étranger du président turc 
depuis le coup d'Etat manqué. 
    En accueillant le président Erdogan dans un palais de la 
Russie tsariste à Saint-Pétersbourg, le président russe Vladimir 
Poutine a affiché sa volonté de rétablir des relations solides 
avec son ancien partenaire commercial et a promis de lever 
progressivement les sanctions économiques imposées à la Turquie 
après la destruction par Ankara d'un bombardier russe près de la 
frontière syrienne en novembre dernier. 
    Le président russe a affirmé que les deux pays devaient 
retrouver les mêmes relations qu'avant la crise. 
    "Voulons-nous un rétablissement de tout l'éventail des 
relations ? Oui et nous y parviendrons", a déclaré Vladimir 
Poutine lors d'une conférence de presse commune avec Recep 
Tayyip Erdogan après une première série de discussions. "La vie 
change vite". 
    La coopération sera accrue dans le domaine de la défense, 
tandis qu'un certain nombre de projets seront relancés : la 
centrale nucléaire d'Akkuyu qui doit être construite en Turquie 
par la Russie et le projet de gazoduc TurkStream qui doit 
permettre à la Turquie de recevoir davantage de gaz russe, a 
déclaré le président turc.  
    "Si Dieu le veut, avec ces mesures, l'axe Moscou-Ankara sera 
à nouveau une ligne de confiance et d'amitié", a déclaré Recep 
Tayyip Erdogan. 
     
    REPRISE DES VOLS CHARTERS 
    "Résultat des discussions que nous avons eues aujourd'hui : 
nous avons pris les mesures pour mettre nos relations avec la 
Russie là où elles devraient être d'un point de vue politique 
économie et culturel", a encore dit le chef de l'Etat turc. 
    Les deux pays se sont mis d'accord pour discuter plus 
longuement de la guerre en Syrie et chercher ensemble des 
solutions, alors que Moscou soutient le président Bachar al 
Assad, contrairement à Ankara. 
    "Je crois qu'il est possible d'aligner nos perspectives et 
approches", a déclaré Vladimir Poutine. 
    Vladimir Poutine a été un des premiers dirigeants étrangers 
à avoir appelé Recep Tayyip Erdogan après la tentative de coup 
d'Etat. Cela a été un "soutien psychologique" a déclaré le 
président turc. 
    Sur le plan commercial, les deux pays vont rétablir leur 
objectif de 100 milliards de dollars d'échanges annuels (90 
milliards d'euros), a indiqué le président Erdogan. Cet objectif 
avait été abandonné après l'instauration des sanctions par la 
Russie. 
    La Turquie souffre également de la baisse de la 
fréquentation touristique russe. Le nombre de Russes se rendant 
en Turquie a chuté de 87% sur les six premiers mois de l'année. 
    La reprise des vols charters vers la Turquie, arrêtée dans 
le cadre des sanctions, devrait pouvoir s'organiser dans un 
proche avenir, a déclaré Vladimir poutine. 
    Recep Tayyip Erdogan a également annoncé la constitution 
d'un fond d'investissement commun entre la Russie et la Turquie 
En ce qui concerne TurkStream, le premier tronçon du gazoduc 
fournissant la Turquie pourrait être construit dès 2019, a 
déclaré le ministre russe de l'Energie, Alexandre Novak. Il a 
toutefois précisé qu'il faudrait des garanties solides en 
provenance de l'Union européenne pour que soit construite une 
seconde branche allant de la Russie à l'UE via la Turquie. 
    Quant à la centrale nucléaire d'Akkuyu, Rosatom avait 
remporté en 2013 un appel d'offre pour construire quatre 
réacteurs pour 20 milliards de dollars (18 milliards d'euros) 
pour ce qui devait être la première centrale nucléaire turque, 
mais les travaux ont été interrompus après l'affaire de l'avion 
russe. 
    
 
 (Avec Humeyra Pamuk, Tuvan Gumrukcu, Seda Sezer et Daren Butler 
à istanbul, Alexander Winning, Lidia Kelly et Dmitry Jdannikov à 
Moscou et Lesley Wroughton à Washington; Laura Martin et 
Danielle Rouquié pour le service français) 
 
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