Poutine entend neutraliser le bouclier antimissile américain

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    SOTCHI, Russie, 13 mai (Reuters) - L'activation du système 
américain de défense antimissile construit en Roumanie constitue 
une nouvelle étape de la course à l'armement, a estimé vendredi 
Vladimir Poutine promettant d'accroître les dépenses pour 
neutraliser les "menaces émergentes" contre la Russie. 
    Les Etats-Unis ont mis en service jeudi sur une ancienne 
base soviétique de Roumanie un site de défense doté d'un radar, 
d'intercepteurs de missiles et de systèmes de communication, 
première étape de la création d'un bouclier destiné à protéger 
l'Europe contre les "Etats voyous" comme l'Iran. 
    "Il ne s'agit pas d'un système de défense", a déclaré 
Vladimir Poutine s'exprimant devant des représentants de la 
défense et de l'industrie militaire. "C'est une partie de la 
capacité nucléaire stratégique américaine qui est installée à 
notre périphérie. L'Europe de l'Est fait partie de cette 
périphérie", a-t-il ajouté. 
    "Jusqu'à présent ceux qui prennent ces décisions ont vécu 
tranquillement, plutôt comme des nantis et en sécurité. 
Maintenant que ces éléments de défense balistique sont déployés, 
nous allons être contraints de réfléchir à la manière de 
neutraliser les menaces émergentes contre la Fédération de 
Russie", a-t-il affirmé. 
    Poutine estime que la menace de voir l'Iran se doter d'armes 
nucléaires n'est plus un argument pertinent et qu'il est employé 
comme prétexte par Washington pour déployer un bouclier 
antimissile en Europe. 
    Les Etats-Unis devaient lancer dès vendredi les travaux d'un 
autre site antimissile, en Pologne, et sa livraison, fin 2018, 
marquera l'achèvement du système. 
    Une fois achevé, ce bouclier s'étendra du Groenland aux 
Açores. Il sera remis en juillet prochain à l'Otan, qui 
contrôlera le dispositif à partir d'une base aérienne américaine 
en Allemagne. 
    La Russie est furieuse contre ce qu'elle considère comme une 
démonstration de force de l'Alliance atlantique, qu'elle 
soupçonne de vouloir la contenir jusqu'aux limites de la mer 
Noire, zone éminemment stratégique pour Moscou où l'Otan 
envisage également d'accroître ses patrouilles. 
     
 
 (Vladimir Soldatkin; Pierre Sérisier pour le service français, 
édité par Tangi Salaün) 
 
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