Poutine élu au premier tour, nouvelles manifestations prévues

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VLADIMIR POUTINE ÉLU DÈS LE PREMIER TOUR EN RUSSIE
VLADIMIR POUTINE ÉLU DÈS LE PREMIER TOUR EN RUSSIE

par Timothy Heritage

MOSCOU (Reuters) - Vladimir Poutine, élu dimanche dès le premier tour à la présidence russe, doit faire face à de nouvelles manifestations lundi lancées à l'appel de l'opposition qui dénonce des fraudes massives.

Les opposants à Vladimir Poutine ont refusé de reconnaître les résultats et ont appelé à la mobilisation aux alentours du Kremlin, dans le centre de Moscou, à 19 heures (15h00 GMT).

Le Premier ministre actuel était opposé au communiste Guennadi Ziouganov, à l'ultranationaliste Vladimir Jirinovski, à l'ancien président de la Chambre haute du Parlement Sergueï Mironov et au milliardaire Mikhaïl Prokhorov.

Selon le dépouillement de la quasi-majorité des bulletins, Poutine obtient 64% des voix. La participation s'est établie à 64%. Les résultats définitifs doivent être communiqués lundi.

Dans la soirée de dimanche, devant des dizaines de milliers de ses partisans brandissant des drapeaux russes près du Kremlin, Poutine a fêté sa victoire. "Je vous avais promis que nous serions vainqueurs. Nous avons gagné. Gloire à la Russie !", a-t-il lancé. "Et nous avons gagné dans un combat ouvert et impartial", a-t-il souligné, rejetant les accusations de l'opposition.

Le peuple, a ajouté le Premier ministre, a clairement repoussé les tentatives de ses ennemis qui cherchaient à "détruire l'Etat russe et usurper le pouvoir".

"Le peuple russe a montré aujourd'hui que de tels scénarios ne s'imposeront pas sur notre terre", a-t-il lancé, avec à ses côtés le président sortant Dmitri Medvedev. "Ils ne passeront pas !", a-t-il ajouté.

Quatre ans après avoir dû céder son fauteuil présidentiel à Dmitri Medvedev à l'issue de ses deux premiers mandats (2000-2008), Poutine est confronté à une vive contestation depuis les législatives de décembre dernier, marquées selon l'opposition par de nombreuses fraudes.

Le communiste Ziouganov a déclaré que son parti ne reconnaîtrait pas les résultats d'un scrutin qu'il juge "illégitime, malhonnête et opaque".

"Nous considérons que cette élection n'est pas légitime", a dit également Vladimir Rijkov, un dirigeant d'opposition.

MISSION D'OBSERVATEURS

Des accusations aussitôt réfutées par Vladimir Poutine, qui a évoqué "l'élection la plus propre de toute l'Histoire de la Russie". Il a jugé "ridicules" les attaques de l'opposition.

Vladimir Poutine tablait sur une large victoire à même de briser l'élan d'un mouvement qui le dépeint comme un dirigeant autoritaire entouré d'une élite assise sur les énormes richesses du premier producteur mondial d'hydrocarbures.

Le ministère de l'Intérieur a dit ne pas avoir enregistré de graves irrégularités.

Des blogueurs et des observateurs dépêchés par l'opposition dans les bureaux de vote ont signalé en revanche des infractions. Golos, un groupe indépendant, a dit avoir décompté au moins 3.100 irrégularités à l'échelle nationale.

La mission d'observateurs internationaux doit annoncer les conclusions de son enquête à 10h00 GMT.

En Tchétchénie, où le parti de Poutine, Russie unie, a obtenu 99% des voix en décembre, des fonctionnaires ont déclaré avoir reçu ordre de voter pour Poutine.

"Ils nous volent nos voix", a déclaré le patient d'un hôpital moscovite, Valentin Gorchoune. "C'est probablement la même chose dans tous les hôpitaux. Je crois qu'ils préparent une vaste manipulation."

Pour dissiper les soupçons, le chef du gouvernement a ordonné l'installation de webcams dans 91.000 des 95.000 bureaux de vote.

Certains électeurs ont regretté l'étroitesse du choix qui leur était proposé, mais d'autre ont jugé que le chef du gouvernement avait fait ses preuves.

"Je vais évidemment voter pour Poutine. Qui d'autre y a-t-il ? Seul Poutine est capable de gouverner la Russie", a estimé ainsi Mikhaïl, étudiant à la faculté d'économie de Vladivostok.

"Le pays a besoin d'un dirigeant fort", lui a fait écho à Moscou Dmitri Samsonov, un soldat de 23 ans.

A la faveur d'une réforme du mandat présidentiel passé de quatre à six ans, avec deux présidences successives, Poutine, âgé de 59 ans, a la possibilité de conserver les rênes du pays jusqu'en 2024.

Jean-Stéphane Brosse, Guy Kerivel et Benjamin Massot pour le service français

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